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juin 03, 2009

Sit-in des agents contractuels locaux :Ils demandent un meilleur traitement

Ce mouvement fait partie des décisions du Conseil de leur syndicat tenu le 26 mai dernier et qui s’est préoccupé en grande partie de l’amélioration de leurs conditions sociales. Face à la politique dite de deux poids deux mesures mise en œuvre par le gouvernement, ils ont formulé des revendications autour de 3 points. Ils exigent d’abord le reversement de tous les contractuels locaux non reversés, recrutés avant le 31 décembre 2007 puis la prise d’un acte pour réviser la situation salariale des agents recrutés après le 31 décembre 2007, en vue de leur assurer 12 mois de salaire sur 12, en tenant compte de 36 heures mensuelles multipliées par 1500. En outre, ils demandent le paiement des primes de rentrée à tous les contractuels locaux non concernés. Le directeur de cabinet adjoint du Mestf, Kohovi Hessou, qui les a reçu a reconnu la légitimité de leurs revendications. Et il leur a expliqué que des mesures sont en train d’être prises pour les satisfaire.

Didier Kassaraté (Stag)

Sit-in des agents contractuels locaux :Ils demandent un meilleur traitement

Les agents contractuels locaux ont envahi, ce mardi 2 juin 2009, les locaux du ministère de l’Enseignement secondaire, technique et professionnel. Ils ont ainsi exprimé de vive voix leur mécontentement à leur ministre de tutelle à travers un sit-in.

Ce mouvement fait partie des décisions du Conseil de leur syndicat tenu le 26 mai dernier et qui s’est préoccupé en grande partie de l’amélioration de leurs conditions sociales. Face à la politique dite de deux poids deux mesures mise en œuvre par le gouvernement, ils ont formulé des revendications autour de 3 points. Ils exigent d’abord le reversement de tous les contractuels locaux non reversés, recrutés avant le 31 décembre 2007 puis la prise d’un acte pour réviser la situation salariale des agents recrutés après le 31 décembre 2007, en vue de leur assurer 12 mois de salaire sur 12, en tenant compte de 36 heures mensuelles multipliées par 1500. En outre, ils demandent le paiement des primes de rentrée à tous les contractuels locaux non concernés. Le directeur de cabinet adjoint du Mestf, Kohovi Hessou, qui les a reçu a reconnu la légitimité de leurs revendications. Et il leur a expliqué que des mesures sont en train d’être prises pour les satisfaire.

Didier Kassaraté (Stag)

Pourrissement dans le secteur de la santé:Le Syntrasech déclenche une grève sans service minimum

Les membres du Syndicat national des travailleurs des services de la santé humaine(Syntrasesh) ne sont toujours pas satisfaits. Après le sit-in musclé qu’ils ont organisé le jeudi 28 mai dernier, ils l’ont encore fait savoir à travers un point de presse tenu ce mardi 2 juin 2009 à la Bourse du travail DE Cotonou avec le soutien de la Fédération des syndicats des hôpitaux du Bénin.

 

Selon leur porte-parole, le secrétaire général Souley Salako, la cause de leurs actions de ces derniers temps résident dans le fait que le gouvernement reste sourd à leurs revendications. Ces dernières se résument essentiellement au paiement de leurs primes exceptionnelles de motivation. Pour le porte-parole Souley SAloko, on est face à une volonté délibérée du gouvernement de les minimiser parce que le paiement de ces primes est bel et bien possible. Pour lui, l’arrêté qui a permis de payer les agents conventionnés peut aussi permettre de les satisfaire puisqu’il ne les exclut pas du champ d’application. Ils exigent aussi la prise des arrêtés complémentaires des agents de santé recrutés sur fonds de mesures sociales et ceux recrutés sur fonds propres ou sur budgets programmes. Cette fois-ci, ils disent être vraiment déterminés et c’est ce qui s’est traduit par cette véritable grève illimitée et sans service minimum qui est lancée. Une situation qui risque de faire d’autres victimes innocentes dans tous les hôpitaux du pays.

Didier Kassaraté

La marche de l’opposition en débat

La marche des leaders des principales formations politiques se réclamant de l’opposition fera date. Elle resitue désormais  mieux cette opposition. Elle donne à celle-ci une identité et la  crédite d’une destination. Nous sortons ainsi d’une période de flou avec un magma de groupes indiscernables, manifestant une volonté plutôt molle de marquer leur territoire sur l’échiquier politique. L’opposition s’affirme désormais comme un ensemble plus organiquement soudé. On ne la déclarera plus « opposition non déclarée ».

C’est, du reste, à l’occasion de cette marche que ces différentes formations de l’opposition se sont regroupées sous la dénomination de « l’Uni­on fait la Nation » et dont l’acronyme, plutôt heureux, est l’UN. Tout un symbole. Les principaux leaders sont sortis de leurs cabinets pour prendre une piste d’action inhabituelle et inédite. La stratégie adoptée,  une marche avec pour objectif déclaré de soutenir les agents de santé en grève depuis si longtemps. La santé est un sujet sensible. Ceci en rapport avec les souffrances des populations qui passent pour des victimes de l’incurie du pouvoir.

La prompte réaction de ce dernier, en payant les primes dues aux agents de santé en grève, dès l’annonce de la marche, a tout l’air d’un baroud d’honneur. Comme s’il s’agissait, en désespoir de cause, d’enlever aux marcheurs aussi bien  l’argument que le prétexte de la marche, d’en réduire ou d’en amoindrir la portée, à défaut de l’annuler.

Il restera à s’interroger sur le bien fondé de la stratégie des marcheurs  qui se sont faits, à l’occasion, plus syndicalistes que politiciens. Ils semblaient plus mobilisés sur des revendications catégorielles d’un groupe de travailleurs. Là où l’on aurait voulu les voir manifester une vue large et longue sur la gouvernance en général, l’état de la démocratie en particulier, par delà les intérêts d’une chapelle, d’un clan, d’une caste, d’une corporation.. On ne peut s’attendre à moins  de leaders qui ont occupé de très hautes fonctions et qui aspirent à de plus éminentes encore. Il leur fallait, à ce titre et pour cette raison, assumer la nation toute entière, dans ses problèmes généraux dont dépendent tous les autres bobos qui affectent différents corps de métier. C’est en ayant l’œil sur l’échelle tout entière qu’on s’assure mieux de ce qui ne tourne pas rond au niveau de ses différents échelons.

Voilà un problème de fond qui mériterait d’être mis en débat dans notre jeune démocratie. Quand un politicien comme Lionel Agbo s’empare d’un thème comme celui ayant trait au secteur du GSM dans notre pays, il marche incontestablement sur les plates bandes de nombre d’organisations de la société civile. Alors questions. Que vise-t-il très exactement ?  A-t-il voulu s’emparer stratégiquement d’un thème porteur pour se faire une santé politique ? A-t-il jugé utile de venir en renfort à la société civile en apportant à celle-ci le poids et la caution du politicien ?  A-t-il plutôt estimé nécessaire, prétextant du fait que tout est avant tout politique, d’aller chasser partout où besoin sera, aucun sujet d’intérêt national ne devant être tabou,  ne devant être la propriété exclusive d’un groupe de citoyens ?

Les partis politiques ne sont pas des syndicats. Même si, bien souvent, dans les luttes sociales, les premiers et les seconds se  retrouvent sur les mêmes positions et dans le même camp. Ils se donnent alors la main, regardent dans la même direction, lient leur destin. Mais ces rencontres sont commandées par la logique des contextes, l’enchaînement des événements.
L’espace du politique ne se confond pas avec celui du syndicaliste. Chacun chez soi et chacun pour soi ! Et pourquoi donc s’il en est ainsi, les politiques porteraient-ils les revendications d’un groupe de travailleurs, les agents de santé en l’occurrence ? Pourquoi et au nom de quoi oublieraient-ils les journalistes ? Ignoreraient-ils les professeurs des différents ordres d’enseignement ? Feraient-ils l’impasse sur les revendications des agents de l’eau, de l’électricité, sur celles des dockers du port ?

La logique des choses, à partir de la marche du 28 mai 2009, voudrait que l’opposition se prépare à organiser d’autres marches, pour porter les revendications d’autres catégories sociales, pour espérer, encore une fois, forcer la main au gouvernement à la satisfaction des travailleurs. Tout se passe comme si ceux-ci, après de longs mois de grève, n’obtiennent gain de cause que si les politiciens s’en mêlent. Alors, nous savons à quelle porte nous devons désormais frapper.

Plus sérieusement, ce mélange des genres n’est-il pas en train de dessiner les contours d’une nouvelle manière de faire et de vivre la politique au-delà des frontières traditionnelles, reconnues et acceptées de l’implication du politicien dans la bagarre sociale ? Peut-être même que nous sommes en train de réinventer la pratique politique, sans le savoir et sans en avoir l’air, comme Monsieur Jourdain faisait de la propose. On peut ouvrir un débat sur le sujet que nous balançons comme un gros caillou dans le marigot de tous ceux qui veulent en être parties prenantes.

Jérôme Carlos
La chronique du jour du 3 juin 2009

Adoption de l’interpellation du Chef de l’Etat : Yayi a un mois pour répondre des dérives de Nicaise Fagnon

Conformément aux articles 113  et  113-3 du règlement intérieur de l’Assemblée Nationale, les députés ont examiné la demande d’interpellation introduite par le groupe « l’Uni­on fait la Nation ». Au terme des débats, l’interpellation a été votée à la majorité des députés présents. Dès lors, le Président de la République en respect de l’article 113-7 doit répondre aux atteintes aux libertés dont  est responsable le Ministre Nicaise Fagnon  au cas où le recours contre l’interpellation de Gbadamassi ne prospère pas.
En vertu des dispositions des article 71 de la Constitution et  113.7 du règlement intérieur de l’Assemblée Nationale qui stipulent que «  dans un délai de trente jours, le Président de la République
répond à ces interpellations par lui-même ou par l’un de ses ministres qu’il délègue spécialement devant l’Assemblée nationale. En la circonstance, l’Assemblée nationale peut prendre une résolution pour faire des recommandations au gouvernement », le président Yayi est interpellé par toute l’Assemblée Nationale pour s’expliquer sur les propos attentatoires à la liberté et au pluralisme politique au Bénin notamment à Dassa tenus par le Ministre Fagnon au détour d’une activité politique. C’est du moins la décision prise hier au Palais des Gouverneurs à travers un vote. 40 députés présents dont les Fcbe ont voté en faveur de l’interpellation tandis que les députés Débourou et Adambi se sont abstenus et le député Thomas Ahinnou a voté contre. En examinant la demande d’interpellation, les députés n’ont fait qu’appliquer en toute légalité les dispositions de l’article 113 de leur règlement. Cet article en son alinéa 1 
autorise  le parlement à interpeller le Président de la République ou tout membre de son gouvernement dans l’exercice de ses fonctions gouvernementales. Mieux, le même article précise en ses alinéas 3, 5 et  6 que «  Les demandes d’interpellation dûment motivées et signées par dix députés au moins sont déposées sur le bureau de l’Assemblée en séance publique. A partir du dépôt, aucune signature ne peut être retirée. La décision d’interpellation est prise à la majorité simple des députés présents. Le Président de l’Assemblée Nationale transmet, s’il y a lieu, l’interpellation au Président de la République dans les huit jours ». Mais les députés ne se sont pas mis d’accord au cours des débats sur l’interpellation du Président de la République pour  diverses raisons. Pour les députés Fcbe   Débourou , Chabi Sika , Dègla , Soulé Sabi Moussa et autres, le Ministre Fagnon a agit sous la casquette d’un citoyen originaire de Dassa et il doit répondre de ses déclarations. On ne saurait mêler le Chef de l’Etat à une telle entreprise parce que le Ministre Fagnon n’ a  pas semé les germes de l’intolérance politique dans le cadre d’une activité gouvernementale ou officielle. Non ont rétorqué les députés de l’Uni­on fait la Nation. A en croire Idji, Sèhouéto,  Houndété, Akotègnon, Gbèdiga, Fikara , Rosine Soglo, Edayé,  il est difficile de séparer le Ministre Fagnon du citoyen Fagnon. Peu importe le cadre dans lequel il a fait la déclaration. Il demeure Ministre de la République. Mieux, ont –il ajouté,  jusqu’à ce jour, ni le Président de la République ni le coordonnateur des Fcbe M. Azatassou encore  moins le Président de l’Assemblée Nationale en sa qualité de membre de la même alliance que le ministre Fagnon ne l’a désavoué. C’est pourquoi le député Idji très inquièt a insisté sur l’interpellation du Chef de l’Etat pour dire à la Représentation Nationale toute sa désapprobation s’il n’est pas consentant avec le Ministre Fagnon. Car, selon lui, des informations font état de ce que le Président Yayi,  dans certaines localités, renvoie à ce qu’il parait des journalistes et demande que les portables soient mis hors tension pour passer des messages. Le député Idji souhaite que le Président infirme ou confirme ces rumeurs persistantes qui viennent trouver leur véracité dans l’acte du Ministre Fagnon resté impuni. Dans un ton très humoristique le député Chocodo redoute que les mêmes causes ne produisent les effets de la radio mille collines du Rwanda   au Bénin du fait des mêmes déclarations similaires abondamment relayées dans le  département des Collines.

Tobi Ahlons
Journal LA PRESSE DU JOUR   03/06/09

Désignation des représentants des députés à la Haute Cour de Justice : La RB a encore trahi ses pairs des G et F

Pendant combien de temps les membres de l’intergroupe G et F vont-ils encore supporter les caprices de la Rb ? C’est la question qu’il convient de se poser suite au comportement affiché  hier à l’Assemblée Nationale par ce parti, après sa récidive lors de la désignation des représentants des députés à la Haute Cour de Justice et dans les parlements régionaux, conformément aux injonctions de la Cour Constitutionnelle. Les députés à l’Assemblée Nationale se sont retrouvés hier au Palais des gouverneurs pour examiner le rapport de la commission des lois relatif à l’interpellation du président de la République après les déclarations faites par le ministre Nicaise Fagnon à Dassa-Zoumé. En dehors de ce point dont le contenu a été vidé, il a été aussi question de la désignation des représentants des députés au sein de la Haute Cour de Justice. Sur ce point de l’ordre du jour, les députés de la Renaissance du Bénin ont encore choisi de trahir leurs collègues de l’intergroupe G et F. Ils sont restés collés à leur logique qui est de se positionner au niveau de la Haute Cour de Justice et des parlements régionaux coûte que coûte. Alors que les députés du Psd, du Madep, du Prd, de Force Clé et du G13 ont choisi de vider l’hémicycle, Rosine Soglo et ses collègues de la RB sont restés collés à leur siège. La suspension d’une heure de temps demandée par le député Sylvain Zohoun, président de l’un des groupes parlementaires de la majorité présidentielle (Démocratie et émergence) leur a permis de peaufiner leur stratégie. Ce comportement affiché par Mme Rosine Soglo et les siens relance une fois encore la polémique autour de l’appartenance de la RB à l’intergroupe G et F. Chacun peut en effet se faire son opinion. Entre Mme Rosine Soglo et ses collègues de l’intergroupe G et F, c’est une affaire de je t’aime, moi non plus. En vérité, il n’est plus question de se leurrer. La RB ne vise que ses intérêts et rien que ses intérêts, même si cela est au prix du reniement du consensus dégagé en novembre 2008 à Bohicon. Celui que ce comportement doit gêner est naturellement Léhady Soglo, qui, toutes les fois, tente de sauver encore les meubles. 

Euloge Badou
Journal LA PRESSE DU JOUR   03/06/09

11ième sommet de la Cen-Sad: Un double niveau de représentation pour le Bénin (Sur fond de plaidoyer pour les Etats Unis d’Afrique)

La Nation béninoise a été en fin de semaine dernière représentée à un double niveau au cours des travaux de la onzième session du Sommet des Leaders et Chefs d’Etats de la Cen-Sad. Le président de la République et président en exercice de la communauté, Boni Yayi a donc ensemble avec sa Majesté Tossoh Gbaguidi, roi de Savalou au Bénin, défendu les couleurs nationales en terre libyenne Le Bénin a eu l’honneur d’être doublement pris en compte ce week-end dans le protocole d’ouverture officielle des travaux du onzième Sommet des Leaders et Chefs d’Etats de la Cen-Sad à Tripoli en Libye. Il s’agit d’une part de l’intervention du président de la République et président en exercice depuis le dixième Sommet, Boni Yayi puis d’autre part celle de sa Majesté Tossoh Gbaguidi, roi de Savalou qui représentait ses pairs souverains, altesses et dignitaires du continent africain. Tous les deux, en dépit de la différence de leur statut et rang en terre libyenne ont plaidé dans leur intervention respective pour une Afrique plus unie, prospère et plus forte.
Pour ce faire, le message dont sa Majesté Tossoh Gbaguidi a été chargé par ses pairs souverains, altesses et dignitaires apparaissait clair. Ainsi, à la suite du président de la République qui lui aussi a souhaité que de façon unanime, les Etats membres de la Cen-Sad, prennent une position commune pour la réalisation du vieux projet des Etats Unis d’Afrique, le souverain béninois n’a eu qu’à confirmer ce qui selon lui est devenue une condition pour l’élévation du continent noir au rang des puissances économiques du monde.

Souleymane Boukari
Journal LA NOUVELLE TRIBUNE  03/06/09

Assemblée nationale: Les députés votent l’interpellation du chef de l’Etat

C’est par 40 voix pour, 1 contre et 2 abstentions que les députés ont autorisé hier soir l’interpellation du président de la République Boni Yayi suite aux propos du ministre Nicaise Fagnon à Dassa qualifiés de menaces sur les libertés et l’unité nationale. Mais avant l’examen de cette interpellation par le député Adrien Houngbédji et 14 autres de ses collègues, des tractations ont été menées toute la matinée avant que ce dossier ne soit introduit dans la soirée en plénière pour son étude.

Des débats houleux ont été enregistrés au sein de l’hémicycle puisque deux camps adverses ont été observés. Le premier camp, celui des députés de la majorité présidentielle, s’est opposé à la procédure qui a conduit à cette interpellation. Selon lui, et à en croire le rapport produit par la commission compétente, cette interpellation est irrecevable parce que tout d’abord la procédure ne serait pas respectée. En outre, il avance qu’un député des G et F avait déjà lu une déclaration en plénière par rapport au sujet. Par conséquent, ils ont menacé de saisir la Cour constitutionnelle qui sera appelé à juger de la recevabilité de ce dossier.
Par contre les députés de l’opposition n’ont pas eu froid aux yeux pour dénoncer les dérives du gouvernement et précisément ceux du ministre des travaux publics Nicaise Fagnon. Pour éviter ces genres de menaces qui portent atteinte à la liberté et l’unité nationale.
C’est au terme des débats que le député Sylvain Zohoun demandera une suspension de 10 minutes pour une concertation au niveau de son groupe parlementaire. A la reprise  le président de l’Assemblée nationale mettra le dossier aux voix. Contre toute attente, c’est à l’unanimité que les députés ont voté cette interpellation du chef de l’Etat, hormis  le député Thomas Ahinnou des Fcbe qui a voté contre et deux autres qui se sont abstenus. Probablement que dans les jours à venir, le chef de l’Etat ou un membre du gouvernement délégué répondra à cette interpellation devant la représentation nationale conformément aux dispositions de l’article 71 de la Constitution.

Ismail Kèko
Journal LA NOUVELLE TRIBUNE  03/06/09

Après la marche de l’opposition : La mouvance est aux abois

Depuis la marche de l’opposition  le jeudi  28 mai 2009  pour dénoncer les morts dans les hôpitaux et centres de santé, la mouvance est totalement aux abois. Elle a pris d’assaut les télévisions et radios depuis le lendemain pour  servir un cocktail d’injures à l’endroit de l’opposition qui est pourtant sortie pour remplir sa mission constitutionnelle qui est de demander  au gouvernement d’arrêter de voir mourir le peuple sans agir La mouvance présidentielle est aux abois. Contrairement à ses démarches  et celles du gouvernement, la marche de l’opposition a eu lieu le jeudi dernier. En fait de sortie, c’en était une déferlante qui a mis à nu les erreurs du pouvoir du changement dans le domaine de la santé.  La tentative du gouvernement  de  démobiliser les Béninois meurtris en publiant  un communiqué la veille de ladite marche sur le paiement des primes a échoué. La déferlante de l’opposition a montré l’inaction du gouvernement face aux morts dans les hôpitaux. Le peuple meurtri a crié son ras-le-bol et la mouvance a été prise de panique.  Contrairement à la pratique de la mouvance qui fait déplacer les populations dans les cars pour venir marcher un peu partout, l’action spontanée de jeudi dernier a montré comment le peuple était fâché avec  le régime en place. Prise de panique, depuis le lendemain vendredi 29 mai, toutes les sorties de la mouvance n’ont eu pour seul thème que la marche de l’opposition. Et en fait d’appréciation, aucun des hommes de la mouvance n’a eu l’honnêteté  de reconnaître que le peuple était fâché parce que les populations meurent. Ils se sont pris simplement aux ténors de la politique béninoise comme des gens qui avaient géré jusqu’au mois d’avril 2006. Or, c’est parce que les Béninois voulaient une amélioration, qu’ils ont choisi d’essayer le changement avec un économiste qui leur avait promis sa capacité à mieux gérer le pays. La réalité  économique et sociale du pays était bien connue de l’économiste. Et pourtant il a dit qu’il pouvait mieux faire. Un retour sur ses termes de campagne montre qu’il connaissait la réalité.  Face aujourd’hui à une incapacité du gouvernement à satisfaire les attentes des Béninois, la mouvance doit avoir honte de venir déclarer  que ceux qui ont marché n’avaient rien proposé  par le passé. Ce disque est rayé. Car, les Béninois ne peuvent pas payer plus d’un million et demi chaque mois à chaque Ministre, trente au total, avec une kyrielle de conseillers et chargés de missions et acceptés qu’on ne prenne pas soins d’ »eux dans les hôpitaux. Ce qui se passe est assez grave. Il vaut mieux regarder la réalité en face et l’assumer. Car, jamais au Bénin, on n’a vu ceux qui se passe où un gouvernement va et vient cherchant des terres à cultiver, s’occupant d’autres choses,  pendant que les populations meurent dans les hôpitaux pour une question de primes impayée et de promesses n’ont tenues par le gouvernement. La bonne gouvernance est aussi la capacité à mieux gérer tous les problèmes à la satisfaction des Béninois.

La panique générale
Aujourd’hui, la mouvance commence par  sentir qu’il y a péril en la demeure par rapport aux marches payées qui sont exécutées tous les week-ends et une seule sortie de l’opposition. L’opposition qu’elle croyait minoritaire a battu le record de la mobilisation. Voilà le péché de l’opposition semblerait-il.  La mouvance a plutôt intérêt à  aider le gouvernement à satisfaire les populations que de proférer des injures contre des hommes politiques qui jouent leur rôle. Le peuple a longtemps interpellé l’opposition. Finalement, ses ténors sont sortis pour dire halte à l’hécatombe sous le changement. C’est leur rôle constitutionnel. Selon la Constitution, ce  sont les partis politiques qui animent la vie politique et non des individus en quête de postes ministériels, des mouvements inconnus en quêtes d’avantages auprès du gouvernement. Si la seule marche de l’opposition peut déstabiliser la mouvance au point de la pousser  aux abois, il faut bien que cette mouvance retourne se cultiver politiquement.  La lecture expliquée de la constitution du 11 décembre 1990, la charte des partis politiques et tous les textes qui organisent l’animation de la vie politique et la gestion du pouvoir d’Etat devient nécessaire pour leur faire comprendre le jeu démocratique.  Le Bénin n’est pas dans un régime dictatorial ou monarchique, où les autres n’ont pas voix au chapitre quand le dictateur ou le monarque parle. Car, à entendre tous ceux qu’ont raconté les hommes de la mouvance sortis depuis la marche de l’opposition, on peut emprunter au philosophe  la réflexion selon laquelle « nul n’est méchant volontairement, le mal c’est l’ignorance ». Et  pour combler leur ignorance, les arrivistes politiques du changement  qui ignorent les textes doivent s’efforcer  d’aller combler leurs lacunes.

Grégoire Amangbégnon
Journal LA PRESSE DU JOUR   03/06/09

Après le meeting du parti de Kamarou Fassassi il y a deux semaines : Boni Yayi descend à Ifangni

Comme nous l’avions annoncé dans l’une de nos parutions de la semaine écoulée, le chef de l’Etat est effectivement descendu dans la commune d’Ifangni. Pour la circonstance, il était entouré de plusieurs ministres, entre autres, Fagnon, Davo, Abiola, Takpara, Lafia et Dovonou. C’est la maire Raymond Fafoumi qui, le premier, est intervenu pour remercier le chef de l’Etat pour l’attention qu’il porte à sa commune. Il a ensuite énuméré les problèmes qui minent Ifangni sans occulter ceux politiques. Malgré la création de l’Alliance pour le soutien à l’action gouvernementale (Asag) regroupant tout les partis soutenant le chef de l’Etat, l’élection du maire a échappé aux 12 conseillers de la mouvance sur les 17 que compte le conseil communal. L’actuel maire, membre du Prd- Ng a dû composer avec le Madep pour triompher de son adversaire N° 1 Julien Kpoviessi. Hier encore, cette division a été perceptible à travers les discussions lorsque Julien Kpoviessi a fait remarquer que ce sont les gens à la recherche d’un chef qui s’agitent à Ifangni (allusion faite au meeting du Prd-Ng). Heureusement que le chef de l’Etat a su calmer le jeu. « Quand on est colonel, on est colonel » a souligné Boni Yayi qui a soulevé les mains des deux hommes en les exhortant à l’uni­on. Pour les populations venues à cette rencontre, le meeting de Kamarou Fassassi aura servi à quelque chose. Pourvu que les promesses faites ne restent pas sans suite.

Grégoire Amangbégno
Journal LA PRESSE DU JOUR   03/06/09

Diffusion excentrique de la marche de l’opposition sur l’Ortb : Gbèdiga demande à l’Assemblée de saisir la Haac

Diffusion excentrique de la marche de l’opposition sur l’Ortb : Gbèdiga demande à l’Assemblée de saisir la Haac
Le député Prd  Gbèdiga est monté au creneau le vendredi dernier pour dénoncer le déséquilibre flagrant qu’il y a entre la diffusion des activités de l’opposition et celles de la mouvance sur l’Ortb. Pour lui, cette chaîne nationale d’utilité dite publique est embrigadée par les émergents et transformée en caisse de résonance monotone. Il  n’en veut pour preuve que  la marche de l’opposition contre l’indifférence du gouvernement face à la grève du secteur de la santé que l’Ortb aurait montrée en flash dans son édition de 13heures, alors que le forum des jeunes organisé par le gouvernement le même jour est diffusé pendant deux jours sur les antennes de la même chaîne. Il exhorte l’Assemblée à saisir la Haac afin de limiter les dégâts à l’Ortb.

Tobi Ahlonsou
Journal LA PRESSE DU JOUR  02/06/09

juin 02, 2009

Mystère et confusion à la morgue du Cnhu Le corps de la mère d’un prêtre catholique disparu

Vendredi dernier, les familles Sozèhouè et Emandjro étaient à la morgue du Cnhu pour récupérer la dépouille mortelle de feue Jeanne Sozèhouè épouse Emandjro, âgée de 67 ans, et mère d’un prêtre catholique, Emandjro Léandre Patrice. Toutes les dispositions pratiques étaient déjà prises pour conduire le corps jusqu’à sa dernière demeure. Mais une fois à la morgue, la disparition du corps de feue Jeanne Sozèhouè épouse Emandjro a été constatée.

Les recherches n’ont rien donné ce vendredi. Samedi matin, 3 évêques et 14 prêtes attendaient le corps dans l’église catholique de Chikpé, à 25 km environ de Azovè, dans le Couffo, pour dire une messe corps présent mais en vain. La messe a été dite sans le corps. A Cotonou, les parents de la défunte sont décidés à décrypter ce mystère. Les enquêtes ont révélé que le corps de feu Jeanne Sozèhouè épouse Emandjro é été déjà récupéré une semaine plus tôt, et enterré au cimetière de Somè, dans la commune d’Abomey-Calavi. Les tractations en glissières ont démarré. Les parents qui se sont trompés de corps ont été appelés. En principe, du moment où le corps est déjà enterré, il faut obligatoirement une décision du procureur de la République près le tribunal de première instance de Cotonou avant qu’il ne soit déterré. Mais avec le soutien de certaines autorités politico-administratives locales, les familles Sozèhouè et Emandjro ont réussi à retirer leur corps tard dans la nuit de ce samedi, sous l’œil vigilant de la voirie. Et pour y arriver, la tombe a été brisée. Mystère ou simple confusion ?

Léonce HOUNGBADJI

L'option Info

Grogne dans le secteur de la santé:Le Cph en grève de 72hdès ce jour

Prenant acte des insuffisances des efforts faits par le gouvernement, le Collectif des praticiens hospitaliers (Cph) réuni le 29 mai 2009 a décidé d’observer un mouvement de grève de 72h à compter de ce jour mardi 2 juin 2009. (Lire ci-après l’intégralité de leur motion adressée au ministre du Travail et de la fonction publique avec ampliation à ses collègues en charge de la Santé et de l’Enseignement supérieur).

Considérant la motion de grève du 23 mai 2009 du Collectif des Praticiens Hospitaliers (CPH) ci jointe ;

Considérant que le paiement précipité des primes en cours depuis le 27 mai 2009 ne concerne qu’à peine 25% des agents de santé en grève ; Considérant que cette infime partie des agents de santé ne suffit pas à faire fonctionner les hôpitaux et centres de santé publics du Bénin ; Considérant que la motivation financière ne constitue qu’un volet des revendications du CPH ;

Considérant qu’aucune audience n’a été accordée par l’autorité au CPH au cours du débrayage d’avertissement de quarante huit (48) heures ; le Collectif des Praticiens Hospitaliers décide d’un arrêt collectif de travail de soixante douze (72) heures sans service minimum, du mardi 02 juin 2009 à 08 heures au vendredi 05 juin 2009 à 08 heures, conformément aux résolutions de l’assemblée générale du 22 mai 2009 de reconduire la grève toutes les semaines jusqu’à satisfaction totale.

En tout état de cause, le Collectif des Praticiens Hospitaliers rend l’autorité responsable de toutes les déconvenues qui découleraient de ces débrayages. Halte à la situation de « non soins » ; la vie humaine étant sacrée, tout béninois a droit à des soins de qualité.

Contrôle de gestion des fonds publics à l’université :Abiola envoie l’Igf à l’Epac ce jour

L’Inspection générale des finances (Igf) démarre ce jour, mardi 02 juin 2009, le contrôle de la gestion à l’Ecole polytechnique de l’université d’Abomey-Calavi (Epac).

Selon des sources universitaires crédibles, c’est le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique François Adébayo Abiola qui a instruit l’Inspecteur général à envoyer une équipe sur place pour voir clair dans la gestion faite de cette structure. D’autres sources précisent par contre que ce sont plutôt certains agissements qui ont contraint le ministre Abiola à cette extrémité. La situation remonte au projet du gouvernement de délocaliser cette structure universitaire polytechnique vers Abomey. Les étudiants fortement manipulés par certains professeurs qui étaient contre le projet, ont déclaré dans leur motion de grève que l’école a connu depuis une baisse continue de ses recettes. Le manque à gagner a été évalué selon les étudiants à plus de 60 000 000 f cfa. Face à la situation, le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique François Adébayo Abiola qui a été très surpris de la déclaration, a pris ses responsabilités en initiant rapidement une enquête sur la gestion faite de l’école. 

Jean-Christophe Houngbo (Br.Ouémé-Plateau)

Bataille autour du Conseil communal de Covè:Le ministre Dovonou rattrapé par un accord secret

Quelques jours après l’élection interrompue du maire de Covè et de ses adjoints, on en sait davantage sur les dessous d’un scrutin au cours duquel les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) ont broyé du noir. Et pourtant le ministre Roger Dovonou natif de la localité avait signé un accord secret avec un conseiller Force clé pour que ce dernier vote aux côtés des Fcbe.

Depuis quelques jours un document compromettant portant le nom et la signature du ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, Roger Dovonou se fait parler de lui dans certains milieux. Selon certaines sources, il s’agit d’un engagement écrit qu’un conseiller communal élu sur la liste de Force clé a dû faire prendre au ministre en question avant de lui garantir ses suffrages aux côtés des Fcbe pour élire le bureau du conseil communal de Covè. Le schéma mis en place par le ministre Roger Dovonou devrait reconduire le maire sortant Gaston Goundjo à son poste. Dans le même accord secret, le poste de premier adjoint et celui du deuxième adjoint iront respectivement à François Lègba et à Victor Gandaho. C’est justement avec ce dernier que le ministre Roger Dovonou a conclu l’accord secret. Il se décline en quatre promesses. D’abord, c’est de faire élire Victor Gandaho au poste de 2ème adjoint au maire. Ensuite, selon les termes du contrat, le ministre Roger Dovonou a promis d’améliorer la situation administrative de son allié, un professeur certifié de Mathématiques et de physiques. Aux yeux de l’élu Force clé, tout cela est suffisant. Il fait prendre le ministre deux autres promesses. Ainsi Roger Dovonou s’engage à intéresser son partenaire au moyen d’une enveloppe financière non déterminée. Enfin, il promet de faire réaliser dans un avenir très proche une œuvre sociale au profit des populations de l’arrondissement de Gounli, dont est originaire Victor Gandaho. Ces quatre promesses sont exigibles par le bénéficiaire à condition qu’il aide les Fcbe à faire passer leur plan.

Imprudence ou amateurisme politique ?

Question d’actualité en pleine polémique autour du renouvellement du conseil communal de Covè riche de ses onze conseillers dont cinq du camp présidentiel, un de la Renaissance du Bénin et le reste de Force Clé. Pour s’emparer du contrôle de l’hôtel de ville, les Fcbe n’ont pas réussi à dompter le seul conseiller de la Rb. Report après report, ils ont pu entrer en contact avec Victor Gandaho, jugé à priori maillon faible du groupe de Force clé. Il accepte de faire leur jeu après plusieurs tractations faussement secrètes. Le 20 mai 2009 alors que le conseil s’est effectivement réuni pour procéder à la désignation de l’équipe dirigeante, la séance a été suspendue par le préfet du Zou et des Collines Armand Nouatin pour des raisons que les populations et l’opinion publique ignorent. Seulement, il faudra retenir que dès le lancement des opérations le schéma mis en place par le ministre Roger Dovonou a été contrarié et déjoué par Force clé. Son conseiller Victor Gandaho a tout simplement piégé le ministre en se faisant délivrer un engagement écrit de promesses électorales. Lors du vote, le maire élu est de l’alliance Force clé de même que le 1er adjoint. Mais malheureusement le scrutin placé sous haute surveillance militaire n’est pas allé à son terme. Il n’y avait ni trouble ni échauffourée. C’était un abus d’autorité du préfet qui voyait les Fcbe au creux de la vague.

FN

Le matinal

Violation du principe de neutralité:L’honorable Timothée Gbèdiga dénonce la caporalisation de l’Ortb

Les derniers évènements politiques qui se sont déroulés au Bénin et la manière dont la Télévision nationale les a couverts n’agrée pas l’honorable Timothée Gbèdiga Selon lui, la chaîne a violé les principes d’équité et de neutralité qui régissent les activités du média public qu’est l’Ortb. L’honorable Timothée Gbèdiga analyse cette situation à travers le prisme notamment des deux évènements que sont la marche de l’Union fait la Nation et la rencontre des jeunes du pouvoir qui s’est tenue au stade de l’amitié le même jour. Pour lui, la taille de chacun des évènements n’a pas été le seul critère qui a permis aux autorités de la chaîne de fixer leur temps de diffusion. Alors que la rencontre des jeunes du pouvoir, comme il l’a désigné dans sa déclaration, bénéficiait de deux jours de diffusion, la marche des membres de l’Union fait la Nation(Un) qui a mobilisé plus de 30000 personnes, toujours selon ses termes, n’a fait l’objet que d’une demi-journée de diffusion dont un passage en flash au journal au 13 heures. Ce traitement discriminatoire selon lui, est la preuve s’il en fallait encore, que l’Ortb est caporalisée et ne relaie que les louanges du pouvoir en place. « Les média publics sont la propriété du président de la République et de ses partisans. Il y a détournement et usurpation des médias de l’Etat à des fins de propagande personnelle et politicienne », affirme t-il dans cette déclaration. Dans ce message adressé au président de l’Assemblée nationale, Timothée Gbèdiga recommande à l’institution, de saisir la Haac afin de couper court à ces dérives. Calixte Adiyéton

Propos dangereux du ministre Fagnon : Me Houngbédji dénonce le silence de Yayi Boni

Un mois jour pour jour que Nicaise Fagnon, a tenu des propos graves et très dangereux pour tout système démocratique parce que menaçant la paix, l’unité nationale, la liberté d’expression, d’association et de réunion. Face au silence de Boni Yayi, garant de l’unité nationale, maître Adrien Houngbédji après avoir cosigné au Parlement, l’interpellation du président de la République condamne l’attitude du chef du gouvernement et prévient sur le danger qui nous guette.

Romain L. KIKI

Les déclarations de Fagnon, ministre des Transports terrestres, des transports aériens et des travaux publics ont suscité dès sa diffusion, l’indignation de toutes les forces politiques éclairées encore libres. Mais le silence du chef de l’Etat qui selon notre Constitution est en même temps le chef du gouvernement, inquiète des figures historiques de la conférence nationale de 1990 qui a conduit le Bénin dans un système démocratique. Ces derniers (Houngbédji, Rosine Vieyra Soglo, Kolawolé A. Idji, Bruno Amoussou…) ont interpellé le 14 mai 2009, le président de la République sur les agissements anti démocratiques de son régime. Il faut noter que le discours incriminé de Fagnon venait s’ajouter aux actes inquiétants qui présentent de plus en plus le changement comme un régime totalitaire.

Le silence coupable du Boni Yayi

Depuis un mois, Boni Yayi s’est tu donnant ainsi l’impression en tant que supérieur hiérarchique de Fagnon, de cautionner ses propos. C’est cette situation qui a fait sortir une nouvelle fois, le président du PRD, maître Adrien Houngbédji.

Dans son intervention diffusée par les chaînes de télévision de la place le week-end dernier, Houngbédji a condamné fermement ce silence de Yayi.

Il a profité de cette occasion pour attirer l’attention de la communauté nationale et internationale sur l’installation discrète de la dictature dans notre pays. Houngbédji a fait remarquer que toutes les institutions de la République sont sous contrôle. Le souci de caporaliser les institutions de contrepouvoir répond selon le président du PRD d’une stratégie de camoufler la mauvaise gouvernance financière, économique, sociale et politique caractéristique de régime en place. Pour finir le président du PRD a annoncé qu’une nouvelle interpellation sur la gestion scandaleuse de Nicaise Fagnon à la Sonapra entre 2006 et 2008 sera déposée dans les prochains jours.

Romain L. KIKI

Les déclarations de Fagnon, ministre des Transports terrestres, des transports aériens et des travaux publics ont suscité dès sa diffusion, l’indignation de toutes les forces politiques éclairées encore libres. Mais le silence du chef de l’Etat qui selon notre Constitution est en même temps le chef du gouvernement, inquiète des figures historiques de la conférence nationale de 1990 qui a conduit le Bénin dans un système démocratique. Ces derniers (Houngbédji, Rosine Vieyra Soglo, Kolawolé A. Idji, Bruno Amoussou…) ont interpellé le 14 mai 2009, le président de la République sur les agissements anti démocratiques de son régime. Il faut noter que le discours incriminé de Fagnon venait s’ajouter aux actes inquiétants qui présentent de plus en plus le changement comme un régime totalitaire.

Le silence coupable du Boni Yayi

Depuis un mois, Boni Yayi s’est tu donnant ainsi l’impression en tant que supérieur hiérarchique de Fagnon, de cautionner ses propos. C’est cette situation qui a fait sortir une nouvelle fois, le président du PRD, maître Adrien Houngbédji.

Dans son intervention diffusée par les chaînes de télévision de la place le week-end dernier, Houngbédji a condamné fermement ce silence de Yayi.

Il a profité de cette occasion pour attirer l’attention de la communauté nationale et internationale sur l’installation discrète de la dictature dans notre pays. Houngbédji a fait remarquer que toutes les institutions de la République sont sous contrôle. Le souci de caporaliser les institutions de contrepouvoir répond selon le président du PRD d’une stratégie de camoufler la mauvaise gouvernance financière, économique, sociale et politique caractéristique de régime en place. Pour finir le président du PRD a annoncé qu’une nouvelle interpellation sur la gestion scandaleuse de Nicaise Fagnon à la Sonapra entre 2006 et 2008 sera déposée dans les prochains jours.

A propos du chef-lieu d’Agonlin : Meeting de protestation à Zagnanado

Un comité dit de la défense des intérêts d’Agonlin a organisé vendredi à la Maison des Jeunes de Zagnanado un meeting pour protester contre les menaces de disqualification de Zagnanado comme chef-lieu du futur département d’Agonlin au profit de Covè. Le gouvernement, selon les organisateurs de cette manifestation, devrait tout faire pour ne pas mettre en péril la cohésion entre les populations d’Agonlin.

Par : Francis-Hervé Sanoussi

C’est en réponse à une campagne de presse visant à nier à Zagnanado ses prétentions et à faire croire que Covè était plus apte et aurait même déjà le quitus du gouvernement qu’est né ce Comité de défense d’intérêts. Une structure qui a choisi d’associer la population, au moyen d’un meeting, à sa manifestation de protestation. En effet, selon son président Sébastien Sotindjo, par son silence, le gouvernement a semé la confusion dans les esprits ; un silence qui a laissé croire qu’il fallait faire foi aux informations publiées par la presse. Cette attitude est, selon lui, d’autant plus choquante que nullement, la Commission Adjaho ayant travaillé sur le découpage territorial n’a jamais fait une pareille proposition au gouvernement. Tout au long des travaux de la Commission Adjaho, a-t-il rappelé, Agonlin a manifesté « une totale symbiose, tous ses habitants étant tendus vers la nécessité et le désir d’obtenir un département pour favoriser le développement du pays. La Commission Adjaho a ainsi donné droit aux attentes et requêtes exprimées par tous, le 20 novembre 2008, et proposé la création d’un département d’Agonlin avec Zagnanado comme chef-lieu. Ainsi, le Comité de défense des intérêts d’Agonlin s’est employé à démontrer pour des raisons apparemment évidentes que Adjaho et les siens ne s’étaient point trompés. Il ne pouvait en être, selon eux, autrement parce que Zagnanado occupe une position orthocentrée par rapport aux limites du futur département. Cette ville était, selon leur témoignage, le chef-lieu du pays Agonlin, aussi bien dans l’ancien royaume du Danhomè que sous la colonisation française. Effectivement, l’histoire retient qu’elle a même été le chef-lieu du cercle de Zagnanado avec les circonscriptions administratives d’Agonlin, Bonou et Kétou. A l’indépendance et jusqu’à la réforme de 1978, rappelle-t-on, Zagnanado a été le chef-lieu de la sous-préfecture de Zagnanado dont les limites correspondraient à celles du futur département d’Agonlin. On évoque aussi, qu’il y a à son actif, une tradition administrative de ville de commandement et des infrastructures administratives, judiciaires et sociocommunautaires appropriées. C’est aussi, note-t-on, le lieu de concentration de plusieurs services déconcentrés. Aussi, ce comité appelle-t-il le gouvernement à entendre la voix du peuple et « mettre fin à une polémique sans intérêt et contre-productive ».

Grève des paramédicaux : 112 décès au CHD de Goho à Abomey (Le droit à la santé sacrifié sur l’autel des primes )

Selon des chiffres officiels, 112 personnes sont décédées en huit semaines de grève au Centre hospitalier départemental de Goho à Abomey. Des chiffres qui directement mettent en cause la grève des paramédicaux et des administratifs du secteur de la santé ; une grève démarrée depuis le 17 mars dernier et qui aura duré 70 jours.

Hervé JOSSE

Pendant toute cette période, les mardis, mercredi et jeudi ne comptaient plus parmi les jours de travail des paramédicaux et du personnel administratif des structures sanitaires non seulement dans le Zou et les Collines mais aussi dans tous les autres départements hormis l’Atlantique et le Littoral ; une grève sous-tendue par le même mobile, à savoir, le non paiement par l’Etat de diverses primes. Certes, si tous ces décès ne peuvent être imputables à cette grève, il est évident qu’elle y a contribué pour une grande part. Les grévistes le reconnaissent. C’est sans compter, révèle-t-on, tous ceux qui tous les jours perdent la vie dans l’intimité de ces cabinets de soins médicaux, qui ces dernières années ont poussé comme de petits champignons dans les coins de rue où les aide-soignants et, au mieux, les infirmiers et sages-femmes ont confisqué les prérogatives des médecins et autres chirurgiens. Des « cabinets »qui depuis toujours avaient cette réputation de mouroirs mais qui, avec la grève, se sont révélés les ultimes recours des malades, malheureusement sans que leurs propriétaires ne puissent véritablement hausser la qualité de leurs prestations. Tenus pour les plus nombreux par des mains sans qualification requise, alors, ils ont incontestablement prouvé ces dernières semaines leurs limites comme ce cabinet situé dans le deuxième arrondissement de la ville de Dassa. Une infirmière y a opéré un malade atteint d’une hernie. Le nommé Job Yètè, un sexagénaire, y est décédé dans les suites opératoires. Au moins ce cas a fait l’objet d’un rapport du directeur départemental de la santé du Zou et des Collines au ministre de la Santé. Le cabinet de soins mis en cause a été fermé. Ailleurs, c’est une fillette de deux ans qui, pour un mal apparemment bénin, a été malmenée pendant quatre semaines à travers des soins inadéquats faits de piqûres multiples et inappropriées par une infirmière. Fille d’un cadre en service dans la localité, celle-ci n’a dû son salut qu’aux relations de son père. Un médecin pédiatre lui a été recommandé et l’administration d’un simple antibiotique accompagné de lavages de bouche a été suffisante pour la tirer d’affaire. De la même manière que beaucoup d’autres cas ne peuvent sortir de l’anonymat, de nombreuses personnes ont été sûrement contraintes à l’automédication et ont dû en subir les conséquences désastreuses. On n’en connaîtra jamais le nombre. Si ce n’est la certitude de l’ampleur en termes de masse et de rythme de ces décès.

Sacrifices humains

C’est dire combien cette grève a été meurtrière pour les plus pauvres, notamment ceux qui ne peuvent pas se permettre le luxe d’aller consulter un spécialiste en milieu privé. Malgré la disparition d’un des leurs, un administratif du Chd Goho, décédé des suites d’une crise d’hypertension artérielle, les grévistes n’hésitent pas à réaffirmer la radicalisation de leur mouvement. L’histoire retient qu’ils n’auront même pas eu une pensée pour ces parturientes en l’honneur de qui, quelques jours plus tôt, le gouvernement a décrété la gratuité de la césarienne. En effet, le 1er avril, le gouvernement a mis en vigueur son plan d’allègement de la facture de la césarienne ; une première dans l’assistance sociale et médicale au Bénin, mais dont les populations n’ont pu pleinement jouir pendant les dix semaines qu’a duré cette grève. En plus, il y a cette femme qui a donné naissance à un petit garçon le jeudi 14 mai dans le jardin jouxtant la maternité du Chd de Goho. La grève aussi est passée par là. A l’instigation de leur syndicat, les jours de grève, des contrôles incessants étaient opérés dans tous les services de cette formation sanitaire. L’objectif étant, signale-t-on, de faire observer cette grève dite sans service minimum. Même la campagne de soins opératoires gratuits offerts par la Banque islamique de développement aux Béninois atteints de la cataracte et d’autres affections visuelles et qui devait se dérouler au Chd de Goho a été sérieusement perturbée au point où les interventions chirurgicales et les soins post -opératoires ont été déplacés vers l’hôpital de zone de Zagnanado et le centre de santé de Davoungon. Vu les menaces qui planaient sur cette campagne, le directeur départemental de la santé du Zou et des Collines, M. Thossa Avessè s’était trouvé contraint de faire assurer par la police la sécurité des membres de l’équipe médicale chirurgicale. Cela n’avait pas suffi pour faire démordre les meneurs de cette grève impitoyable puisqu’ils ont trouvé le moyen, alors que les malades étaient attendus au bloc opératoire, de les empêcher d’y avoir accès. Ceux des agents de santé réquisitionnés ou qui s’étaient proposés pour aider les chirurgiens ont eu leur part de menaces de bains à l’acide. Par ailleurs, lorsque le compteur et le groupe électrogène ont été tour à tour disjonctés, la direction départementale de la santé du Zou et des Collines s’était donc rendue à l’évidence de l’impossibilité de faire du Chd Goho la base de cette campagne. D’où la délocalisation qui s’en est suivie et les malades transportés et répartis avec les véhicules de la police et de la gendarmerie.

Le serment d’Hippocrate en souffrance

Le comble est que face à ce qu’ils qualifient de mépris, d’injustice et d’exclusion de la part du gouvernement, les paramédicaux n’ont curieusement fait aucune place au serment d’Hippocrate. Doit-on répondre à une injustice par une autre injustice ? Les témoins de l’altercation qu’ont eu, le 12 mars, au lancement de leur mouvement de grève, leurs représentants avec le préfet des départements du Zou et des Collines, Armand Maurice Nouatin, ont donc pu s’en convaincre. Première autorité politico-administrative départementale, le préfet s’employait à leur rappeler ce serment et la nécessité d’observer un service minimum quand ils s’en sont pris à lui et ont aussitôt radicalisé leur mouvement de grève en rejetant catégoriquement le principe sacro-saint du service minimum. Pour donner la preuve de leur jusqu’au-boutisme, les grévistes ont été instruits par leur hiérarchie syndicale pour ne pas admettre les réquisitions. Une attitude qui exposait leurs auteurs à de lourdes sanctions administratives pour faute professionnelle grave ou insubordination, a révélé un administrateur du travail. En effet, selon la loi n° 2001-09 du 21 juin 2002 portant exercice du droit de grève en République du Bénin, « les fonctionnaires et les agents des établissements publics, semi-publics ou privés à caractère essentiel dont la cessation totale de travail porterait de graves préjudices à la sécurité et à la santé de la population sont tenus d’assurer un service minimum obligatoire ». La vérité, fait-on remarquer, est qu’avec la radicalisation de cette grève perlée, aucun projet de sanction voire les défalcations ne les a fait frémir. Visiblement, c’est dans la quête de conditions atténuantes qu’ils renvoient aux autorités, sous le prétexte de vice de forme, la responsabilité de l’échec des procédures de réquisition. Pour preuve, plus de dix semaines après le lancement de leur mouvement, des banderoles avec des messages réitérant le refus d’un service minimum, sont apparues à l’entrée de la plupart des formations sanitaires. Plus tard, relativement à la question du droit des usagers des hôpitaux publics à ce service minimum, un responsable syndical se réfugiera derrière la thèse selon laquelle la radicalisation d’un mouvement de grève exclut, pour eux, les compromissions. « La santé tout comme la sécurité étant des secteurs extrêmement sensibles, le gouvernement devrait tout faire pour y empêcher les grèves. C’est pourquoi nous ne ferons pas de service minimum ».

L’Etat, est-il coupable ?

Les grévistes exigent le paiement sans délai des primes spécifiques, de motivation, de rendement et de risques aux paramédicaux et aux administratifs. Au tableau de leurs revendications figurent aussi l’accélération du processus devant aboutir à la correction des disparités catégorielles et l’aboutissement sans délai des travaux de la Commission de reversement en agents contractuels de l’Etat, des agents contractuels des hôpitaux publics, ceux des financements communautaires ainsi que les agents sur mesures sociales et agents dits Pip. Consacrée par l’arrêté interministériel N° 2348/Ms/Mef/Dc/Sgm/Drh/Drfm/Sa du 29 avril 2008, la page de la prime de motivation allouée aux personnels de toutes les structures du Ministère de la Santé aurait été tournée par le gouvernement au moyen, dénonce-t-on, d’une gymnastique olympienne. En effet, les fonds destinés à les payer ont été utilisés pour satisfaire une autre catégorie d’agents. Au début de cette grève, révèle-t-on, plus de quatre mois s’étaient écoulés au-delà du délai fixé par le président Boni Yayi pour régler les questions liées à la prime de risques. Les médecins d’hôpitaux perçoivent 106.000 F de primes de risques et les autres médecins 56.000 F, alors que, dénoncent-ils, les paramédicaux et les administratifs sont laissés à leur sort. Ainsi, tout le tort, les grévistes l’imputent au gouvernement qui, selon eux, ne fait rien pour se racheter. Outre les pourparlers restés sans suite, semble-t-il, depuis la mi-avril, plus rien. Visiblement, le ministère de la Santé reste sourd aux cris de détresse et des grévistes et de la population. Si ce n’est pas le cas, rien, en tout cas, ne permet de soutenir la position contraire. Ainsi, il est loisible de constater qu’en instituant les primes aux agents de l’Etat, le gouvernement partage avec les grévistes des armes qu’il manipule mal en répondant par le silence voire le mépris à une situation d’injustice pourtant criarde. Pour cette raison bien évidente, il partage aussi autant que les grévistes, la responsabilité du malaise qui s’est emparé du système sanitaire béninois et qui a occasionné de sérieux dégâts dans les ménages. Il apparaît donc que si beaucoup de Béninois sont morts au cours de ces dix dernières semaines dans l’indifférence, c’est parce qu’en feignant d’ignorer les travailleurs des hôpitaux publics, l’Etat s’est rendu coupable de violation des droits de ses travailleurs et cautionne, par delà tout, une réplique se traduisant, elle aussi, en des termes qui s’accommodent très peu du droit aux soins de santé. « Ce n’est pas nous. C’est l’Etat ! », lance à juste titre et sans sourciller Athanase Akoha, le secrétaire général du syndicat des travailleurs du Centre hospitalier départemental du Zou/Collines (Syntra-Chd Z/C). La lueur d’espoir apparaîtra à Natitingou le mardi 26 mai soit 70 jours après le début de cette grève avec l’assurance donnée par le ministre de la Santé que tous les agents de santé seront payés et que le gouvernement était en train de prendre les dispositions pour le faire. Issifou Takpara qui a touché du doigt les conséquences désastreuses de cette grève, a même imploré les sages et leaders d’opinion pour qu’ils intercèdent pour le gouvernement auprès des syndicats des grévistes. Effectivement, le jour suivant, c’est-à dire le mercredi 27 mai, le ministre de l’Economie et des Finances se fend d’un communiqué annonçant le paiement des fameuses primes et demandant aux agents de santé de reprendre le travail. Au prix de combien de morts ? Jamais, personne ne le saura.

Renforcement des capacités des personnels de la Cour constitutionnelle : La France fait don d’une centaine d’ouvrage aux sages

L’Ambassadeur de France au Bénin, Hervé Besancenot, a procédé le vendredi dernier, à la remise d’un fonds documentaire au profit de la Cour constitutionnelle. Cette cérémonie a eu pour cadre, la salle d’audience de cette institution où l’Ambassadeur et le président de la Cour Constitutionnelle ont promis renforcer leur lien.

Une centaine d’ouvrages juridiques d’un montant d’environ deux (2) millions de F Cfa. Ainsi se présente le fonds documentaire qui a été remis aux sages de la Cour constitutionnelle. Tout était parti en novembre 2005, par la signature du document cadre de partenariat, document programmatique des interventions de la coopération française. C’est dans ce cadre que la France a conclu une première convention de subvention d’un montant de 5 millions de F Cfa destinée à financer la conception et l’édition de plus de 10 000 dépliants et près de 2 000 plaquettes. Ces supports de communication ont été très largement diffusés sur l’ensemble du territoire, au plus près des populations béninoises, pour permettre à chaque citoyen de prendre conscience de ses droits et devoirs, inscrits dans la Constitution et dans les lois et règlements de ce pays. Pour l’Ambassadeur de France, Hervé Besancenot, la remise de fonds documentaire s’inscrit dans le cadre du renforcement des capacités des personnes chargées d’animer cette institution essentielle à la vie démocratique du Bénin. Ce don est essentiellement ciblé sur des ouvrages ayant trait au bon fonctionnement des institutions mais également aux grands arrêts des cours et instances internationales en charge de régir et de faire émerger un droit international qui, chaque jour un peu plus, s’affirme comme essentiel à la bonne marche du monde. Le Président de la Cour constitutionnelle, Robert Dossou, après avoir fait l’état des lieux de la coopération entre la France et le Bénin a promis faire bon usage de ces ouvrages. Il faut aussi rappeler qu’un lot du recueil des décisions de la Cour constitutionnelle par rapport à l’élection présidentielle de 2006 a été remis à l’Ambassadeur et sa délégation.

Crise dans le secteur de la santé : L’Umpp fustige une récupération politique par l’opposition

 

DECLARATION DE L’UNION DE LA MAJORITE PRESIDENTIELLE PLURIELLE (UMPP)

Le jeudi 28 mai 2009, les regroupements politiques dénommés G4, G13 et le Parti Force Clé ont organisé une manifestation de rue pour exprimer disent-ils leur désapprobation face à la crise du système sanitaire au Bénin.

L’UMPP reconnaît la réalité et la gravité du défi social auquel le secteur de la santé de notre cher pays, le Bénin est confronté depuis des décennies déjà et pour le relèvement duquel le Gouvernement et les partenaires sociaux travaillent consciencieusement sans désemparer depuis l’avènement du Docteur Boni YAYI à la magistrature suprême en avril 2006.

L’UMPP rappelle à notre peuple que le Gouvernement du Docteur Boni YAYI a placé au cœur de son action depuis le 06 avril 2006 la santé comme facteur essentiel du développement du capital humain dans notre pays.

C’est dans ce cadre que s’inscrivent, entre autres, les actions ci-après : • l’organisation des Etats Généraux du secteur de la santé dont les recommandations sont mises en œuvre de façon responsable et méthodique ; • l’équipement et la modernisation de nos principaux centres hospitaliers (CNHU-HKM, CHU de Parakou etc...) • l’apurement des dettes de l’Etat au profit de nos centres hospitaliers ; • l’augmentation des subventions de l’Etat aux formations sanitaires ; • la gratuité de césarienne ; • les améliorations importantes apportées aux traitements salariaux de certaines catégories du personnel sanitaire ; • le paiement de certaines primes spécifiques et de motivation accordées au personnel sanitaire pour la première fois dans notre pays et dont l’incidence financière est évaluée à plus de treize milliards.

Comme on peut s’en rendre compte, il n’y a donc pas de crise du système sanitaire dans notre pays. La question querellée actuellement est le paiement en cours non achevé des primes précitées.

L’UMPP s’indigne donc, regrette et déplore la récupération et l’utilisation à des fins politiciennes de cette situation dont le seul but est de déstabiliser le régime du changement par ceux qui par le passé, ont malheureusement manqué de vision prospective dans la résolution des nombreux problèmes sociaux des travailleurs en allant jusqu’à filmer les malades dans les couloirs de nos hôpitaux puis à les exhiber sur des chaines de télévision pour en faire des motifs de préparation psychologique en vue de provoquer des soulèvements de nos paisibles populations.

L’UMPP demande aux travailleurs et aux syndicalistes épris de paix et de développement de poursuivre le dialogue avec le Gouvernement et de se démarquer des récupérations politiciennes des G4, G13 et Force Clé.

L’UMPP apporte son soutien franc au Gouvernement et l’encourage à rester totalement ouvert à la satisfaction responsable des revendications syndicales au fur et à mesure de l’amélioration des ressources de l’Etat.

L’UMPP exhorte par la même occasion, nos populations à une vigilance accrue et à une mobilisation large et permanente autour des idéaux du changement pour faire échec aux illusions politiciennes qui retardent le développement et l’émergence de notre pays.

Enfin, l’UMPP reste confiant en l’avenir de notre Nation et rassure les populations que nous sommes sur la bonne voie et que l’espoir est permis.

Vive le changement !

Vive la démocratie !

Vive le Bénin !

Examen de fin d’année : 193928 candidats à l’assaut du CEP

L’examen du Certificat d’études primaies (CEP) commence ce jour mardi 2 juin sur toute l’étendue du territoire national. Au total 193928 candidats triturent leur cerveau depuis ce matin face aux épreuves.

Les candidats au Certificat d’études primaires, après 9 mois de cours vont pouvoir juger de leur capacité d’assimilation et d’intelligence. Les épreuves écrites de cet examen qui sanctionnent la fin des études primaires débutent ce jour, sur toute l’étendue du territoire nationale. Le moins qu’on puisse souhaiter aux candidats est de compter sur leur propre capacité intellectuelle et de ne pas s’adonner à la tricherie. La clé de la réussite, c’est d’apprendre ses leçons au jour le jour et ne pas attendre les derrniers moments pour multiplier les nuits blanches. Une fois dans la salle d’examen, il est conseillé aux candidats de ne pas s’affoler devant les épreuves, d’inspirer profondément et d’expirer lentement. Un exercice à faire trois fois, chaque fois qu’un trouble, que la peur s’empare d’un candidat. Un exercice simple qui permet au candidat de faire le calme à l’intérieur de soi. Par ailleurs, à la Direction des examens et concours (DEC), on déclare que les épreuves sont déjà acheminées sur tout le territoire national et sont gardées en sécurité au niveau des Commmissariats de Police et des Brigades de la Gendarmerie.

Par : Matini MARCOS

Aube Nouvelle

juin 01, 2009

La transhumance politique La honte du processus démocratique

Bien que certains compatriotes dont François K. Awoudo1 et Mathias Hounkpè2 aient publié d’excellentes analyses sur le phénomène, il nous paraît nécessaire, en cette veille de lancement public du processus de révision de la constitution du 11 décembre 1990, d’apporter notre modeste contribution à ce que nous appelons: «la honte nationale». En effet, depuis 1990 et plus précisément au cours de cette 5e législature, nous assistons  à  un phénomène grave et impensable au niveau de certains acteurs politiques béninois. Ce phénomène de transhumance qui avilit le «transhumant» et prostitue le mandat des électeurs tire son origine du latin trans (de l’autre côté) et humus (la terre, le pays). Elle se définit par «la migration périodique d’une part du bétail (bovidés, équidés et ovins) de la plaine vers la montagne ou de la montagne vers la plaine, d’autre part des abeilles d’une région florale à une autre, et ce en fonction des conditions climatiques et de la saison».
Par analogie, la «transhumance» politique est cette attitude individuelle ou collective de se mouvoir d’un groupe politique à un autre, d’une affiliation à une autre et de façon intempestive, des hommes et des femmes engagés dans la vie publique.
Ce comportement de certains acteurs politiques, qui créent l’instabilité du système politique et des frustrations doublées de déception, exige à l’étape actuelle de notre processus démocratique de s’y pencher à travers une réforme profonde de notre constitution notamment en son article 80.
Pour nous, l’analyse objective de cette réforme ne peut s’effectuer qu’à travers son fondement ainsi que les solutions mises en œuvre par d’autres Etats pour juguler, ne serait-ce que de manière normative, ce malheureux comportement au niveau de notre Assemblée nationale.

Fondement de la réforme
Comme nous l’avons déjà précisé, c’est depuis 1990 à l’avènement du Renouveau démocratique et l’instauration du multipartisme en Afrique qu’est né et se développe ce phénomène immoral au sein des assemblées nationales africaines. Le phénomène de la transhumance consiste pour les députés élus sur des listes données de partis de les quitter, arrivés dans l’hémicycle pour d’autres  formations politiques. Ce vagabondage politique n’est rien d’autre qu’une double trahison de leurs partis et des électeurs qui les ont élus sur la base des listes pour lesquelles ils ont été appelés à voter. Aujourd’hui, la transhumance est devenue une gangrène voire une honte que traîne la classe politique béninoise. Sans aucun respect à l’électorat et sans se soucier de l’impact de ce comportement sur l’éducation des plus jeunes ou plus précisément de nos enfants, l’on observe des pères de famille «revenir» brutalement sur ce qu’ils ont combattu en changeant du jour au lendemain de «camp» ; c’est-à-dire rejetant le parti ou regroupement politique par lequel ils ont été élus. Cette situation, en dépit de tout le problème éthique que cela pose, sape le système politique en cours et interpelle tous les béninois épris de justice et de paix.

Le cas du Bénin 
Au Bénin, en ce qui concerne les élections législatives, la constitution du 11 décembre 1990 a exclu la possibilité de candidature indépendante au profit d’une candidature de liste présentée par les partis ou regroupement des partis politiques. Ainsi, le système électoral obéit jusqu’à ce jour au scrutin de liste, ce qui permet fondamentalement aux partis politiques de positionner des candidats selon la volonté des organes dirigeants du parti ou de manière générale de la volonté du chef de parti ou de regroupement des partis.
Selon la doctrine constitutionnelle, les modes de scrutin ou les systèmes électoraux sont regroupés selon deux critères : en tenant compte, soit du nombre d’élus, soit des voix nécessaires à cet effet. Dans le premier cas, on distingue le scrutin  uninominal et le scrutin de liste ou plurinominal et au second cas, du scrutin majoritaire et la représentation proportionnelle. Mais selon cette classification, deux systèmes bien distincts existent quant au choix laissé aux électeurs sur les candidats de la liste qu’ils souhaitent voir élire. Soit ce choix leur est dénié au profit des appareils de partis politiques. Dans ce cas, on parle de «listes bloquées» où il leur est reconnu, avec des variantes, de choisir le candidat à travers des systèmes tels que le panachage. On parle de «vote préférentiel».
Le Bénin a fait le choix du scrutin de liste «bloquée» qui permet à chaque parti ou regroupement de partis politiques de présenter une liste de candidats aux électeurs. Ce qui ne donne aucunement aux électeurs la possibilité de modifier le choix présenté par le parti ou regroupement politique. Ainsi, les électeurs votent pour un parti. Puis les sièges sont attribués aux différents partis politiques proportionnellement au nombre de voix qu’ils ont obtenues. Les candidats élus sont pris sur les listes dans leur ordre d’apparition présenté par les partis politiques ou le regroupement des partis.
Il apparaît clairement à travers ce choix fait par le Bénin que ni l’électeur ni l’élu n’a la possibilité de modifier la liste puisqu’elle relève exclusivement du parti ou du regroupement des partis politiques. C’est pour cela que Jean Gicquel3 et Jean-Eric Gicquel4 n’ont pas manqué de s’interroger sur «la liberté de l’électeur à l’égard des listes5». Cette inquiétude, bien que fondée, manifestée par ces éminents doctrinaux, trouve sa solution dans l’article 5 de la constitution béninoise du 11 décembre 1990 qui dispose que «Les partis politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent librement leurs activités dans les conditions déterminées par la charte des partis politiques. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale, de la démocratie, de l’intégrité territoriale et de la laïcité de l’Etat».
Il est donc clair que les citoyens votent pour les partis ou le regroupement des partis politiques quand il s’agit des élections législatives. Comment comprendre dans ce contexte qu’une fois élus, les députés délaissent leurs partis ou le regroupement des partis politiques d’origine par le fait de la transhumance politique ?
C’est pour désapprouver ce comportement que Modibo Diakité, ancien membre du Comité de Transition pour le Salut du Peuple (Ctsp), et ancien Ministre malien de la Fonction publique, s’est exprimé en ces termes : «La transhumance politique brouille la lisibilité des militants. Elle altère la confiance entre l’élu et sa base qui a le sentiment d’être trahi même si l’élu peut considérer que ses considérations sont nobles. Quelles que soient les contradictions, vous devez vous battre dans votre parti. Un parti politique est fondé sur la crédibilité. Or, la transhumance politique, détruit l’adhésion aux jeux politiques6».
Rien qu’à voir la manière dont le «transhumant» est élu, il n’est pas acceptable qu’on lui laisse cette possibilité de transhumer sans la déchéance du mandat sollicité par le parti ou le regroupement des partis politiques et accordé par l’électeur.
La  réforme devient nécessaire au Bénin au regard du système électoral en vigueur.

les solutions mises en œuvre par d’autres Etats
L’on ne saurait aborder la position des autres Etats sans prendre en compte la réforme entreprise par les législateurs béninois de 2001.

Le législateur béninois de 2001 : Pour régler cette question de «transhumance politique», les députés de la 3e législature ont adopté le 24 juillet 2001, la loi 2001-21 portant charte des partis politiques. Selon l’article 45 de la loi votée «Tout élu à un mandat représentatif sous la bannière d’un parti politique qui vient à en démissionner en cours de mandat pour quelque motif que ce soit, perd son siège au sein de l’institution concernée. Il est immédiatement remplacé par son suppléant».
Cette loi qui a été déférée par le président de la République ainsi que deux députés de l’Assemblée nationale en application des articles 117 et 121 de la Constitution a été censurée par la Cour constitutionnelle dans sa décision DCC 01-083 du 27 août 2001.
Selon la Haute Juridiction, par l’article 45 de la loi querellée «l’Assemblée nationale a opéré un transfert de la souveraineté nationale du peuple aux partis politiques ; bridé la liberté d’opinion et d’expression et a violé les dispositions de l’article 80 de la Constitution qui interdit tout mandat impératif».
L’analyse de la décision DCC 01-083 du 27 août 2001 se résume en deux éléments fondamentaux à savoir :
- le transfert  de la souveraineté nationale du peuple aux partis politiques
- l’interdiction  de tout mandat impératif.
Si pour le premier élément, il paraît juste, étant entendu que les députés initiateurs de cette réforme bénéficient d’un pouvoir «délégué7» par le peuple, quant au second, il suscite des analyses vu les critiques que soulève la question du mandat impératif.

Le transfert de la souveraineté nationale du peuple aux partis politiques :
En effet, une réforme de cette importance ne pouvait se faire sous une loi mais plutôt directement dans la Constitution, la norme supérieure. Cette disposition étant directement liée à la qualité du député, il aurait fallu que ces derniers  reçoivent l’accord du peuple souverain pour ne pas se retrouver dans une situation de «juge et partie». C’est d’ailleurs l’option qu’a prise la plupart des Etats qui ont fait cette réforme relative à la transhumance politique.

La question du mandat impératif :
Le mandat impératif est le pouvoir délégué à un individu ou une organisation élu(e) en vue de mener une action définie dans la durée et dans la tâche, selon des modalités précises auxquelles il ne peut déroger. Quant au mandat représentatif, il est une forme de mandat politique qui possède la caractéristique d’être général, libre et non révocable. C’est-à-dire que le représentant peut agir en tous domaines à sa guise car il n’est pas tenu de respecter les engagements qu’il aurait éventuellement pris devant ses mandants.
Le mandat représentatif s’oppose au mandat impératif.
Mais l’élu n’est pas seulement le représentant de ses électeurs mais de la Nation dans son ensemble. C’est cette considération qui faisait dire à Demund Burke8 en 1774 que «le Parlement n’est pas un congrès d’ambassadeurs représentant des intérêts divers et hostiles, c’est l’assemblée délibérante d’une nation n’ayant qu’un seul et même intérêt en vue, celui de la Nation». C’est l’assemblée et non les élus qui exercent la souveraineté nationale. A ce titre, les élus ne sauraient donc être les porte-paroles d’intérêts particuliers.
Le système représentatif limite la sanction des élus qui ne tiennent pas leurs promesses au risque de non réélection à échéance de leur mandat.
En fait, l’association même d’un programme politique à un mandat représentatif est paradoxale. En effet, on ne peut à la fois prétendre que l’élu doit être libre de voter les lois en son âme et conscience et l’enjoindre à respecter un programme, qu’il soit gouvernemental ou pas durant son mandat. A ce titre, élire un mandat représentatif, ce n’est pas se prononcer pour un projet politique mais pour une personne.
Le mandat représentatif renvoie donc à une conception élitiste du mandat politique. L’élection est supposée être, non pas l’expression de la volonté générale, mais un processus destiné à sélectionner les citoyens les plus aptes à conduire les affaires publiques. C’est à ce titre que l’élu est légitime quand il prend une décision contraire à la volonté populaire.
Elle suppose une incapacité des peuples à se gouverner qui est clairement affirmée par Montesquieu dans son ouvrage L’Esprit des lois : «Il y avait un grand vice dans la plupart des anciennes républiques : c’est que le peuple avait droit d’y prendre des résolutions actives, et qui demandent quelque exécution, chose dont il est entièrement incapable. Il ne doit entrer dans le gouvernement que pour choisir ses représentants, ce qui est très à sa portée».
Mais de nombreux électeurs s’estiment en droit de se prononcer non seulement sur la personnalité des candidats mais aussi en fonction de leurs projets et de leurs convictions. Ils considèrent donc le manque de constances des élus dans leurs appréciations comme une trahison de leurs engagements. Cette problématique contribue fortement à alimenter la «crise de la démocratie» que l’on constate dans de nombreux pays pratiquant la démocratie représentative, en suscitant une méfiance, sinon une défiance, des électeurs vis-à-vis de «leurs» élus.
Dans la constitution de la Ve République, en France : «Tout mandat impératif est nul». Seul le mandat représentatif est légal. Cependant, lors des élections législatives de 2007, il a été soutenu par François Bayrou que les candidats qui sollicitaient l’investiture de l’Ump, le parti actuellement majoritaire signent un document par lequel ils s’engageaient à ne pas voter de motion de censure durant la législature et à voter toutes les lois de finances et de financement de la sécurité sociale.
La notion de mandat impératif étant jusque-là restée théorique, elle ne saurait être le frein à un processus de réforme qui, sans ambages, est source de stabilité institutionnelle et de bonne gouvernance de notre pays. Il faut donc éviter comme le constituant sénégalais de 2001 l’application  ad litem de cette notion.

Les autres Etats
Parmi les pays qui ont réglé cette question de transhumance, nous pouvons citer le cas sénégalais à travers la révision constitutionnelle du 22 janvier 2001. Selon cette révision constitutionnelle, le problème de transhumance des parlementaires a été solutionné. La question qui a fondé cette démarche est de se demander si le député qui démissionne de son parti conserve son mandat ou non.
La solution consacrée par la pratique institutionnelle sénégalaise antérieure à 2001, et confortée par une déclaration du président de l’Assemblée nationale en date du 12 janvier 1980 - solution qui, du reste, a fait jurisprudence en la matière - consiste à considérer que «les députés exclus de leur parti ou démissionnaires restent encore députés de l’Assemblée nationale». Cette solution s’appuie sur la théorie précédemment expliquée de la souveraineté nationale et le mandat représentatif, en vertu desquels «l’élu représente le peuple et non pas un parti, une faction ou une section». Mais elle reste tout de même dépourvue de toute éthique, pouvant entraîner des glissements de majorités en cours de législature, préjudiciables à la stabilité institutionnelle. C’est cette éthique que restaure la Constitution de 2001 par le biais de son article 60 qui prévoit que tout député qui démissionne de son parti est automatiquement déchu de son mandat. En ce sens, on peut dire que l’article 60 constitue un acquis démocratique de taille pour le processus démocratique sénégalais et africain.
L’article 60 de la constitution sénégalaise après la révision de 2001 dispose que : «Les députés à  l’Assemblée nationale sont élus au suffrage universel direct. Leur mandat est de cinq ans. Il ne peut être abrégé que par dissolution de l’Assemblée nationale.
Les Cours et Tribunaux veillent à la régularité de la campagne  électorale  et du scrutin dans les conditions déterminées par une loi organique.
Une loi organique fixe le nombre des membres de l’Assemblée nationale, leurs indemnités, les conditions d’éligibilité, le régime des inéligibilités et des incompatibilités.
Tout député qui démissionne de son parti en cours de législature est automatiquement déchu de son mandat. Il est remplacé dans les conditions déterminées par une loi organique».
Un autre pays a suscité notre intérêt. Il s’agit du cas marocain.
Ce cas est pertinent dans la mesure où, selon la réforme de février 2006 au Maroc, il est clairement interdit «à un élu de l’une des deux chambres du parlement de changer d’étiquette partisane au cours du mandat». Cette réforme qui, à notre avis paraît sévère, montre toute l’importance que cet Etat accorde à l’interdiction de la transhumance politique.
Il  ressort  de  cette analyse que le Bénin a tout intérêt à vite faire cette réforme afin de mettre fin à cette dérive et les frustrations que l’on observe au niveau de la classe politique béninoise. Il urge que l’article 80 de la constitution du 11 décembre 1990 soit révisée en prenant comme option la reprise de l’article 60 de la constitution sénégalaise à actualiser selon le type de notre parlement (à une seule chambre) ou tout simplement la reprise dans la constitution du Bénin de l’article 45 telle que proposé par nos législateurs de 2001.
En attendant cette révision constitutionnelle, une solution a été expérimentée au Maroc dans l’affaire du parti politique FFD de Thami Khyari9.
En effet, ce dernier, a été le premier parti politique à engager des poursuites contre deux de ses militants qui lui ont faussé compagnie après les élections. L’affaire  a  servi de jurisprudence, malgré le fait qu’il n’a pas eu gain de cause. C’est d’ailleurs, à la suite de ce procès fortement médiatisé que la nouvelle loi marocaine a donné  la possibilité à la formation lésée, c’est-à-dire victime de la transhumance politique par le changement de couleur d’un député, de l’attaquer en justice ainsi que la formation qui l’a accueilli. Le premier doit payer une amende de 50.000 DH et la deuxième 100.000 DH.
Pour les spécialistes, il faut plus de garanties qu’une simple sanction financière car les députés transhumants autant que les partis d’accueil n’ont aucun mal à payer l’amende. Toutefois, le mérite de cette procédure de Thami Khyari est qu’elle a consacré pour la première fois, le principe selon lequel «entre l’élu et le parti ou regroupement de parti, il existe bel et bien un contrat» dont la résiliation unilatérale peut entraîner des conflits devant les juridictions.

Prétexte opportuniste ou cause noble?

C’est un bon prétexte. Un très bon. C’est même une cause noble : la défense des enfants, des femmes enceintes et des pauvres qui meurent dans les hôpitaux à cause de la fragilité du système sanitaire aggravée par la précarité des conditions de travail et de traitement du personnel de santé Pour cela, tous les ténors de l’opposition non déclarée et une foule impressionnante de supporters organisent une marche historique, le jeudi 28 mai, pour confier leurs protestations au ministre de la Santé. Ils sont réunis au sein de la toute nouvelle alliance politique regroupant tous les partis de l’opposition, qui a pour nom « l’Union fait la Nation » et dont l’acronyme révélateur est l’UN. Prononcé comme un article.
A l’annonce de la marche de l’opposition, le gouvernement se dépêche de commencer à payer certaines des primes de motivation pour lesquelles le personnel de la santé est allé en grève.  Malgré cet effort soudain annoncé par le ministre des Finances, le gouvernement que tout le monde sait financièrement acculé par les dépenses salariales croissantes, est présenté et perçu comme manquant de bonne volonté, pour ne satisfaire les revendications salariales que sous pression. L’opposition, comptant faire oublier à l’opinion que les problèmes des hôpitaux remontent à leur propre gestion des affaires, continue de charger le pouvoir au moyen de ses arguments habituels. Elle dénonce les campagnes électorales illégales et moralement choquantes, les méthodes d’instrumentalisation, d’improvisation et de gaspillage, et la violation du serment prononcé lors de la prise du pouvoir par le président de la République. Elle exige du gouvernement une attitude d’écoute plus sérieuse. Elle avertit : « plus la nuit est proche et plus le jour est proche ».
Seulement, dans cette marche qui permet subtilement à l’UN de se mettre en scène, les opposants prennent le devant d’une protestation syndicale. Prendront-ils le devant pour les revendications d’autres catégories professionnelles aussi ? Et pour finir, alors que l’UN essaye de se souder la majorité présidentielle continuera-t-elle de se dissoudre en plurielle et au pluriel?

Abbé André S. Quenum