Par Olympe BHÊLY-QUENUM
Monsieur,
Je n’ai pas encore vu votre lettre ouverte dans un journal béninois ; dès son éventuelle publication, ma réponse ci-dessous sera diffusée sur l’Internet.
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« l’auteur lui-même[…] assène les coups. Chaque lettre, chaque syllabe, chaque mot, chaque phrase, bref toutes les phrases me rappelaient les coups de cravache du primaire, raisons de ma colère »
Vous m’en voyez ravi ; ma réponse à Monsieur Vianney Assani est valable pour vous aussi :j’ai précisé que je ne répondrais pas à son éventuelle lettre, à vous non plus, mais je dis d’entrée : si vous n’étiez pas déjà dans les bonnes grâces du non-Changement dont souffre le peuple, vous êtes en quête d’un créneau où vous pourriez vous insérer ; à coup sûr, vous l’aurez : prédiction de « DECADENCE D’UN ECRIVAIN AU SOIR DE SA VIE »
« Monsieur le faiseur de rois! » ?
Dieu merci, non : je n’en ai jamais eu le songe ; la clientèle en était déjà pléthorique avant l’avènement au Bénin du « Messie » qui est le vôtre aussi. Mais…Monsieur le sociologue, vos grilles sont fausses ! Ne serait-ce pas volontairement ? La sociologie, la socio-anthropologie culturelle aussi, je les connais en profondeur ; en mouvement depuis L’Initié et Le chant du lac, elles ont atteint leur apogée dans Les Appels du Vodún. D’autre part, en tête de plus d’une équipe sur le terrain objectif, les enquêtes effectuées n’ont jamais été contestées et je le dis avec fierté.
« j’ai 47 ans, je ne pense pas être de la dernière pluie. » « un compatriote né des années bien après votre « deuxième enfant », à l’exemple d’Henri Guaino. Je ne savais pas que vous étiez également l’homme qui sauva le journal français « Libération » quand « il ne battait plus que d’une aile et poussait des cris d’un blessé à mort ». Bravo, Monsieur le « Faiseur de rois et sauveur de journaux français» !!! »
Enfantin et cocasse : 47 ans, le cadet de mes enfants est né en 1961. Quels sont les rapports entre votre âge, le rappel de ma réponse à Monsieur Henri Guaino, mon aide à Libération dont vous avez camouflé le contexte et mes légitimes reproches au président de la République du Bénin qui, ne respectant pas ses promesses électorales, berne le peuple et ruse ? Petit hypocrite, relisez donc les raisons « D’UN ECRIVAIN AU SOIR DE SA VIE » d’en avoir, lui aussi, appelé au peuple à voter massivement pour votre futur Messie , et que, dans votre hâte de plaire au Pouvoir, d’être prébendé, vous avez délibérément scellées comme sous une pierre tombale:
« …mon soutien était aussi ma riposte contre : a) l’inadmissible mensonge de Monsieur Jacques Chirac, président de la République française, qui prétendait que, tant au Bénin que loin de leur pays, les Béninois voulaient que le président Mathieu Kérékou continuât de gouverner ; b) la volonté déclarée de ce dernier de ne pas vous rendre les clefs du pouvoir si vous étiez élu. L’ingérence soutenait le déni de la démocratie. » ou encore: « Malgré l’incroyable, désespérant et la nullité du paramètre culturel de votre programme, le mot changement m’en avait semblé le socle et l’élément catalyseur. Ne vous connaissant pas, j’admets mon erreur d’avoir appelé à voter pour vous ; »
J’ai eu le courage politique de répondre vertement à Monsieur Henri Guaino comme je l’avais fait quand Monsieur Sarkozy avait piétiné l’Afrique à Bamako ; et vous ?
« vouloir ramener tout à soi et de vouloir se faire le dépositaire de l’élection du Docteur Boni YAYI »
Docteur, Docteur, toujours ce titre trompeur qui m’avait fait croire que l’économiste était médecin. Quel manque d’intelligence, de force et de finesse en polémique !
« , pourquoi l’avez-vous alors soutenu ? Pour que vos ouvrages soient enseignés dans les écoles primaires, secondaires ou supérieures?. »
Seigneur, guérissez ce sociologue de sa faiblesse intellectuelle, de son absence de logique dans le raisonnement ! Qui, un peu partout en Afrique, faisait inscrire Un piège sans fin au programme quand vos maîtres vous assenaient des coups. de cravache ? Olympe BHÊLY-QUENUM n’a jamais été et n’y sera jamais pour rien dans l’étude de ses ouvrages. Réfléchissez un peu avant d’engager une polémique, mais…c’est un fait avéré qu’on dit ou écrit n’importe quoi, qu’on recourt même au mensonge quand la politique du ventre est au gouvernail.
« De quelle connaissance du terrain » je parle ?
celle qui avait permis d’écrire L’Initié, Le chant du lac, Un Enfant d’Afrique, As-tu vu Kokolie ?, Les Appels du Vodún., C’était à Tigony et des nouvelles. Résidant au Bénin, en auriez-vous été et en seriez-vous capable ? Je vous lance un défi.
De quels « évangélistes arrogants, suffisants et vaniteux » est-il question ?
Etrange !Vous ne lisez pas la presse du Bénin ou seriez-vous hypocrite? Ils ont été mainte fois dénoncés ; l’un d’eux n’a pas nié leur présence et leur rôle auprès du chef de l’État béninois ; voici le titre du quotidien Le Matinal conservé dans les archives de mes lectures : Entourage du chef de l’Etat :Yayi Boni, prisonnier des évangélistes ? 5 juin 2008 - LE MATINAL
De quels Francs-Maçons.parlez-vous ?
De ceux que j’appelle Frères ou Sœurs et qui m’appellent Frère. Je n’ai jamais fait mystère de mon appartenance à la Grande Loge Unie d’Angleterre ; notre vigilance pendant la période révolutionnaire était connue ; notre intervention écrite lors de la Conférence des Forces Vives de la Nation n’avait pas été mise sous le boisseau. Vous aviez 29 ans ; seriez-vous Franc-Maçon ? Quelle Obédience et quelle Loge ? N’ayez pas peur, osez vous dévoiler.
De quels féticheurs s’agit-il ?
Féticheurs ? Il y a 35 ans que j’ai banni ce mot de mon vocabulaire quand je décris les vodúnsi ; quant à vous, vous êtes un fétichiste ; je désigne par ce terme celui qui voue un culte, non seulement à un objet, mais surtout à un homme jusqu’à la servilité.
« : quelqu’un qui a quitté le pays depuis 1948, qui a vécu royalement chez le colon . »
Assez plaisant. Je vis « royalement chez le colon» et le répète avec fierté : hormis le fait d’y être né, je ne dois rien au Dahomey, ni au Bénin, ni à la France où j’étais venu avec la bénédiction de mon père ; j’y étais arrivé à mes frais et avec l’aide massive de ma mère, une commerçante analphabète. A 18 ans, plus jeune employé de la firme Unilever (John Walkden) j’étais propriétaire de ma maison sur un terrain de 750m2 sis à Dantokpa ; exproprié quand on a voulu créer le marché, il fut donné à la maîtresse d’un ministre ; le général Owens, qui me connaissait, a protesté et m’a écrit ; on m’a attribué un « von » à Missèbo; la perpétuation des frustrations m’a fait recourir à la Justice ; mon avocat ? Maître Adrien Houngbédji ; le procès gagné, la décision du Tribunal n’a jamais été exécutée : Maître Grimaud, le procureur qui s’y était engagé fut muté. Que dit le sociologue de cette injustice ? Un Enfant d’Afrique inscrit au programme par le Comité compétent approprié en fut supprimé par un ministre. Le Comité stupéfait m’a alerté. Des décennies plus tard, j’ai demandé la réparation d’une telle injustice à votre Messie ; était-ce une quémande de récompense ?Je suis au-dessus de ce procédé.
Vous citez mon neveu Abbé André S. Quenum, vous citez le discours sur l’état de la Nation, ,etc. je lis tout, oui, tout ce qui provient de la presse béninoise ; hier,c’était le beau texte de Gustave GAZARD intitulé Les leçons d’Obama à nous autres d’Afrique; avant-hier, un Pasteur, présent au Bénin -qui souhaite garder l’anonymat- en me présentant ses « vœux fraternels », ajoutait : « le très regretté votre Ami le Cardinal Gantin avait raison, le pays ne va pas aussi bien que ce que la politique du ventre cherche à faire croire… ».Ouf ! voilà un Pasteur qui n’est pas de la coterie des Evangélistes dont se plaignent tant de Béninois du terrain. Ne seriez-vous pas évangéliste ? Que dites-vous de l’homélie de l’Evêque de Natitingou ? Et du compatriote originaire de Tanguiéta qui m’a écrit ?
Vous n’êtes pas un homme libre, vous êtes dépendant : la liberté, on l’acquiert et quand on la, on est d’un esprit indépendant sans concession ; rebelle à toutes les injustices, à tous les arbitraires, je suis d’un esprit indépendant sans concession . Ma dénonciation et mes reproches à Monsieur le président de la République du Bénin, pourraient être illustrés par l’intervention que voici d’un hurluberlu dans un chapitre de C’était à Tigony :
« Tête d’anachorète, tignasse rasta, longue barbe poisseuse et cache-sexe de fakir, un homme dans la foule éberluée d’avoir entendu le chef de l’État évoquer «l’émergence des Forces démocratiques » pointa son index vers le ciel et déclara :
« Oui, tu geins Haïnakogninifu, mais Eliphaz de Témân a dit :
« Un homme peut-il être utile à Dieu,
quand un être sensé n'est utile qu'à soi?
Shaddai est-il intéressé par ta justice,
tire-t-il profit de ta conduite intègre ?
Serait-ce à cause de ta piété qu'il te corrige
et qu'il entre en jugement avec toi ?
N'est-ce pas plutôt pour ta grande méchanceté,
pour tes fautes illimitées ?
Tu as exigé de tes frères des gages injustifiés,
dépouillé de leurs vêtements ceux qui sont nus ;
omis de désaltérer l'homme assoiffé
et refusé le pain à l'affamé ;
livré la terre à un homme de main,
pour que s'y installe le favori ;
renvoyé les veuves les mains vides
et broyé le bras des orphelins.
Voilà pourquoi des filets t'enveloppent
et des frayeurs soudaines t'épouvantent.
Ou bien c'est l'obscurité, tu n'y vois plus
et la masse des eaux te submerge. »
Lisez l’Ancien Testament, c’était Job qui parlait ainsi
.
Si j’ai perdu trop de mon temps à vous écrire, c’est parce que je ne répondrai plus jamais à un seul mot de vous, dussiez-vous vous camoufler sous un pseudonyme.
Je vous souhaite une Bonne année 2009 et longue vie.
Olympe BHÊLY-QUENUM.
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