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novembre 30, 2008

O de à la République

O toi, République ! Dahomey d’hier, Bénin d’aujourd’hui ! Que n’es-tu oubliée ! Que n’es-tu l’image de tes nombreux fils et filles, citoyens ordinaires, ignorés. Ignorés comme toi. Certains n’ont point la fortune de connaître la date de leur naissance. D’autres n’ont pas le loisir de souffler des bougies. Voici que tu fermes tes 50 ans de création – discrètement, humblement, silencieusement – similairement à leur sort.
C’est déjà quelque chose que la date de ta création, à toi, soit connue de certains de tes fils et filles : le 4 décembre 1958, la colonie dahoméenne devient République dahoméenne. C’est l’étape d’un peu plus d’autonomie, signe avant-coureur de l’indépendance. Mais, peu de reconnaissance t’est accordée, ô République ! Tu as, certes, évolué au gré des Constitutions. Mais, à combien de Constitutions, et donc de Républiques en sommes-nous aujourd’hui? Qui, à part les érudits de Constitutions et d’histoire, a le temps de penser à ces arguties ?
Nous n’avons pas le temps de penser à toi, ô République ! Hier Dahomey, ainsi nommé à défaut. Aujourd’hui Bénin, ainsi rebaptisé par excès, que nous dit de toi ton nom ? Ô toi l’insaisissable ! Les citoyens qui sont ordinaires comme tu l’es, n’ont pas le loisir de penser à toi car primum vivere, deinde philosophari (vivre d’abord, philosopher ensuite). Ceux de tes fils et filles les moins ordinaires, les plus puissants de ce pays sont actuellement trop occupés à des négociations « coupées et décalées », en vue de la redistribution des cartes politiques qui conduisent à l’argent, au pouvoir et à la visibilité. Rien de cela ne procures-tu, ô toi, République, trop discrète. Crois-tu vraiment que les lèvres sur lesquelles tu es fréquemment, t’ont à l’esprit ? Si tu veux savoir, qu’un sondage soit lancé auprès des plus puissants parmi nous pour leur demander, non pas la date de ta création – ce serait trop leur demander –, mais ce qu’est une République. Qu’es-tu donc République ?
… Le temps me manque pour t’écrire davantage car… je me dois d’aller vérifier si l’alerte d’un 3e braquage à Dantokpa est vraie ou fausse…Excuse, République. Nous ne sommes en sécurité pour penser aisément à toi. Peut-être que nous t’accorderons un peu plus de temps si la célébration des 50 ans d’indépendance ne nous surprend pas. En attendant,  République, salut!

Abbé André S. Quenum

Source la Croix du BENIN

Plus de Prétexte

C’est désormais chose faite. Le Chef de l’Etat, le président Boni Yayi vient de prendre en conseil des ministres, en sa séance du 19 novembre 2008, le décret  n°2008-649 du 20 novembre 2008 portant modalités d’application de la loi n°2001-36 du 14 octobre 2002 portant statut de l’opposition Ce décret d’application de la loi portant statut de l’opposition est ce qui manquait donc à l’exercice régulier et complet du rôle de l’opposition au Bénin. Réclamé à cor et à cri par les partis politiques qui s’illustrent souvent dans le rôle de l’opposition, ce décret d’application, sous réserve de son acceptation par la classe politique, sonne le glas des tergiversations, des hésitations ou de tous autres prétextes  utilisés par les politiciens pour se dérober, pour refuser de s’afficher ouvertement comme partis politiques d’opposition. Désormais, il n’y aura plus en principe d’excuses possibles du peuple pour justifier le silence quelquefois  coupable ou complice de certains leaders politiques face à la situation sociopolitique nationale, face aux difficultés réelles des populations devant les affres  de la crise économique et autres intrigues politiques nuisibles au développement de notre pays. L’heure de la clarification des rapports  entre les composantes de la classe politique béninoise est ainsi venue avec ce décret d’application de la loi portant statut de l’opposition. C’est certainement le moment favorable pour les dignitaires politiques béninois de prouver leur capacité à proposer des solutions alternatives crédibles aux maux dont souffre le Bénin.

Guy Dossou-Yovo

Source: La croix du BENIN

STATUT DE L’OPPOSITION: Du décret d’application à la réalité

Pour coller à l’actualité, tout en restant dans le cadre des préoccupations qui sont les nôtres à Res Publica, le présent papier porte sur le statut de l’opposition. Il analyse surtout la situation telle qu’elle se présente, à notre avis, après la prise du décret n°2008-649 du 20 novembre 2008 portant modalités d’application de la loi n°2001-36 du 14 octobre 2002 portant statut de l’opposition.

Le conseil des ministres, en sa séance du 19 novembre 2008, a adopté le décret n°2008-649 du 20 novembre 2008 portant modalités d’application de la loi n°2001-36 du 14 octobre 2002 portant statut de l’opposition. Le seul décret d’application prévu par le statut de l’opposition étant ainsi adopté par le Gouvernement, l’on peut dire à partir de ce moment-là, ne serait-ce que théoriquement, que plus rien ne devrait faire obstacle à l’application complète du statut de l’opposition adopté par l’Assemblée nationale et promulguée depuis la fin de l’année 2002. Maintenant que ce décret – réclamé à cor et à cri par beaucoup de gens – est pris, il nous faut apporter des réponses à au moins deux questions principales. Premièrement, l’on doit chercher à savoir ce qui va se passer à partir de maintenant en ce qui concerne le comportement d’une partie de la classe politique nationale. Deuxièmement, l’on devrait également chercher à savoir à quoi les citoyens devraient s’attendre en terme d’amélioration du fonctionnement du système démocratique national du fait de la complète application du statut de l’opposition. Avant toute chose, une série de remarques importantes s’impose.

Un statut pour l’opposition
Il s’agit en fait de la nécessité de rendre justice au Gouvernement et à son Chef, pour au moins deux raisons. Premièrement, il faut saluer à sa juste valeur la volonté du Président de la République d’avoir pris ce décret d’application, quel que soit ce qu’on pourrait en penser par ailleurs. Ceci d’autant plus que le Président Kérékou et ses différents Gouvernements n’ont pas voulu de cela tout le long du deuxième quinquennat du Général Président. Deuxièmement, il nous paraît également juste de reconnaître que le Chef de l’Etat et le Gouvernement ont pris le décret tel que prévu par la loi n°2001-36 du 14 octobre 2002 portant statut de l’opposition. De sorte que l’essentiel des faiblesses qui seront trouvées au statut (aujourd’hui considéré ensemble avec son décret d’application) seraient moins le fait du Gouvernement que de celui du texte lui-même à l’origine, texte adopté par l’Assemblée nationale. Mais avant d’en arriver aux questions principales posées ci-dessus, commençons, comme nous en avons l’habitude à Res Publica, par poser le problème que l’on est supposé résoudre dans une société démocratique à l’aide d’un statut de l’opposition.
En effet, l’on est obligé de créer des conditions particulières à un groupe de partis politiques (appelés partis de l’opposition) parce que ces partis sont supposés aider à l’amélioration du fonctionnement de la démocratie. Dans le cas du Bénin, le statut de l’opposition lui-même se définit essentiellement comme l’ensemble des règles juridiques permettant aux partis de l’opposition de : (1) critiquer le programme, les décisions et les actions du gouvernement ; (2) développer des programmes propres ; (3) proposer des solutions alternatives à la nation ; et (4) œuvrer pour l’alternance au pouvoir par voies légales. A travers ces attributions de l’opposition définies par le statut (et d’autres encore), les partis qui la composent sont supposés contribuer à rendre plus transparente la gestion des affaires publiques, à réduire le coût de l’accès à l’information des citoyens, à rendre plus aisée l’opération des choix politiques par les citoyens (par exemple, au moment d’une élection), (éventuellement) à éclairer les gouvernants (surtout l’Exécutif) dans la prise de certaines décisions, à l’amélioration des politiques publiques mises en œuvre par l’Etat, etc.
Avant de répondre aux deux questions fondamentales qui nous préoccupent dans le présent papier, il nous faut donc d’abord apprécier la qualité du statut de l’opposition. Il s’agit en fait de voir dans quelle mesure le texte tel qu’il est aujourd’hui, crée les conditions nécessaires pour une opposition de qualité au Bénin, c’est-à-dire pour une opposition capable de jouer les rôles qui sont les siens. Cette appréciation, se fera par rapport à quelques-uns des facteurs qui, à notre humble avis, sont importants pour la détermination de la qualité d’un statut de l’opposition. Pour des questions de limitation d’espace, la présente analyse (du statut) se focalisera essentiellement sur quelques-uns des éléments qui ne sont pas encore complètement pris en compte par le texte dans son état actuel. Ces éléments (non encore pris en compte) pèseront dans la détermination du sort qui sera fait au statut, et donc aideront à répondre à nos deux questions fondamentales. Nous présenterons également, à chaque fois que c’est possible, des dispositions de statuts de l’opposition de pays de la sous région relatives aux questions qui nous intéressent.

Espace d’opération de l’opposition
Le premier élément qui peut poser problème dans le texte est la quasi absence de distinction entre les différents espaces d’opération de l’opposition. En effet, l’opposition opère dans au moins deux espaces distincts : (1) la scène publique nationale et (2) le Parlement. Et selon l’espace où l’opposition s’exprime et agit, les moyens nécessaires correspondants doivent être prévus par le statut de l’opposition. Le texte, dans son état actuel, en ce qui concerne l’opposition au Parlement, ne fait que reprendre le Règlement intérieur par rapport aux conditions de composition du Bureau de l’Assemblée nationale. Alors que dans un Parlement, il est possible d’assurer une meilleure contribution de l’opposition en lui prévoyant un traitement spécifique dans les commissions, dans le Bureau de l’Assemblée, dans la distribution de la parole et des temps de parole en plénière, dans la constitution de l’ordre du jour de l’Assemblée, etc. Quelques exemples de pays de la sous région peuvent être utiles.
Au Burkina Faso, par exemple, la loi portant statut de l’opposition fait la distinction entre l’opposition au niveau de l’Assemblée nationale et l’opposition au niveau des Assemblées locales (les conseils communaux) et reconnaît la nécessité de la présence de l’opposition dans le Bureau de l’Assemblée nationale. Au Mali, la loi portant statut de l’opposition octroie aux partis de l’opposition le bénéfice d’un droit de représentation en fonction de leur poids politique au sein des organes et institutions où ils siègent, notamment au niveau de l’Assemblée nationale (art.6). Cette disposition est reprise quasiment dans les mêmes termes dans l’article 8 du statut de l’opposition de la République du Niger. Même s’il est vrai que les différents textes cités ci-dessus sont encore largement en deçà de ce qui peut être attendu d’un statut de l’opposition de qualité (vis-à-vis du traitement qui doit être fait à l’opposition au sein de l’Assemblée), ils sont quand même un peu plus en avance par rapport au texte actuellement en vigueur au Bénin.

Accès à l’information
Un second élément qui peut poser problème dans l’application du statut de l’opposition au Bénin est le silence du texte sur les questions relatives à l’accès à l’information. Alors qu’il est clairement établi que l’opposition ne peut convenablement jouer aucun des rôles qui lui sont attribués sans un niveau d’accès raisonnable aux informations disponibles sur la gestion des affaires de l’Etat. En effet, pour ne reprendre que le contenu de notre statut de l’opposition, comment peut-elle critiquer le programme, les décisions et les actions du gouvernement sans disposer d’informations fiables sur la réalité des faits ? Comment peut-elle développer des programmes propres et proposer des solutions alternatives à la nation sans avoir des informations nécessaires sur l’état des affaires de la cité ? Etc. Ici également, un détour dans les pays de la sous région peut-être utile.
En République du Niger, le statut de l’opposition dit clairement, en son article 7, que «les partis de l’opposition ont le droit à l’information sur toutes les questions importantes relatives à la vie de la Nation». Le même article poursuit en précisant que ce libre «accès à l’information leur est octroyé par les ministères et les administrations publiques.» De la même manière en République du Mali, le statut, également en son article 7, reconnaît aux partis de l’opposition «un libre accès aux renseignements par voie d’audience spéciale dans les ministères et administrations publiques.» Une petite enquête nous a révélé qu’au Mali, les partis de l’opposition font souvent usage de ce mécanisme et qu’ils obtiennent des informations et/ou de la documentation sur des questions spécifiques de l’administration au moins 80 fois sur 100. Même s’il est vrai que chez nous au Bénin, les parlementaires ont la possibilité de poser des questions et de demander des informations au Gouvernement, ceci non seulement ne prend pas en compte le cas de l’opposition extraparlementaire (reconnue par le texte), mais en plus, pour une  multitude de raisons, il ne suffit même pas pour garantir la nature d’information dont les partis de l’opposition pourraient avoir besoin.

Accès équitable aux média officiels
La manière d’assurer à l’opposition le bénéfice d’un accès équitable aux moyens officiels d’information et de communication (art. 8) est le troisième élément par rapport auquel des problèmes peuvent se poser dans l’application de notre statut de l’opposition. Il est évident que sans une bonne application de cette disposition – c’est-à-dire la disposition relative à l’accès équitable aux média d’Etat – de la loi, il est illusoire d’espérer ériger une opposition véritable et crédible dans une démocratie pluraliste. En effet, à quoi sert-il d’apprécier les actions et programmes du Gouvernement et de formuler des critiques s’il faut les garder pour soi, si l’on n’est pas en mesure de les partager avec les citoyens qui ont le besoin et le droit de savoir ? Comment l’opposition peut-elle œuvrer à l’alternance sans avoir la possibilité, dans des conditions sérieuses, de partager ses points de vue sur la gestion des affaires de la cité (la gestion du Gouvernement et les problèmes préoccupant les populations) avec les populations ? Mais la question de l’accès équitable aux moyens d’information officiels va au-delà de cela.
En effet, la gestion de l’accès équitable aux média officiels doit prendre en compte la logique fondamentale qui sous-tend l’idée même de l’existence de l’opposition dans une démocratie. Accepter et créer des conditions spéciales pour l’activité des partis d’opposition, c’est reconnaître la possibilité de l’existence de plusieurs opinions valables sur les questions relatives à la gestion des affaires de la cité. C’est reconnaître et accepter qu’en dehors du Gouvernement, d’autres groupes de citoyens, en l’occurrence les partis politiques de l’opposition, peuvent détenir des avis pertinents et utiles pour la détermination et la mise en œuvre des politiques publiques. Cela suppose donc que l’occasion doit être donnée aux citoyens, à chaque fois, d’entendre les différents sons de cloche. En d’autres termes, l’accès équitable aux média officiels doit également vouloir dire qu’à chaque fois que le Gouvernement (ou son Chef) se prononce officiellement sur des questions majeures, l’opposition doit avoir la possibilité d’en faire autant dans des conditions bien déterminées.

Le Chef de file de l’opposition
Finissons, dans le cadre de cette analyse sommaire, par une ou deux questions mineures qui peuvent également poser quelques problèmes à la mise en œuvre du statut de l’opposition. La première question est relative à la situation qui est faite au leadership de l’opposition par le texte. En effet, le statut de l’opposition, dans son état actuel, définit (art. 7) les conditions dans lesquelles l’on peut devenir chef de l’opposition et prescrit ensuite que les chefs de l’opposition choisissent en leur sein un porte-parole. De façon générale, cet  exercice peut ne pas être facile parce que cela dépend de l’étendue et de la profondeur des différences du point de vue des principes entre les partis d’opposition. Qui peut imaginer, par exemple en France, que Jean-Marie Le Pen (extrême droite) et Olivier Besancenot (extrême gauche), bien qu’étant tous deux opposants à l’UMP, puissent avoir un porte-parole commun ? Pire, lorsqu’on sait comment la désignation des responsables, des leaders est objet de toute de sorte de tractation, d’intrigue et de marchandage au Bénin, on peut s’inquiéter par anticipation pour les conditions dans lesquelles ce porte-parole sera choisi et pourra accomplir sa mission. Pour résoudre ce problème dans plusieurs démocraties, l’on a recours à des critères permettant de choisir l’un des chefs de l’opposition comme le leader de l’opposition ou l’opposition officielle. Par exemple, au Burkina Faso, il est prévu dans leur statut de l’opposition, la position du «chef de file de l’opposition» qui est attribuée au premier responsable du parti de l’opposition ayant le plus grand nombre d’élus à l’Assemblée nationale (art.12).
La deuxième petite question découle de ce que le décret d’application de la loi portant statut de l’opposition ne prévoit pas de rémunération financière aux chefs de l’opposition. Si l’on peut, en exagérant un tout petit peu, comprendre que le député qui est en même temps Chef de l’opposition a déjà un certain niveau de revenu, qu’adviendra-t-il d’un Chef de l’opposition extraparlementaire ? Dans les démocraties établies et/ou vieilles, même lorsque l’on est député et qu’on est en plus chef de l’opposition, un traitement (financier) particulier est prévu pour celui qui joue ce rôle pour la société.

A quoi s’attendre ?
Sous l’éclairage de ces commentaires, il faut maintenant répondre à nos deux questions fondamentales posées au début du présent papier à savoir : (1) à quoi les citoyens devraient s’attendre en terme d’amélioration du fonctionnement du système démocratique national du fait de la complète application du statut de l’opposition et (2) ce qui va se passer à partir de maintenant en ce qui concerne le comportement d’une partie de la classe politique nationale.
A la première question, la réponse, sans grande exagération de notre part, est : pas grand-chose. Ceci pour la simple raison, comme nous l’avons vu ci-dessus, que le statut de l’opposition, dans son état actuel, ne donne pas de véritables moyens aux éventuels partis de l’opposition pour apporter la contribution qui est attendue d’eux dans le cadre d’un système démocratique. Au mieux, les plus courageux et les plus vaillants vont se battre pour obtenir des informations et essayer de se faire entendre vaille que vaille par les populations. Ceci est d’autant plus vrai que les dispositions du statut relatives à l’accès équitable aux média officiels, ont toujours été pleinement en vigueur sans jamais se traduire véritablement dans les faits.
En ce qui concerne le comportement de la classe politique après l’adoption du décret d’application du statut de l’opposition, la réponse mérite d’être nuancée. Il est possible que certains groupes, remplissant les conditions requises pour être de l’opposition et mériter d’avoir un chef, acceptent de se déclarer officiellement comme tels. Parce que les conditions faites au chef de l’opposition, bien que insuffisantes (de notre point de vue), peuvent, par exemple, aider à réduire les tensions qu’on observe au sein de certains partis lors de la désignation des présidents de groupes parlementaires et/ou de présidents de commissions permanentes à l’Assemblée. Mais il est également parfaitement possible, que certains partis politiques, remplissant les conditions quantitatives (nombre de députés ou pourcentage de suffrages aux dernières législatives) ne cherchent pas à y aller soit par stratégie politique purement conjoncturelle, soit parce que le contenu du décret d’application ne serait pas suffisamment attractif.
En guise de conclusion, nous dirons simplement que sans chercher à aller dans les détails dans l’analyse du statut de l’opposition tel qu’il est complété par le décret d’application pris par le Gouvernement, le 20 novembre 2008, nous avons essayer d’apporter quelques éléments de réponse aux deux questions fondamentales qui se posent actuellement. A notre humble avis, du fait de l’adoption du décret, rien ne risque de changer en ce qui concerne la contribution d’une éventuelle opposition à l’amélioration du fonctionnement de la démocratie béninoise. Cependant, il n’est pas exclu que quelques groupes de partis se déclarent de l’opposition, le cas échéant, beaucoup plus pour jouir des prérogatives prévues par le décret que pour véritablement jouer les rôles prescrits aux partis par le statut de l’opposition. C’est ce que nous croyons.

[Res Publica]
Mathias Hounkpè

Notes
1 Par statut de l’opposition, nous entendons dans la suite du présent papier la loi et son décret d’application.
 2 Partis   est utilisé dans ce papier  au sens aussi bien de partis que de groupes ou d’alliances de partis.
3  L’on pourrait ajouter les conseils communaux et municipaux,  mais  nous  ne  le  faisons pas  ici  pour  éviter  de   compliquer inutilement l’analyse.
4  Loi n° 007-2000/AN (JO n° 30 2000)  portant  statut de l’opposition politique au Burkina Faso.
5 Loi n° 95-073 portant statut des partis de l’opposition en République du Mali du 15 septembre 1995.
6  Ordonnance n° 99-60 du 20 décembre 1999.
7  Même au Bénin, qui peut imaginer  le  parti  communiste   du Bénin  et  n’importe  quel autre parti de l’échiquier politique national avoir un porte-parole unique ?
8 Et  c’est ce dernier (le chef de file de l’opposition) qui, au Burkina, prend  place  dans le protocole d’Etat lors des cérémonies et des réceptions officielles.

Source: La Croix du BENIN

 

50 ANS DE LA REPUBLIQUE DAHOMEENNE. Qui s’en rappelle?

Il y a cinquante ans, le 4 décembre 1958, les 60 membres de l’Assemblée territoriale de la colonie du Dahomey, élus le 31 mars 1957 en application de la loi n° 52-130 du 6 février 1952, ont adopté une loi dont la substance dit que l’Etat du Dahomey est une République.
Je vais à travers les lignes qui suivent rappeler brièvement les étapes ayant permis d’aboutir à cet important résultat une soixantaine d’années après la fin du royaume d’Abomey et la conquête de toutes les régions de l’actuelle République du Bénin par la France.

Le Conseil général du Dahomey
La création du Conseil général du Dahomey, embryon de la future Assemblée du territoire, fut décidée par la France au lendemain de la guerre de 1939-1945. De Gaulle, on s’en souvient, avait promis aux africains à la conférence franco-africaine de Brazzaville en janvier 1944, qu’ils seraient désormais associés à la gestion de leurs propres affaires.
Les membres du Conseil général du Dahomey avaient donc la charge de suivre la gestion du territoire et de définir, autant que faire se peut, les grandes lignes de l’avenir du pays. A l’issue de leur mandat, la situation changea positivement dans les colonies.

L’Assemblée territoriale du Dahomey
En 1952, la France fit preuve davantage de confiance aux Africains et les autorisa à se doter, chacun sur son territoire, d’une Assemblée détentrice de plus de pouvoir que le Conseil général. Après un premier mandat qui se déroula à la satisfaction des Africains et des Français, l’Assemblée territoriale du Dahomey fut renouvelée le 31 mars 1957.
La lutte pour gagner ces élections fut d’autant plus âpre que la loi du 23 juin 1956, dite loi-cadre Defferre, renforça les prérogatives des futurs élus. Ce fut à eux, en effet, que revenait le pouvoir de désigner les membres du conseil de gouvernement, c’est-à-dire, les ministres.
Par ailleurs, conformément à la même loi-cadre, les Assemblées territoriales en Afrique française pourront abroger ou modifier tout texte réglementaire régissant les matières entrant dans leurs attributions.
Le 28 septembre 1958, à la demande des responsables politiques français, les colonies africaines adoptèrent la nouvelle constitution française qui instituait la « communauté franco-africaine».

La République du Dahomey
Prenant acte du oui de la majorité des Dahoméens à la nouvelle constitution française, et se basant sur les articles 1er, 76 et 91 de celle-ci, les soixante membres de l’Assemblée territoriale du Dahomey ont adopté, le 4 décembre 1958, la délibération suivante :
Article 1er : « (…) L’Etat du Dahomey est une République (…) »
Article 2 : « A compter de la date  de la présente délibération, l’Assemblée territoriale est érigée en Assemblée nationale constituante ».
Désormais, les membres de l’Assemblée nationale constituante porteront le titre de députés. Le Conseil de gouvernement est devenu le Gouvernement provisoire de la République. Il prit le nom de Conseil des ministres et le président, celui de Premier ministre.
Ainsi commença une nouvelle expérience à laquelle les Dahoméens d’hier ont dû s’adapter et que les Béninois d’aujourd’hui doivent apprendre à maîtriser pour la survie de la République et pour la sécurité et le bien-être de chacun d’entre nous. Nous n’avons pas le droit de l’oublier.

Prof. Pierre G. Mêtinhoué

Assemblée territoriale de la colonie du Dahomey (1957-1959)

Abikanlou Idohou Bernardin
Adégbidi Aaron
Adelakoun Idohou
Agbo Toglossou Cyrille
Agbo Toglossou Etienne
Agbohoui Olivier
Agier Jean Maurice
Ahomadégbé Justin
Ahouanmènou Michel
Alassani Adam
Apithy Sourou Migan
Arouna Mama
Atégui Batcho Léonard
Bagri Pierre
Béhanzin Alexis
Bio Tchané
Biokou Salomon
Bohiki Christophe
Boni (El Hadj)
Chabi Mama
Chodaton Gilbert Salomon
Chodaton Jivèha Louis
Coovi Francis
Dangou Léopold
Darboux Paul
Dassi Sébastien
Djibodé Aplogan Valentin
Dossa Sévérin
Eouagnignon Nicolas
Essou Maurice Houénou
Fanou Nestor
Fidégnon Antoine
Glaglanon Gabriel
Gnonnou Robert
Imorou Samba Aboudou
Jossou Vincent
Kandissounon Jérôme Sabi
Kayossi Jean-Baptiste
Kounasso Marcellin
Laourou Idohou
Lozès Gabriel
Maga Hubert
Maurat Kissira
Mazou Tidjani Doumbani
Mensah Beauclair Antoine
Mourat Lafia
N’Koué Félicien
Nobimè Jean
Noudéhou Michel
Oké Assogba
Olou Boni Mamadou
Pinto Moreira Joseph
Quenum Maximilien
Sagbohan Josué
Sani-Agata Amzat
Suery N’Déry Séraphin
Vigan Raphael
Yahouédéhou Ignace
Yérima Pierre Yarou
Zocli Benoît



Devant un nouveau téléphone portable, on se demande : comment l’utiliser? Combien de personnes se demandent : pourquoi un portable? Pourquoi acheter des unités dans 4 portables sans avoir un toit sur la tête? Pourquoi avons-nous aujourd’hui sur le marché de clinquants mais éphémères Moto Djenanan et que nous n’avons plus les éternelles mobylettes AV 85? Pourquoi porte-t-on sous les tropiques une veste et une cravate comme tenue officielle? Pourquoi ne pouvons-nous pas nous passer du pain et du franc CFA (Colonie Française Africaine)? Pourquoi tant de Béninois excellent sous d’autres cieux et sont si médiocres au Bénin ? Pourquoi  on peut s’entre-tuer pour une erreur d’omission de nom et de préséance sur un «faire-part» ? Pourquoi les obsèques sont plus célébrées que la naissance et la vie? Pourquoi avons-nous l’art de commencer des initiatives et la fâcheuse tendance de ne pas aller aux produits finis? Pourquoi  ne  pouvons-nous pas dire  le  mot  «rigueur»   dans  nos langues locales et que dans ces mêmes langues, on mange  de la nourriture, la fête, la vie,  la dette et même la sorcellerie? Pourquoi? Je ne sais pas. Et je parie que vous ne savez pas non plus. Je veux dire, savoir de manière à imprimer un meilleur cours à nos vies individuelles et communautaires.                                                                                                                              
Mais je connais des gens qui sont supposés, non pas savoir nécessairement, mais nous enseigner à mieux poser ces questions qui vont au-delà de la question du comment. Des questions qui vont au-delà du fait que j’ai un portable en mains, des questions qui nous font faire le chemin au-delà de l’acquis, du donné, de l’établi. Ce sont les philosophes. Avec eux, nous devrions apprendre à bien penser, à mieux penser. Dans ce monde post-colonial, post-moderne, et peut-être bientôt post-libéral, nos sociétés et l’existence humaine ont besoin d’être repensées profondément, et  nous  devons  pouvoir compter sur les philosophes, non pas pour le faire pour nous, mais pour nous accompagner, bien qu’ils soient tout aussi englués dans  cette  condition  humaine en crise que nous tous.
Pendant tout le colloque international de philosophie sur «démocratie, culture et développement», j’ai passé le temps à écouter et à observer les philosophes, français, franco-colombien, ivoirien, guinéen, camerounais. J’ai observé combien leur propre subjectivité est profondément   marquée  par les particularités de leurs conditions post-coloniales. J’ai observé leur entrée en débat d’idées dans ce contexte interculturel. J’ai observé avec plus d’attention les Béninois. Chez les Béninois, professeurs d’université et de lycée, voici pêle-mêle des éléments d’observation qui méritent réflexion. La plupart ont de la passion pour la réflexion philosophique. A côté du travail méticuleux de certains, il y a chez d’autres la tentation à des slogans et aux diatribes, au détriment de la discipline dans la pensée. Certains invoquent des éléments de  nos  réalités endogènes comme des incantations, sans fidélité aux sources et sans argumentation. Les conditions de travail et de vie ne rendent pas évidente la capacité de renouvellement en connaissance bibliographique. Les droits d’aînesse émoussent le pétillement  de la jeunesse. Parfois, la production de soi le dispute en exhibition à l’ascèse de la recherche et du raisonnement. Les séquelles des années de la période révolutionnaire et de l’école nouvelle ne rendent pas justice à certaines bonnes volontés. C’était intéressant et saisissant d’entendre l’un de ces professeurs de philosophie dire : «trop de discours, que faut-il faire concrètement ?» Un autre de dire : «la démocratie est une perte de temps». Et un autre de conclure ultimement, péremptoirement et très sérieusement: «que tout prophète qui viendra annoncer un évangile autre que celui de Guda soit déclaré anathème !» Et si c’était là des indications, que j’espère non représentatives, mais indications tout de même  de la qualité de pensée de certains parmi les éducateurs en philosophie de la jeunesse de ce pays? Pour comprendre ce que nous disent et disent de nous les téléphones portables, les Djenanan, et les obsèques coûteuses, il faut une grande discipline de pensée. Et pour que nos philosophes nous y aident, ils ont d’abord besoin de se repenser eux-mêmes.

Abbé André S. Quenum

Source: La Croix du BENIN

novembre 28, 2008

Dilapidation des deniers publics au Palais de la Marina :Des millions perçus par Angélique Savané en 2008

La toute puissante responsable du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (Maep) pour le compte de la République du Bénin, Mme Angélique Marie Savané émarge effectivement au Budget national. Pour les bons et loyaux services rendus aux autorités au sommet de l’Etat, elle a été carrément greffée sur le budget de la présidence de la République.

Des indemnités de logement, d’abonnement pour pension et plusieurs autres primes. Mme Angélique Marie Savané qui a été désignée pour voir clair dans la gestion des deniers publics au Bénin et payée comme tel, émarge aussi au budget de notre pays qu’elle a reçu mission de contrôler. C’est ce qui ressort de la présentation du budget de la présidence à l’Assemblée nationale le mardi dernier. La toute puissante responsable du Maep pour le Bénin a pu se faire nommée rapidement conseillère spéciale du président Yayi Boni à l’indice 1100 acquis au 1er janvier 2008. A cause de son nouveau statut, Mme Angélique Marie Savané a un traitement indiciaire brut qui s’élève à 3 150 400 f cfa par mois depuis le 1er janvier 2008. Son abonnement mensuel à la pension revient 441 056 f cfa. Les frais mensuels de résidence qu’elle n’a pas au Bénin coûtent 315 040 f cfa au contribuable béninois. Un autre chapitre nommé indemnités diverses lui a été ouvert et est évalué à 1 545 000 f cfa tous les mois. Mme Angélique Marie Savané qui est déjà lourdement payée pour son travail en République du Bénin par les structures financières compétentes du Maep, perçoit malgré tout à la présidence de Cotonou une prime de sujétion 630 000 f cfa. Une autre ligne budgétaire due au logement a été ouverte pour elle par les chantres du Changement à hauteur de 180 000 f cfa. Le document présenté le mardi dernier au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo fait état d’un forfait mensuel de 240 000 f cfa qu’elle perçoit depuis le 1er janvier 2008, sans compter les frais mensuels d’eau qu’elle perçoit qui s’élève à 360 000 f cfa. Le téléphone payé par l’Etat béninois et qu’elle n’utilise pas, coûte 180 000 f cfa au pays tous les mois également. Un ensemble d’irrégularités qui préoccupent depuis le mardi dernier tous les députés à l’Assemblée nationale. La situation pose deux problèmes majeurs. La sénégalaise Angélique Marie Savané n’est pas salariée béninoise. Elle travaille pour une structure internationale qui la paye pour voir clair dans la gestion des fonds publics au Bénin. Mais, les autorités qu’elle est chargée de contrôler et payer en conséquence lui versent des fonds des salaires et indemnités mensuelles à des fins inavouées. Mais, ce n’est pas tout. Il y a le cas d’autres compatriotes qui sont déjà salariés ailleurs mais qui sont fortement greffés sur le budget de la présidence de la République. C ’est le cas du premier responsable de l’Agence d’exécution des travaux à haute intensité de main d’œuvre (Agetur) M Lambert Koty, du Secrétaire national de l’Agence de la francophonie Adrien Ahanhanzo Glélé et de plusieurs autres courtisans en activité au Palais de la Marina. Le premier a pratiquement les mêmes émoluments que Mme Angélique Marie Savané en dehors des millions qu’il touche à l’Agetur. Le tout bouillant Adrien Ahanhanzo Glélé connu pour ses prises de positions anti-corruption est aligné dans le budget de la présidence de la République au rang de ministre avec indice 1000. Ces révélations sont l’objet de grandes polémiques au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo. Toutes tendances confondues, les députés veulent en savoir plus et il paraît qu’une question d’actualité serait déjà en train d’être enrôlée pour interpeller le ministre des finances Soulé Mana Lawani et son collègue de l’évaluation de l’action publique Pascal Irénée Koupaki sur les raisons de ces énormes irrégularités en ces périodes de crise économiques graves. Les dispositions en cours pourraient, dit-on, remettre en cause la dernière évaluation par les pairs organisée par Dame Angélique Marie Savané dont les rapports douteux avec le pouvoir du Changement ne sauraient aboutir sur des résultats crédibles. Ci-joint une partie du rapport produit par le Palais de la présidence aux députés qui se préparent à contre attaquer.

Jean-Christophe Houngbo (Br. Ouémé/Plateau)

Prd dans l’opposition officielle dès aujourd’hui : « Une fausse alerte ! », selon Tidjani Serpos

Hier soir, dans presque toutes les rédactions de presse, une rumeur folle a fait état de ce que dès aujourd’hui, le Prd de Me Adrien Houngbédji va faire une déclaration officielle pour se conformer au décret portant statut de l’opposition qui vient d’être promulgué par le Chef de l’Etat.

Vers 22 heures 30 minutes, la rumeur était devenue persistante. C’est vrai que si cette information venait à être confirmée, elle n’étonnerait personne, vu les prises de position répétées des ténors de ce grand parti, face aux actions du gouvernement du Dr Boni Yayi.

Mais il ressort de nos recoupements qu’il s’est agi plutôt d’une fausse alerte pour « intoxiquer la population ». Joint au téléphone, à 22 heures 43 minutes, l’honorable député Ismaël Tidjani Serpos du Prd n’est pas allé par quatre chemins pour démentir formellement ces informations « mensongères ». « C’est vous qui m’informé maintenant.

Ce que vous dites n’est pas au programme », a indiqué l’élu Prd de la 5ème circonscription électorale. D’autres barrons du parti, interpellés sur le sujet, ont aussi abondé dans le même sens, estimant que « c’est une bombe lancée par les adversaires politiques pour déstabiliser le parti ».

C’est dire en clair que le Prd n’est pas encore prêt à aller dans l’opposition, même si d’aucuns estiment qu’il remplit toutes les conditions idoines.

Léonce HOUNGBADJI

Insécurité à Cotonou :Pseudo braquage au marché Dantokpa hier

Hier, jeudi 27 novembre 2008 aux environs de 18 heures, comme il y a une semaine, Dantokpa se croyait encore attaqué par des braqueurs dont la fusillade avait occasionné six morts, de nombreux blessés graves et une somme d’argent estimée à 400 millions Fcfa emportés. Mais cette fois-ci, pas de coups de feu, pas de blessés, pas de braquage. Juste une grande psychose et un mouvement général de panique savamment orchestrés par des voyous pour s’emparer des biens des commerçants.

Situation confuse et compliquée par des rumeurs d’un second braquage au marché Dantokpa hier jeudi 27 novembre 2008, vers 18 heures, aux cris de yédja ! yédja ! yédja ! qui signifie littéralement en français ils viennent, ils viennent, ils viennent. Les usagers ont commencé par courir dans tous les sens en rangeant leurs étalages ou en fermant leurs boutiques sans chercher à comprendre ou à vérifier. En effet ce sont des bandits qui, sciemment, ont choisi le coucher du soleil pour commencer par lancer dans la foule que des braqueurs sont encore là. Ils ont alors investi le marché de Dantokpa pour crier au retour des braqueurs. Selon eux, il y aurait un gang armé qui se dirige vers le marché de Cotonou pour opérer. Les voyous qui ont balancé cette fausse information ont même eu l’audace de décrire le véhicule à bord duquel les malfrats sont en train de se rendre dans le grand marché pour commettre leur forfait. Les tristes souvenirs du braquage du vendredi dernier, il y a une semaine jour pour jour, sont encore vivaces dans les esprits. Ce hold-up sanglant et mortel a occasionné six morts et des blessés graves. Les malfrats ont réussi à emporter une forte somme d’argent. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les usagers, paniqués ont pris leurs jambes au cou. Personne n’a envie de subir la situation que les victimes du 24 novembre dernier. C’est ce qui pourrait être interprété au sujet de la psychose qui s’est installée subitement. Entre débandade et trouille, les usagers du marché ont vidé en un clin d’œil les emplacements. Il fallait créer ce mouvement de panique et cette situation de remue-ménage pour se ruer sur les articles des commerçants. Tel est l’objectif des bandits de Dantokpa. Mais les inspirateurs de ce plan n’ont pas eu gain de cause. Aussitôt alertée, la police nationale et particulièrement le commissariat du marché s’est dépêchée sur les lieux. Elle a quadrillé le terrain avant de se rendre compte que c’était des rumeurs avancées. Dans la foulée, toutes les personnes surprises avec des colis chargé sur la tête ou sous les bras sont interpellées pour éviter que ces bandits n’emportent pas les articles des commerçants. De sources policières, aucune perte n’a été encore déclarée. Il y avait plus de peur que de mal.

Fidèle Nanga

Université de vacances des « G » et « Force clé » : La théorie de l’apocalypse

Les forces politiques réunies au sein des « G » et « Force clé » se regroupent dès ce jour dans le cadre d’une université de vacance. Une occasion qui va leur permettre de réfléchir sur la politique nationale afin de dire leurs appréhensions de la gestion du pouvoir par le gouvernement du changement.

Mais des informations de plous en plus persistantes font état de ce que les ténors de ce groupe sont partis pour peindre un tableau peu reluisant de l’état actuel du pays afin d’alarmer le peuple. Mais c’est oublier que le pays sort d’un gouffre occasionné par ceux qui crient aujourd’hui haro sur le baudet.

La stratégie des forces politiques qui se sont donné rendez-vous à Bohicon semble se dessiner au regard des spots publicitaires qu’elles ont lancé sur les médias dans la journée d’hier. Tout fait croire que les indicateurs économiques du pays sont au rouge et que la crise socio-politique a atteint son paroxysme. Lorsqu’on fait une lecture minutieuse de la stratégie qui est en train d’être mise en œuvre, on comprend que l’intention est de montrer à la population que la situation actuelle est comparable à celle de la veille de la conférence nationale et qu’il faut dans ces conditions passer à un genre de « conférence nationale ».

Mais cet exercice qui semble effleurer les idées des « G » et « Force clé » ne reflète pas forcément la réalité actuelle du pays. A moins qu’on soit amnésique, il est aisé de comprendre que le Bénin à la veille de l’arrivée du gouvernement du changement n’était pas à son niveau économique actuel et qu’il a fallu des efforts pour être à cette étape même si d’autres efforts restent à fournir dans maints domaines.

Dresser le bilan d’un régime à mi-parcours de son chemin n’est pas mal en soi mais il convient ici de faire des rapprochements et les comparaisons possibles pour se rendre à l’évidence que des efforts ont été véritablement fournis. Dire aujourd’hui à travers une démarche alarmante et faire croire au peuple que le gouvernement du changement n’a rien fait, c’est faire preuve d’une myopie intellectuelle tout en refusant de voir la réalité en face.

Ce qui est essentiel est que le peuple même s’il est analphabète à un taux élevé peut arriver à comprendre que la vie sous le changement n’est pas pour autant un calvaire tel qu’on peut le faire croire. Quand on écarte la crise économique internationale qui a secoué la quasi-totalité des pays sous-développés, on comprend toutefois que des efforts unanimement reconnus par des instances internationales sont en train d’être fournis. Tout compte fait le grand jeu revient au peuple béninois

Luc AGBELAGNON

L’honorable Wallis Zoumarou à propos de sa démission de la majorité présidentielle :« J’ai démissionné du groupe parlementaire mais je suis toujours Fcbe »

Le député démissionnaire du groupe parlementaire Bénin émergent gouvernance concertée Mamoudou Wallis Zoumarou de retour de France où il était hospitalisé s’est prêté aux questions relatives aux raisons de cette démission et sur la crise politique nationale. Pour l’honorable bien qu’il a quitté le groupe de la majorité présidentielle, il demeure toujours membres des fcbe. Et, il faut privilégier le dialogue pour mettre fin à cette crise, a-t-il indiqué dans cette interview que nous proposons. Le Matinal : Le 12 novembre dernier, vous avez démissionné du groupe parlementaire Bénin émergent et gouvernance concertée. Est-ce qu’on peut savoir les raisons ?

Wallis Zoumarou : Pour prendre une telle décision, il y a toujours des mobiles. Nos groupes parlementaires n’ont vraiment pas de programme de travail. Je ne sais même pas si c’est nécessaire d’avoir un groupe parlementaire surtout du côté Fcbe. On ne se voit pas, on ne se réunit que lorsqu’il y a des intérêts. Et là encore, c’est au niveau du bureau que tout se passe. Les autres membres ne sont informés que par la suite. A voir mon âge et mon rang politique je ne peux pas être dans un tel groupe. Je ne suis pas à l’Assemblée pour le simple plaisir, je crois plutôt que j’ai un rôle à jouer et c’est pour ça que j’ai vu en face de moi un autre groupe plus dynamique qui semble plus politique, qui s’occupe des questions politiques. Ils ont un esprit critique alors que nous on acclame tout. Moi je suis à la limite un peu contestataire. C’est pourquoi, je ne peux pas m’accommoder avec un groupe qui est là tout juste pour recevoir quelques avantages. Je crois qu’on est là pour discuter, pour critiquer, pour apporter des contributions. Par exemple moi, je ne l’ai jamais demandé, je fais partie des plus anciens, des plus expérimentés de ce parlement. Normalement j’ai un parti politique depuis plus de 20 ans, 30 ans. Donc si on devait nommer quelqu’un comme président de groupe parlementaire, je crois que nous remplissons ces critères-là. Non, ce n’est pas ces critères qui ont prévalu. On dit bon ! Vous êtes de la Donga, quelqu’un de la Donga a déjà un poste, il faut le donner à quelqu’un d’autre, etc. etc. Et nous, on nous a garé entre temps, feu Ambibola est décédé et je fais partie de son groupe parlementaire. Ils ont tenu une réunion et ont décidé que j’assure son intérim. Depuis 3 mois, je suis toujours intérimaire. Je tombe malade et ils profitent de mon absence au pays pour organiser une réunion et nommer un autre président. Je ne suis même pas informé. Je crois qu’il y a tout cela qui justifie ma démission et celle d’aller faire une autre expérience ailleurs.

Certaines personnes disent par contre que vous avez démission parce que le dossier sur votre domicile qui a été saccagé à Sèmèrè n’a pas reçu un avis favorable du gouvernement

C’est vrai que ce dossier fait partie des griefs que j’ai contre notre groupe, et la famille politique à laquelle j’appartiens puisque c’est quand même un dossier assez douloureux pour moi et pour ma famille. Et tout le monde sait que le dossier a suivi tout le cheminement légal. Le conseil des ministres a décidé de me dédommager ; encore qu’ils ne m’ont pas encore concédé la totalité de ce que nous avons demandé. En principe si on me dédommage c’est pour que j’aille réparer ma maison, pour que je retrouve ma dignité. Ce qu’on me remet aujourd’hui, ça fait 10 ans. Si l’on tient compte de l’inflation ça ne représente rien. Et c’est là-dessus qu’on trouve que c’est trop. On est dans un contexte où il faut que je propose. Moi, je ne sais pas proposer les choses du genre. C’est le rôle du gouvernement de décider s’ils veulent me donner zéro franc, ils donnent zéro franc. S’ils veulent respecter la décision du conseil des ministres, ils le respectent et me donnent ce que le conseil a décidé. Si je décide d’aller ailleurs, ce n’est pas moins bon que d’être ici surtout que là-bas je peux m’exprimer comme je vous l’ai dit.

Etes- vous toujours membre des Fcbe ?

J’ai dit que j’ai quitté « gouvernance concertée ». C’est le groupe que j’ai quitté. J’ai démissionné du groupe, je n’ai pas dit que j’ai démissionné des Fcbe. Je suis allé au G13 qui est de la majorité présidentielle. Donc, si je suis au G13, je soutiens le président. Ce que je change, c’est la manière de parler, le langage. Je crois que ça correspond à mon tempérament.

Comment pensez-vous qu’on peut régler la crise politique que traverse notre pays ?

Ceux qui devraient gérer cette situation dès le départ, l’ont laissée pourrir. Les gens soulevaient un certain nombre de préoccupations mais nous sommes dans un régime démocratique. L’instrument de travail, c’est le dialogue, c’est la négociation. Avant qu’on ne soit président du Parlement, Fcbe n’avait que 35 députés. Avec ce nombre on ne pouvait pas mettre en place le bureau. On a dû négocier pour aller jusqu’à 43. Après on passe de 43 à 35. Qu’est ce que nous avons fait pour aller à 35 ? Il faut faire la même chose pour aller encore à 43. Je crois qu’il faut négocier. Et une négociation sincère. Faire du fifty-fifty car, quand vous avez votre intérêt en face, vous n’êtes pas intelligent que l’autre.

Propos recueillis par Boubacar Boni Biao

(Le Matinal)

Inquiet pour leur avenir : Les travailleurs de la Sonapra bloquent l’installation du nouveau Dg

Le nouveau Directeur général de la Sonapra, Idrissou Sina Gounou, n’a pu être investi, hier, dans ses nouvelles fonctions. Les travailleurs de la Société nationale pour la promotion agricole ont opposé un blocage systématique à la cérémonie d’installation officielle du Dg nommé par le chef de l’Etat. Motif évoqué par les manifestants, ils veulent voir clair dans leur situation surtout que la gestion de l’or blanc (coton) relève désormais des attributions de la Sodéco.

La situation était confuse, hier, dans les locaux de la Sonapra. Le directeur sortant, Nicaise Fagnon, le directeur entrant, Idrissou Sina Gounou et les travailleurs n’ont pu accorder leurs violons autour de l’organisation parfaite et sans anicroche de la cérémonie de passation de service et de l’installation du nouveau directeur général nommé par le chef de l’Etat, le président Thomas Boni Yayi. Et pour cause, les travailleurs de la Société nationale pour la promotion agricole (Sonapra) exigent qu’on les situe sur leur statut. Ils ont fait de la satisfaction de cette doléance la condition sine qua non pour l’organisation effective de la cérémonie d’installation prévue pour hier jeudi. En effet, avec la décision du gouvernement qui confie désormais l’outil industriel de la Sonapra à la Sodéco, les travailleurs restent confus par rapport à leur structure de tutelle. « Est-ce la Sonapra ou la Sodéco ? », se sont-ils interrogés surtout qu’il est question de la gestion de leur carrière professionnelle. Les nombreuses démarches entreprises sur place par les directeurs sortant et entrant pour calmer les manifestants ont été vaines. Les travailleurs tiennent à ce qu’on clarifie la situation avant l’installation du nouveau Dg. Au vu de la résistance des travailleurs, Nicaise Fagnon et Idrissou Sina Gounou ont cherché à discuter avec le représentant des travailleurs afin de calmer la tension. Mais rien n’y fit. Ils sont restés campés sur leur position. Toutes les tentatives ont été vaines. Au finish, la cérémonie a été reportée pour, a-t-on appris, ce jour. Les deux directeurs entendent donc profiter de la soirée pour convaincre les travailleurs sur les bonnes intentions du gouvernement. Beaucoup se demandent alors si la rencontre d’aujourd’hui sera la bonne.

Décision du conseil des ministres : Le prix des hydrocarbures revu à la baisse

Le Conseil des Ministres en sa séance du mercredi 27 novembre a fixé les nouveaux prix des produits pétroliers. Il est constaté une baisse au niveau des prix par rapport à ceux fixés en novembre. Par ailleurs, l’ancien Ministre de la culture Soumanou Toléba est nommé conseiller spécial du Chef de l’Etat à la culture, au tourisme et à l’artisanat. D’autres décisions ont été également prises.

C O M M U N I Q U N° 41/PR/SGG/Com.

Le Conseil des Ministres s’est réuni en séance ordinaire le mercredi 26 novembre 2008.

Au début de la séance, le Chef de l’Etat a fait observer une minute de silence à la mémoire de feus :

- Vincent Makin KOUGBADI, Inspecteur de l’Enseignement Primaire à la retraite, décédé le 09 octobre 2008 ;

- Antoine Marc SETONDJI, vétérinaire à la retraite, père de Monsieur Hippolyte Flavien, Chef de la Cellule chargée des Relations avec les Députés, ancien Commissaire du Peuple, décédé le 12 novembre 2008 ;

- Déogratias ODELOUI, Instituteur à la retraite, ancien Maire de l’ex Commune Urbaine de Kétou, décédé le 08 novembre 2008 ;

- Antoine Toussaint LAGNIDE, ancien Chef d’Entreprise, père de Monsieur Christian Enock LAGNIDE, ancien Ministre de la Jeunesse et des Sports, et Chef d’Entreprise, décédé le 15 novembre 2008 ;

- Marin-Pêcheur Hoaon Agondja Abraham AHOUANSOU ANANIVI-CLAN, père de Messieurs Léon Koffi AHOUANSOU ANANI-CLAN, Officier de Paix de la Police Nationale, Bernard AHOUANSOU, en service au Ministère de l’Enseignement Secondaire et de la Formation Technique et Professionnelle, et beau-père de Monsieur Jean DJOSSOU, Président Directeur Général de la Société Nouvelle Presse Industries Graphiques, décédé le 24 octobre 2008.

Au cours de ladite séance, le Conseil des Ministres a adopté plusieurs projets de décrets, notamment :

- le projet de Décret portant transmission à l’Assemblée Nationale, pour autorisation de ratification, de l’Accord de financement additionnel signé avec l’Association Internationale de Développement dans le cadre du Second Projet de Gestion Urbaine Décentralisée ;

- le projet de Décret portant transmission à l’Assemblée Nationale du projet de loi de règlement définitif du budget de l’Etat, gestion 2003.

Le Conseil des Ministres a également examiné et approuvé au cours de sa séance :

- un compte rendu du Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique relatif à la réunion d’experts sectoriels sur l’institution d’une politique commune de l’UEMOA dans le domaine de la circulation et du séjour des personnes non ressortissantes de l’Union, qui a eu lieu à Ouagadougou, du 26 au 29 août 2008 ;

- un compte rendu du Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche relatif aux négociations de l’Accord de prêt avec le Fonds Africain de Développement (FAD) dans le cadre du financement du Projet d’Appui aux Filières Lait et Viande ;

- un compte rendu du Ministre de l’Economie et des Finances au sujet de la réunion des Ministres des Finances de la Zone Franc, tenue à Paris, les 06 et 07 octobre 2008 ;

- un compte rendu du Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique relatif aux trois (03) missions effectuées au Bénin par une délégation de l’UNESCO en juin et juillet 2008 ;

-  un compte rendu du Ministre du Commerce relatif aux travaux de la Commission d’Ajustement des prix des produits pétroliers au titre du mois de novembre 2008.

En approuvant les résultats de ces travaux, le Conseil des Ministres a fixé ainsi qu’il suit les prix des produits pétroliers valables à partir du 1er décembre 2008 :

- essence : 485 F/ le litre

- pétrole : 375 F/ le litre

- gasoil : 485 F/ le litre

- mélange à deux temps : 565 F/ le litre

- gaz domestique : 500 F/ le kg.

Il en résulte que par rapport au mois de novembre 2008, les prix de tous les produits pétroliers ont enregistré une baisse sensible.

Toujours au cours de la séance, le Ministre Chargé des Relations avec les Institutions a fait au Conseil des Ministres, le compte rendu des préparatifs du dialogue national prévu pour les 27 et 28 novembre 2008.

Il en ressort que suite aux diverses consultations entreprises, les différents acteurs politiques et sociaux ont marqué leur accord pour le principe de la tenue d’un tel forum d’échange dont ils ont unanimement reconnu la pertinence et l’opportunité.

En approuvant ladite communication, le Conseil des Ministres, à la demande du « Collectif des Partis Politiques, de G13, G4 et Force Clé » a décidé du report de la tenue des journées du dialogue national à une date ultérieure pour garantir de meilleures chances de réussite à cette initiative gouvernementale grâce à une préparation plus approfondie et plus participative impliquant les représentants des forces politiques du pays.

Dans ce cadre, des instructions ont été donc données au Ministre Chargé des Relations avec les Institutions pour poursuivre les consultations afin de mettre très rapidement en place un Comité paritaire composé des Représentants des Partis Politiques et de ceux du Gouvernement pour discuter des modalités pratiques de ce dialogue national.

Le Gouvernement tient à remercier toute la classe politique pour sa disponibilité et son intérêt pour les échanges qu’il souhaite fructueux pour la promotion de notre Démocratie.

Le Conseil des Ministres a autorisé au cours de sa réunion :

- l’organisation à Cotonou, du 03 au 12 décembre 2008, du XIIème séminaire international du Groupe Inter Africain de Recherche en analyse, géométrie et applications ;

- l’organisation à Ouidah de la fête « GLEXWE-XWE METON WE GNI METON », édition 2008, du 06 au 13 décembre 2008 ;

- le séjour au Bénin, du 29 novembre au 06 décembre 2008, d’une délégation du Département Botswanais de lutte contre la corruption et les crimes économiques ;

- la célébration au Bénin, le 1er décembre 2008, de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA, édition 2008.

Enfin, sur proposition du Président de la République, Monsieur Soumanou SEÏBOU TOLEBA est nommé Conseiller Spécial à la Culture, au Tourisme et à l’Artisanat.

Cotonou, le 26 novembre 2008

Le Premier Secrétaire Général Adjoint du Gouvernement,

Ibraïma SOULEMANE.-

Université de vacances : Que projettent les G et F à Bohicon ?

Le collectif des partis politiques du G13, G4 et Force Clé se retrouvent à Bohicon, dès ce jour, pour des journées de réflexion sur la crise politique nationale. Selon les indiscrétions, ces formations politiques réservent bien des surprises à l’issue de leurs échanges. Certaines sources bien informées renseignent déjà que le Prd se prépare à faire une déclaration à la fin des assises.

Que peut-on attendre de cette Université de vacances du collectif des partis politiques du G13, G4 et Force Clé ? C’est la question qu’on se pose ce jour où démarre à Bohicon, le conclave entre ces formations politiques qui, au départ, n’ont pas les mêmes objectifs, encore moins les mêmes aspirations politiques. Le collectif dont il s’agit ici est un groupe hétéroclite dans lequel, les différentes formations politiques ont des opinions diverses et des enjeux divers. Au sein du G13, il y a les députés dissidents des Fcbe, qui se réclament toujours de la majorité présidentielle, mais se donnent la liberté de porter un regard critique sur les actions du pouvoir. Visiblement et à en croire les déclarations de ces députés, ils sont toujours prêts à collaborer avec le Chef de l’Etat pour des actions futures. Le parti Force Clé reste presque neutre. Sans se prévaloir de la majorité présidentielle ni d’une opposition qui ne dit pas son nom, l’honorable Lazare Sèhouéto travaille à enraciner son parti et l’impose désormais sur l’échiquier politique national. Il est presque impossible aujourd’hui de parler des partis politiques au Bénin sans citer Force Clé. Il serait certainement dans la dynamique de donner une base solide à son parti pour des résultats futurs meilleurs aux précédents. Au sein du G4, c’est un ensemble de quatre partis politiques que certains appellent « la vieille garde politique ». Il s’agit du Parti Social Démocrate (Psd) de Bruno Amoussou, de la Renaissance du Bénin du président Nicéphore Soglo, du Mouvement Africain pour la Démocratie et le Progrès (Madep) de l’honorable Séfou Fagbohoun et du Parti du Renouveau Démocratique de Me Adrien Houngbédji. Le gros nœud du problème se situe au sein de ce regroupement du G4. Chacun des partis le composant ont à ce jour, des objectifs différents pour les échéances de 2011. Au Psd, le leader charismatique Bruno Amoussou étant frappé par le critère d’âge, n’a pas de potentiel candidat pour la présidentielle de 2011. C’est un parti qui cherchera à faire chemin avec le cheval gagnant pour son existence. Le Madep de l’honorable Fagbohoun, quoi qu’on dise aujourd’hui, collabore avec le pouvoir en place à travers ses deux représentants au sein du gouvernement, même si sur la question, le parti semble divisé. Le cas de la Rb reste une question de principe : le potentiel candidat de ce parti en 2011, Léhady Soglo, a tout intérêt à rester dans une position de collaborateur, pour espérer rogner plus tard, dans l’électorat de l’actuel président de la République. L’enjeu pour ce parti serait de préparer l’échéance présidentielle de 2016, tout en affutant ses armes en 2011. Il reste le Parti du Renouveau Démocratique (Prd) de Me Houngbédji qui joue sa dernière carte politique en 2011, et n’est donc pas dans la même logique que ses alliés politiques d’aujourd’hui. Toujours est-il que les partis du G4 restent encore solidaires dans leurs actions et déclarations. Voici un peu peint, le tableau des forces politiques qui se retrouvent demain pour des journées de réflexion commune. Il faut dire que ce conclave vient à un moment où la vie politique béninoise tourne une nouvelle page de son histoire à travers le décret d’application de la loi portant statut de l’opposition qui vient mettre fin à une polémique de vieille date.

Que peut-on attendre de la rencontre de Bohicon ?

Les dés sont jetés depuis quelques jours du côté du gouvernement par rapport à la loi portant statut de l’opposition en République du Bénin. Le gouvernement du Président Boni Yayi a posé l’acte salutaire dans la clarification des positions des partis politiques et dans la résolution de la crise entre opposition et mouvance présidentielle. Juste après la prise du décret portant modalités d’application de la loi 2001-36 du 14 octobre 2002 portant statut de l’opposition, certaines bouches véhiculaient déjà, entre autres, la déclaration officielle du parti de Me Adrien Houngbédji comme parti de l’opposition. C’est le seul parti remplissant les conditions prévues par le décret d’application de la loi et qui n’a jamais collaboré avec le pouvoir en place contrairement à ses alliés politiques du G4. Il est vrai qu’en déhors du Prd, les prises de position de certains partis et regroupements politiques faisaient entrevoir à travers la rencontre de Bohicon, une séance de réaffirmation des positions par rapport à l’ambiance politique dans le pays. Mais après les échanges des différents leaders politiques avec le Chef de l’Etat juste après la prise du décret et dans le cadre de la décrispation politique, on se demande si ces entretiens ne vont pas moduler la position des uns et des autres en attendant le dialogue politique initié par le gouvernement. Mais de sources bien informées, on apprend que le Prd n’attendra plus longtemps et se prépare déjà à faire sa déclaration d’opposition à la fin des assises de Bohicon. Plusieurs raisons pourraient motiver ce parti à aller dans cette direction. Le décret d’application de la loi prescrit des critères que tous les partis ne remplissent pas, du moins pour l’heure. Il se dégage, à la date d’aujourd’hui, que le seul parti remplissant les conditions décrites par le décret est le Prd de Me Adrien Houngbédji. Va-t-il profiter du fait que son parti remplit les conditions pour se désolidariser des autres ou choisira-t-il d’attendre le dialogue politique dont il approuve l’opportunité ? Les jours à venir nous en diront plus.

Presse : deux étoiles dans un ciel d’orage

Qu’ils soient salués d’un triple ban par toute la presse nationale debout. Deux de nos confrères journalistes viennent de porter haut levée la bannière d’une profession qui commence à montrer des signes d’un essoufflement inquiétant. D’une part, Larisse Houssou, du quotidien « Le Progrès » Il est lauréat du Grand Prix Natali 2008, se distinguant comme le meilleur des dix-sept journalistes primés, parmi plus de 1 500 candidats issus de 150 pays. D’autre part, Virgil Houessou, du quotidien « L’Evénement Précis ». Il est doublement titré avec le prix de l’Union des journalistes de l’Afrique de l’Ouest (UJAO) et le Prix des droits de l’Homme RFI-RSF-OIF

Larisse Houssou a retenu l’attention du jury avec un reportage sur la tragédie des enfants du Darfour, ces adolescents brutalement projetés dans l’univers hallucinant et impitoyable de la guerre. Quant à Virgil Houessou, il a été primé pour un dossier consacré à l’éducation dans le secteur public au Bénin et pour un article sur les « bébés prisonniers à l’hôpital ».

Ne boudons pas notre plaisir : Larisse Houssou et Virgil Houessou, par les Prix prestigieux qui viennent de couronner leurs efforts, donnent la preuve de leur capacité professionnelle, honorent les organes de presse qui les emploient, distinguent leur corps de métier, signalent, enfin, à l’attention universelle, le Bénin, leur pays.

Nos deux confrères, qui brillent désormais comme deux étoiles au firmamen,t ne seraient-ils pas la partie visible de notre presse qui, tel un immense iceberg, cache dans les profondeurs des eaux ses faiblesses et ses lacunes, ses insuffisances et ses tares, ses contre-performances et ses dysfonctionnements ?

L’état général de santé de la presse nationale n’est pas bon. Il peut difficilement en être autrement avec un Bénin qui continue de dégringoler au classement annuel de Reporters sans Frontières, au titre et sur le chapitre de la liberté d’expression. Un droit fondamental qu’on peut difficilement garantir, défendre dans un contexte de forte politisation de la presse partagée qu’elle est entre les exigences de l’information du public et les obligations contractuelles de communication avec le gouvernement. Ne parlons pas des journaux pirates qui apparaissent et paraissent tous les jours, envahissants et encombrants, telles des jacinthes d’eau. Une certaine presse de tirailleurs s’active ainsi à faire feu de tout bois, à tirer sur tout ce qui bouge, en marchant royalement sur les règles et les principes de déontologie et d’éthique.

Doit-on alors soutenir, au regard de ces faits qui nous éloignent de l’excellence, dégradent et balafrent notre profession, que Larisse Houssou et Virgil Houessou ne sont que des fruits du hasard, des fruits fortuitement tombés dans un champ d’ivraie ? Il convient de retenir comme une vérité qu’on n’est jamais le meilleur par hasard. L’atteste éloquemment, dans le cas d’espèce, le niveau des compétitions dans lesquelles nos deux confrères se sont brillamment distingués. Le prouve à suffisance l’échelle à la quelle se situe l’exploit réalisé par chacun d’eux et qui les situe, au plan international, comme les meilleurs parmi les meilleurs. Ce n’est pas parce que la presse tousse que tous ses animateurs devraient avoir le rhume.

Il convient ainsi de reconnaître à l’individu sa place et sa part dans toute communauté humaine. La Presse, plus que toutes autres activités, est à décliner, essentiellement, au singulier. En ce que la presse est essentiellement une profession d’individus. Des individus qui ont un visage, qui signent leurs réalisations, qui assument leurs idées, qui brillent de leur talent…même s’ils doivent, par ailleurs, travailler en équipe, dans le cadre d’une division du travail stricte. Le journaliste le plus compétent est toujours redevable de quelque chose à quelqu’un.

La brillance de nos deux confrères dans le champ terne de la presse nationale a au moins le mérite de nous rappeler nos batailles essentielles. Celles qui nous aideraient, si nous savions les conduire à bon port, de compter en nos rangs des centaines de Larisse Houssou et de Virgil Houessou.

C’est, d’une part, la bataille de l’entreprise de presse, pour transformer nos différentes entités professionnelles en de véritables entreprises génératrices de revenus, créatrices de richesses, toutes choses à comptabiliser comme la plus-value de la presse à l’économie nationale. C’est, d’autre part, la bataille de la spécialisation, pour apporter dans nos différentes rédactions ainsi que dans nos différentes élaborations journalistiques le poids d’une expertise certaine, la qualité d’un travail irréprochable. C’est, enfin, la bataille en faveur d’une image sociale valorisée et respectée du professionnel de la presse, à mettre dans des conditions de travail et de vie qui l’aident à croire en lui-même, lui inspirant la fierté d’être et de rester, partout et en tout, un honnête citoyen.

Jérôme Carlos
La chronique du jour du 28 novembre 2008

novembre 27, 2008

Il était une fois, Mathieu Kérékou

A quoi peut servir un ancien Président de la République ? Au Bénin, nous avons des anciens Présidents de la République qui sont loin de chômer. Le Président Nicéphore Soglo, après avoir tenu le haut du pavé au sommet de l’Etat, a choisi de descendre à la base, dans le cadre de notre expérience de décentralisation. Il est, depuis, le Maire de Cotonou, notre capitale économique. Le Président Emile Derlin Zinsou, malgré le grand âge, 90 ans accomplis, a bon pied bon œil pour être de toutes les concertations et répondre présent partout où se joue l’avenir de son pays

Mais c’est du Général Président Mathieu Kérékou que nous voulons tout particulièrement parlé, lui qui a accepté de jouer les facilitateurs en conduisant, le lundi 24 novembre 2008, une délégation du G13 au Palais de la Présidence de la République, dans la cadre de la recherche d’une solution à la crise politique que connaît actuellement notre pays.

Cette action projette du coup à l’avant-scène le patriarche de Kuarfa, le Président qui bat le record de longévité à la tête de l’Etat béninois. Il a de chauds partisans et sympathisants, tout comme il doit compter avec d’indécrottables contempteurs et contradicteurs. Toutes proportions gardées, Dieu lui-même ne fait pas l’unanimité en son paradis.

Il reste que le manteau de facilitateur que Mathieu Kérékou vient d’arborer, dans le souci d’aider à renouer le fil du dialogue entre le pouvoir et le G 13, ne l’honore pas peu. Cela nous donne l’occasion, en regardant dans la direction des plus jeunes qui ne connaissent pas pour la plupart l’histoire de notre pays, de rappeler quelques faits majeurs par lesquels le général Président s’est illustré, des faits qui marqueront, sinon la mémoire de ses compatriotes, mais la mémoire du temps.

D’abord, Mathieu Kérékou, aura été, en son corps défendant, l’accoucheur du renouveau démocratique. Car la Conférence nationale souveraine de février 1990, la première jamais tenue sur notre continent, aurait pu être, au mieux, une symphonie inachevée, au pire, un cauchemar. L’homme était acculé. On ne lui demandait pas moins de sortir de scène, de faire son baluchon, après dix-sept ans d’un règne sans partage et de débarrasser le plancher sans autre forme de procès. Mathieu Kérékou s’exécuta, certifiant qu’il avait entendu l’appel pressant au changement de son peuple.

Ensuite, Mathieu Kérékou perdit les élections de 1991 et partit sans demander son reste. Il eut le courage et l’humilité, derrière les filaos de sa maison de fonction, de se refaire à la vie ordinaire d’un citoyen ordinaire. Le culte de la personnalité du régime socialo communiste qui l’avait alors consacré « Grand Camarade de lutte », dans la lignée des Fidel Castro et autres épigones du marxisme-léninisme de l’époque, ne l’avait pas obnubilé au point de l’empêcher de descendre du piédestal où il fut hissé. Il retrouva, au milieu des siens, la vie simple d’un homme qui a su simplement se reconvertir à une vie nouvelle.

Mathieu Kérékou, ce fut cet homme qui rempila en 1996, après s’être fait élire démocratiquement, avec les suffrages du peuple, alors qu’il était entré en politique, la première fois, à la faveur d’un coup d’Etat militaire en 1972, avec les armes du peuple. Retour inattendu de l’ancien révolutionnaire à l’avant-scène. Retour marqué d’actes mémorables et d’une portée symbolique sans pareille. Les Béninois en ont-ils saisi le sens, en ont-ils moissonné les enseignements ? Mathieu Kérékou, revenu au pouvoir, associa à son administration, dans un esprit de grande tolérance, ses pires adversaires d’hier. Emile Derlin Zinsou, Gratien Pognon, deux de ses anciens conseillers, n’étaient que deux des cerveaux pensants de l’action militaire du 16 janvier 1977 alors dirigée, depuis l’extérieur, contre son régime.

Enfin, en 2006, Mathieu Kérékou, après deux mandats, se retira, comme en disposait la constitution, de la scène politique. Fut-il tenté de jouer les prolongations au pouvoir et de tripatouiller, pour ce faire, la constitution ? C’est bien possible. Mais l’histoire ne s’écrit pas à partir des intentions des acteurs. Elle retient les actes que les hommes posent. Mathieu Kékérou partit. La constitution fut respectée en sa lettre et en son esprit. Il n’y aura pas de gomme pour effacer ce qui a désormais valeur d’exemple.

Jérôme Carlos
La chronique du jour du 26 novembre 2008

Opposition : cadeau empoisonné ou don du ciel ?

Goebbels, un des fidèles lieutenants de Hitler disait : « Quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver ! ». Beaucoup d’hommes politiques africains en général, d’hommes politiques béninois en particulier, doivent certainement être dans le même état d’esprit et montrer le même comportement que l’officier nazi quand ils entendent le mot opposition. Tout se passe comme s’ils préféraient être au pouvoir ou composer avec le pouvoir que d’être dans l’opposition ou que de passer pour des opposants.

La loi relative au statut de l’opposition, adoptée depuis 2002, n’est entrée en vigueur que la semaine dernière avec la prise du décret d’application de celle-ci. Il y a gros à parier qu’on ne se précipitera pas pour aller s’afficher ou s’enregistrer opposant. Avec la volonté de s’opposer et d’être ainsi pour le gouvernement l’œil de la conscience, celui-là qui était dans la tombe et regardait Caïn, l’assassin de son frère, Abel.

Pourquoi en est-il ainsi sous nos cieux, alors qu’ailleurs, il n’est de vie démocratique digne de ce nom sans une opposition qui s’oppose ? Il y a, à cela, une première raison dont découlent toutes les autres. Le pouvoir, sous nos latitudes, est totalitaire par nature, en ce que celui qui est au pouvoir est tenté de tout prendre, de tout envahir. Il régente tout, contrôle tout. Il occupe tout l’espace, sans concéder la moindre parcelle de quoi que ce soit à qui que ce soit. L’alternative est claire : ou l’on est avec moi ou l’on est contre moi et celui qui est contre moi, est mon ennemi. ».

Cette conception totalitaire du pouvoir révèle les graves travers qui gangrènent la politique dans nos pays, davantage vue comme la rivière où l’on va boire pour étancher sa soif, ou la mangeoire où l’on va calmer sa faim. La transhumance est l’un des enfants bâtards d’une telle pratique. Dès lors, chacun est tenu de se battre dur, en jouant ferme des coudes pour accéder à sa pitance et au précieux liquide. La politique, dans ces conditions, devient un jeu de survie. C’est une question de vie ou de mort. Il faut se débrouiller pour se trouver au bon endroit, au bon moment, pour faire de bonnes affaires.

Le mot vient ainsi d’être lâché. Oui, « affaires », car la politique sous nos cieux, c’est moins s’engager pour servir que s’engager pour se servir. On comprend ainsi que ceux qui courent tous dans la même direction, sauf à se bousculer un peu, ne s’opposent pas vraiment. Qui est fou pour laisser la proie pour l’ombre ? Au nom de qui ? Au nom du peuple ?

Il se trouve, du reste, que le peuple lui-même, ou plus précisément ce que l’on veut bien tenir pour tel, agit comme un puissant facteur de disqualification et d’étouffement de toute idée d’opposition. Si, comme nous l’avons montré, celui qui n’est pas avec le pouvoir est automatiquement déclaré ennemi public N°1, c’est que ce dernier sait qu’en s’opposant, il prête la main au pouvoir pour se faire châtier. Pas lui tout seul, mais également tous les égarés qui auront choisi de le suivre, donc de s’égarer avec lui. Comme quoi, être opposant sous nos cieux est loin d’être de tout repos. Le risque pris va bien au-delà d’être traqué ou de se faire tabasser. On peut y laisser la vie. Et il n’y a pas beaucoup de gens, même parmi ses proches, à accepter d’aller au sacrifice.

Si, par ailleurs, comme nous l’avons montré, celui qui s’oppose au pouvoir se coupe les vivres, en se coupant toutes les voies d’accès à la rivière et à la mangeoire nationale, celui-là prend le risque de s’affamer et d’affamer tous ceux qui ont choisi, pour diverses raisons, d’être avec lui, de cheminer avec lui. L’opposant est ainsi un téméraire qui, en s’opposant, impose à ses suivants une diète sévère, voire mortelle.

Mais il se trouve que l’opposition est aussi une culture. Dans nos jeunes démocraties, une telle culture d’opposition reste largement à promouvoir, sinon à inventer. Ce qui est sûr, le neuf ne naîtra que d’un cadre rénové, en complète rupture avec nos réalités d’aujourd’hui. On n’est pas loin d’une révolution, au sens copernicien du terme.

A commencer, d’une part, par une nouvelle conception de la politique, comprise comme un sacerdoce, c’est-à-dire l’engagement de chacun à donner le meilleur de soi pour construire notre commune cité. A faire accompagner, d’autre part, de l’idée fondamentale selon laquelle, sans démocrates, il n’est point de démocratie. A compléter, enfin, par la promotion de partis politiques de type nouveau, qui ne seraient plus des clubs électoraux au service de leurs fondateurs propriétaires, mais davantage des laboratoires d’idées, des écoles de formation, des machines ayant capacité à conquérir le pouvoir et à l’exercer pour le bien de tous. Voilà le cadre dans lequel l’opposition ne serait plus appelée artificiellement à s’opposer, mais se poserait tout naturellement comme la raison d’être d’une démocratie qui se respecte.

Jérôme Carlos
La chronique du jour du 27 novembre 2008

Journées nationales d’échanges et de dialogue politique:Yayi Boni recule devant son projet

Le conseil des ministres s’est réuni hier, mercredi 26 novembre et a décidé du report de la tenue des journées nationales d’échanges et de dialogue politique prévues pour les 27 et 28 novembre prochains à Cotonou.

Le dialogue politique national projeté par le chef de l’Etat pour les 27 et 28 novembre n’aura pas lieu. La décision a été rendue publique hier mercredi, à la suite d’une réunion des membres du gouvernement. Et pour cause : après concertation des différents groupes politiques réunis au sein du G4, du G13 et de Force Clé, il a été décidé la mise sur pied d’un comité afin de mieux les associer à l’organisation. Voilà qui est désormais clair, à travers cet ajournement, le président Yayi Boni vient de capituler. Il a simplement cédé face à la tenacité de ceux-là même qu’il pensait ramener autour d’une même table. Cette annonce d’organiser des journées d’échanges et de dialogue politique n’est donc qu’une tempête dans le désert. D’ailleurs, c’est même logique puisque nombre d’observateurs de la vie politique avaient anticipé sur la question prévoyant son échec. Et c’est justement sentant venir le danger, que le chantre du Changement a accordé, en catastrophe, un bal d’audiences aux différentes formations politiques notamment ses « enquiquineurs » du G13, du G4 et de Force Clé. Le décryptage des déclarations au sortir d’audience laissait présager que la montagne accoucherait d’une souris. Même avec la médiation du général Caméléon et stratège politique, Mathieu Kérékou puis de Nicéphore Soglo, Bako Arifari du G13, Kolawolé Idji du G4, Lazare Sèhouéto de Force clé et consorts, n’ont pas mordu à l’hameçon de Yayi Boni. Ils ont été très limpides : « ils n’ont pas le temps ». Pour eux, il n’y a pas question de reporter leurs assises prévues à Bohicon pour les mêmes jours que lesdites journées. Provocation ou pure coïncidence ? En tout cas, pour ces partis et alliances de partis non Fcbe, leurs dates étaient arrêtées bien avant que le chef de l’Etat ne songe à organiser un dialogue national ; même si du côté de l’exécutif on affirme que cette organisation n’est que la réponse à une demande faite par les leaders du G4, du G13 et de Force Clé. Toujours est-il que cet évènement tant attendu du côté du pouvoir est reporté sine die.

Jacques A. Boco (Coll)

Braquages sanglants au Bénin : Un frein à l’investissement

Quel homme d’affaires viendrait investir dans un pays où des gangs opèrent avec succès, au nez et à la barbe des flics, suite à un rocambolesque bis repetita, digne d’un Far West, au cœur de la capitale économique ?

C’est une simple question de bon sens : la sécurité des Béninois tient à un minuscule fil, sécable au moindre geste ! Les conditions dans lesquelles les opérations de braquages se font doivent interpeller nos forces dites de sécurité. Et nul ne peut prouver le contraire, face à leur incapacité habituelle. Elles n’arrivent pas à contenir les assauts des gangsters lors des braquages en plein cœur de Cotonou. Ces derniers débarquent, tuent, pillent et repartent sans que les flics n’appréhendent aucun d’eux, ni n’abattent le moindre, pour sauver leur honneur. La grande leçon à tirer de cette incapacité est le manque d’organisation et non le manque de moyens : à quoi servent les armes et le matériel lourds présentés au public à l’occasion du défilé militaire du 1er Août. Si avec toute cette armada dite de guerre, il est difficile d’assurer la sécurité des Béninois, que les autorités commencent à réfléchir sur la
suppression pure et simple de ce défilé prestigieux mais complètement inutile. Au demeurant, ce qui n’a pas marché le 1er  Avril et le 21 Novembre 2008 à Dantokpa, c’est la riposte des forces de l’ordre. Ces dernières ont été cueillies à froid par des braqueurs professionnels intrépides. Il n’y a pas un dispositif digne du nom qui soit mis en place par la police et les autres corps de l’armée, pour contrer les assauts à l’arme lourde de la part des gangsters. Le plan Hessou ? Un épouvantail qui ne dissuade même pas le «  Pick Pocket », c’est-à-dire voleur à la tire ! Le hic : dégâts matériels, vol de devises, pertes en vie humaines, des blessés graves, des traumatisés à vie, etc. Au nombre de ces dommages, les décès et les vols de devises donnent un goût très amer à la communauté nationale et internationale. Parmi cette dernière, les potentiels investisseurs étrangers n’auront qu’un réflexe : ralentir
leur élan !

Braquages et investissements ne cohabitent pas

Qui dit investissement, dit quiétude, sécurité et paix, possibilité d’aller et de venir, sans coup férir. L’image de pays de paix qu’a offert le Bénin jusqu’au 1er Avril 2008 s’effrite. Il n’y a pas que la guerre qui soit source d’insécurité. Lorsqu’un pays est secoué par le grand banditisme, il est classé pays à risque dans les milieux financiers et d’affaires. Le Bénin n’est peut-être par encore dans cette tourmente, mais les deux braquages perpétrés à Cotonou en plein milieu commercial auront un impact sur la communauté des investisseurs étrangers. Le fameux « U.S. country report » qui représente un bréviaire en matière de démocratie, des droits de l’Homme, de l’environnement des affaires etc en fera mention. Ce document, véritable guide pour les investisseurs étrangers, sert de boussole à travers le monde. Mais il n’y a pas que cela : il y a aussi Internet et les médias traditionnels que sont la
télévision, la radio et les journaux, sans compter le « bouche à oreille ». Il est difficile de banaliser des braquages effroyables et répétés en un laps de temps, au même endroit. Pour appeler un chat un chat, il n’est pas possible qu’un investisseur étranger s’aventure au Bénin dans de telles conditions. Ce n’est pas une analyse apatride mais réaliste. C’est peut-être une réalité qui peut blesser voire déranger, mais elle demeure intrinsèque. L’évoquer, c’est crever l’abcès, afin que les autorités compétentes prennent leurs responsabilités. Braquages et investissements ne font pas bon ménage. C’est une question de logique élémentaire que les gouvernants n’ignorent pas. 

                                                                          Orèd’Ola I. FALOLA

(Le confrere)

Après le braquage de Dantokpa Armand Zinzindohoué crée un climat de suspicion générale

Quelques jours après le sanglant braquage survenu au marché international de Dantokpa, le ministre de l’intérieur et de la sécurité publique, Armand Zinzindohoué n’a pas fini de donner son approche de la collaboration entre populations et agents de sécurité.

La dernière en date est une proposition qui rappelle de sombres souvenirs des heures chaudes de la révolution. Sur une chaîne de télévision de la place, le ministre Armand Zinzindohoué exhortait les populations à une franche collaboration  avec les agents de sécurité. Pour lui, cette collaboration doit se manifester par l’interpellation de toute personne suspecte. Par personne suspecte, il faut comprendre des gens qui s’habillent bien, des gens qui dorment jusque tard dans la matinée et qui sortent de chez eux les soirs, selon les dires du ministre. Il appelle donc les populations à se surveiller, à se suspecter à base de ces critères. En matière de sécurité, tout le monde s’accorde à reconnaître qu’il faut une synergie entre les populations et les forces de l’ordre. C’est évident que ce sont les populations qui doivent fournir les informations et autres tuyaux à la police.

Cependant, les inviter à suspecter le premier qui s’habille bien dans le voisinage, ou faire interpeller un tel qui dort tard dans la journée, cela a un revers qui risque de déstabiliser le climat de paix qui prévaut entre les populations. En effet, se baser sur de tels critères va d’abord engendrer un climat de suspicion générale, à la limite de la paranoïa entre les populations. C’est déchirer le tissu de convivialité entres les membres d’une même famille, d’un même quartier. L’autre grand danger que couve cette méthode, est la chasse qui pourrait en découler. Il suffira à un quelconque individu d’être en inimitié avec son voisin pour qu’il aille le dénoncer pour un fait fictif. C’est vrai que la police peut faire la part des choses. Mais, après les humiliations successives subies, ne sera-t-elle pas aveuglée par son désir de redorer son blason ? Les dix-sept ans de révolution marxiste léniniste sont à jamais gravés dans l’histoire pour rappeler les dérives d’une telle méthode. On se souvient également de certaines vindictes populaires qui ont immolé d’innocentes victimes juste parce qu’elles étaient orchestrées par les détracteurs de ces dernières. Et la dérive avec la méthode Zinzindohoué est vite survenue.

J.Y. M.

(La nouvelle tribune)

Rencontre des " G " et Force clé demain à Bohicon : A quoi peut-on s’attendre ?

L’université des vacances annoncée et qui doit réunir les forces politiques que constituent les " G " et " Force clé ", démarre demain à Bohicon.

Au regard des derniers événements qui ont caractérisé l’actualité politique nationale, l’observateur de la vie politique nationale se demande ce qui peut arriver à cette grande rencontre. Apparemment, beaucoup de surprises pointent à l’horizon et les probables positions pourraient changer la donne politique nationale.

Quelles surprises les " G " et Force clé réservent-ils encore au peuple béninois ? Quelle position vont-ils adopter sur l’échiquier politique national ? Basculeront-ils dans le camp de l’opposition ou vont-ils mettre de l’eau dans leur vin en rejoignant la mouvance présidentielle ? Telles sont les interrogations qui agitent les esprits depuis l’annonce de la nouvelle d’une rencontre que ces différentes forces politiques de " l’opposition " organisent à Bohicon.

Les regards sont encore plus tournés vers elles surtout qu’au cours de la semaine, les grands leaders et responsables influents de ces forces politiques ont été reçus par le Chef de l’Etat. Certes, la rencontre de Bohicon avait été programmée avant la séance avec le Président de la République. Mais le fait d’aborder les questions qui constituaient le point d’achoppement dans le cadre d’un dialogue politique sans faille va-t-il émousser l’ardeur des " G " et " Force clé " ?

Difficile de le savoir. Rien ne présage d’une position fixe et de l’attitude que va aborder le groupe de Lazare Sèhouéto, Issa Salifou et de Bruno Amoussou. Aux sorties des différentes rencontres avec le Président Boni Yayi, les différentes figures politiques de " l’opposition " n’ont pas fait une déclaration pouvant permettre de savoir leur position. Même si certains semblent avoir le ton doux et conciliant, on ne saurait dire avec précision ce qui va advenir lors de la rencontre de Bohicon.

La convocation d’un forum sur la vie politique nationale, une initiative programmée par le Président Boni Yayi, apparaît également comme un signe avant coureur et la manifestation d’une volonté de voir la crise politique prendre fin. C’est d’ailleurs dans ce cadre que les contacts et concertations ont été entamés. Les dernières informations révèlent qu’un comité sera mis sur pied sous peu pour réfléchir sur la question.

Dans le même temps, d’aucuns estiment que l’implication du Président Mathieu Kérékou dans les négociations politiques entre le Chef de l’Etat et les " G " puis Force clé serait un bon signe pour le dénouement de la situation. Ce qui estpossible à cause du charisme du Général Mathieu Kérékou. De plus, le Président Boni Yayi aurait promis d’accorder une attention particulière aux doléances et problèmes posés par les " G " et Force clé.

Avec le décret d’application du statut de l’opposition publié par le Chef de l’Etat et qui devra permettre aux uns et aux autres de clarifier leur position sur l’échiquier politique national, certains analystes estiment que Bohicon sera l’occasion pour les " G " et Force clé de passer officiellement dans l’opposition.

Ce qui est certain est que des surprises pointent à l’horizon et nul ne peut dire avec exactitude l’allure que prendront les débats vendredi et samedi prochains à Bohicon au cours de cette rencontre qui restera sûrement gravée dans les mémoires. Car la probable " déclaration de Bohicon " risque de marquer l’histoire politique nationale.

Cécil Ahouélété ADJEVI

Houngbédji chez Yayi hier : Les prémices d’une décrispation ?

Le Président du Prd, Maître Adrien Houngbédji, était hier au Palais de la présidence de la République dans le cadre de la prise de contact entamée par le Chef de l’Etat avec pour objectif : la décrispation complète de l’atmosphère politique nationale.

Le geste de Maître Adrien Houngbédji, aussi simple qu’il soit, est, compte tenu de la position peu souple du Prd, perçu comme la preuve d’une ouverture d’esprit qui caractérise le leader des Tchoco-Tchoco. Ceci amène à se demander si cette attitude n’est pas le signe avant-coureur d’une décrispation programmée.

Au regard de la position très rigide du Président du Parti du renouveau démocratique (Prd) vis-à-vis du pouvoir du Docteur Boni Yayi, il n’était pas évident que Maître Adrien Houngbédji se rendent chez le Chef de l’Etat. C’est donc une surprise agréable pour les Béninois quand le leader des Tchoco-Tchoco s’est rendu au cabinet du Président Boni Yayi. Comme on pouvait l’imaginer, les débats ont porté sur la situation politique nationale peu reluisante que traverse le pays depuis plusieurs mois.

Même si aucune conclusion officielle pouvant permettre de savoir que la tension va baisser dans quelques jours n’a été rendue publique, les signaux de ces derniers jours sont significatifs et présagent d’un avenir meilleur pour la politique béninoise. Le ballet des hauts responsables, députés et chefs de partis politiques au cabinet du Président Boni Yayi apparaît aux yeux de nombre de personnes comme une manière de renouer le dialogue politique qui a fui les habitudes depuis plusieurs mois.

Maître Adrien Houngbédji vient à travers ce geste d’ouverture de prouver sa disponibilité à jouer sa partition tout comme Bruno Amoussou, Nicéphore Soglo et tous les autres responsables. Ce qui reste à espérer est la phase pratique des choses qui devra favoriser l’amélioration des relations entre l’exécutif et le législatif en vue d’une gestion plus apaisée des dossiers de l’Etat.

Mais ce qui constitue le suspense est la suite que réservent les « G » et Force clé à cette sollicitation du Chef de l’Etat. On attend encore patiemment la suite des faits avec l’université de vacances de Bohicon, une occasion qui va permettre de savoir quelle attitude adopter.

De plus, la grande rencontre que programme le Chef de l’Etat dans le cadre d’un forum vient d’être déprogrammée au profit d’un comité paritaire mis sur pied. Comme quoi, certaines étapes essentielles sont en train d’être franchies pour un dénouement heureux de la situation politique nationale.

Cécil Ahouélété ADJEVI

(L'option info)

Dissension politique : les partisans de l’Unsp justifient la démission de Wallis Zoumarou

La démission à l’improviste du député Wallis Zoumarou du groupe parlementaire Fcbe à l’Assemblée nationale, continue de susciter des vagues. Les militants et sympathisants de l’Union nationale pour la solidarité et le progrès (Unsp) étaient, hier, face à la presse pour éclairer l’opinion sur les vraies motivations de cette démission.
Rétablir la vérité et éclairer l’opinion sur la démission de l’honorable Wallis Zoumarou du groupe parlementaire Fcbe. Tel est l’objectif de la conférence de presse donnée, hier, à la Bourse du travail par les militants et sympathisants de l’Union nationale pour la solidarité et le progrès (Unsp). A en croire Boukary Seïdou, porte-parole du parti, la démission du député Wallis Zoumarou du groupe parlementaire Fcbe et son adhésion au G13 ne doit pas être interprété comme le fruit d’un débauchage, encore moins d’un basculement sur fond d’intérêt dans l’ « opposition ».

Selon lui, c’est une reposition tactique pour se libérer des carcans de la pensé unique. Il a, par ailleurs, réfuté la campagne de diffamation qui serait orchestrée contre le député. Il a estimé que la démission est intervenue à un moment propice de l’histoire politique du Bénin.

Il s’agit là, poursuit-t-il, d’un signal fort qui saura édifier les uns et les autres, en l’occurrence les proches de la mouvance présidentielle au regard de la gestion qui est faite des ressources humaines. Boukary Seïdou souhaite qu’on ne juge pas sur l’apparence, mais qu’on fasse l’effort de comprendre les motivations des actes que posent les uns et les autres, surtout dans le cercle politique.

Par Serge-David ZOUEME

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Fusillade lundi dernier sur le campus: qui a donné l’ordre de tirer sur les étudiants? (La responsabilité du Doyen Amoussouga engagée)

En tirant lundi dernier sur une foule d’étudiants sur le campus d’Abomey-calavi, le garde du corps du Doyen de la Faseg, Géro Amoussouga aurait agi en légitime défense. Mais d’aucuns rapportent plutôt qu’il aurait reçu l’ordre de tirer de la part de son chef.
D’où les difficultés à situer les responsabilités sur cet incident malheureux qui a occasionné 9 neufs blessés dont deux jugés graves, dans le rang des étudiants.
Le garde du corps du doyen de la Faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg) avait-il vraiment besoin de tirer sur des étudiants aux mains nues pour se défendre? La question alimente désormais toutes les conversations sur le campus d’Abomey-calavi et même au-delà des frontières universitaires. Les faits tels que rapportés par les divers témoins du drame ne participent pas non plus à l’éclosion de la vérité sur cette affaire qui met à mal la réputation du Doyen Amoussouga.

Dans le rang des responsables de l’Union des scolaires et étudiants du Bénin, dont le président a aussi été atteint par les balles, ce serait effectivement le Doyen Amoussouga qui aurait demandé à son garde du corps de faire usage de son arme pour faire déguerpir les étudiants qui manifestaient contre les nouvelles réformes à la Faseg. « Nous nous sommes portés vers la Faseg pour dissuader nos camarades étudiants de s’inscrire dans la nouvelle filière créée par Amoussouga et qui leur coûtera plus de 100.000 Fcfa chaque année. Et dès notre arrivée sur les lieux, le doyen sort d’un bureau avec son garde de corps et le lance à notre assaut.

Ce dernier fait usage de son arme et tire plusieurs balles dans notre direction, occasionnant les nombreux blessés que nous déplorons tous ». Racontant ainsi les faits, tels qu’il déclare les avoir vécus, le Vice-président de l’Unseb, ajoute que les manifestants n’ont aucunement menacé de brutaliser le doyen, comme le laissent entendre certains témoins.

Version contradictoire

D’autres étudiants présents sur les lieux du drame, ne donnent pas la même version des faits. Pour eux, c’est plutôt les étudiants conduits par l’Unseb vers la Faseg qui ont provoqué tout ce qui est arrivé. Aux dires de Mr Pierre Tchowoui, Président du Bureau d’union d’entité de la Faseg, très tôt le lundi matin en effet, sa structure a convié les étudiants internes à la cérémonie des couleurs, qu’elle exécute depuis quelques semaines. Ainsi, ils ont invité les autorités de la Faseg dont le Doyen Amoussouga pour y prendre part. A la fin de la cérémonie, ce dernier a voulu profiter de l’occasion pour sensibiliser ses étudiants sur la réforme incriminée, en cette dernière journée de clôture des inscriptions.

Soudain, des coup de sifflets se font entendre et proviennent d’un groupuscule d’étudiants qui s’amenaient vers la Faseg. « Ils avaient pour intention de perturber la cérémonie » rapporte Mr Tchowoui qui poursuit que le Doyen a dû alors demander aux étudiants de rejoindre leurs amphithéâtres et qu’il passerait après leur expliquer les avantages liés à ladite réforme. Mais le groupuscule restera sur place, et manifestait plus intensément, lançant par moments des injures au Doyen qu’il traiterait de tous les noms, «pilleur», «dictateur », etc. Selon, le Président du Bureau d’union d’entité, les responsables de l’Unseb, s’approcheront dans la foulée du garde du corps et lui auraient même retiré son béret, avant de commencer à lui disputer l’Akm qu’il portait. Ce dernier, dans le cafouillage, aurait alors commencé par tirer au sol, avant de relever l’arme, puis blessa des étudiants aux membres inférieurs, pour les uns et aux membres supérieurs pour les autres.

Intervenant le soir du drame sur une chaîne télévision, le Doyen Amoussouga a confirmé cette dernière version des faits, et a reconnu avoir simplement dit à son garde du corps de se défendre. Vrai ou faux ? Seule la justice appelée à s’autosaisir de ce dossier, pourrait éclairer les uns et les autres. Mais déjà, des voix s’élèvent et dénoncent vivement ce drame. Dans un communiqué de presse, le Président de l’Union nationale des associations des parents d’élèves et d’étudiants du Bénin (Unapeeb), Mr Paul Koudoukpo, condamne énergétiquement et vivement ce grave incident, martèlant que le Doyen Amoussouga, «doit être jugé et puni avec des peines à la hauteur des forfaits par lui commis ». Le Syndicat autonome de la recherche et de l’enseignement supérieur (Synares) est allé dans le même sens et avec la même verve. Dans une déclaration rendue publique hier le Secrétaire général, Fulgence Afouda. Il appelle les enseignants, étudiants, personnels administratif et de soutien à se mobiliser à se dresser contre « les tentatives d’assassinat et de remise en cause des acquis démocratiques».

La responsabilité du Doyen Amoussouga engagée
Le triste évènement, survenu lundi dernier sur le campus d’Abomey, met en cause la responsabilité du Doyen Géro Amoussouga. En ceci qu’il s’agit ici d’une bévue commise par son garde du corps, même si la thèse de légitime défense est abondamment soutenue depuis lors. Dresser une arme à feu contre des étudiants, en pleine manifestation et non armés, demeure une attitude inexplicable. Pourquoi d’ailleurs le Doyen, qui franchissant le seuil de l’Uac devient un simple universitaire, se trouve obligé de s’accompagner à chaque fois d’un garde de corps, à lui attribué dans le cadre d’une autre fonction? S’il faut même accepter cette possibilité, il lui revient de savoir faire usage du pouvoir de son garde de corps sur un tel terrain où sa vie n’est pas forcement en danger.

Dans tous les cas, le Doyen Amoussouga n’est pas moins fautif dans le drame survenu, pour avoir laissé croire aux étudiants qu’il était en mesure de les affronter, par le biais de son garde du corps. S’il advient que des étudiants en arrivent à déclencher leur colère contre quelque réforme, le Doyen avait la possibilité de recourir à d’autres moyens pour se faire justice. Dans le feu de l’action, le garde du corps aussi pouvait user d’autres actions, tels les gaz lacrymogènes s’il en disposait, ou alors faire appel à du renfort, en opérant d’abord un repli tactique.

Du reste, la fusillade orchestrée par le garde du corps du Doyen Géro Amoussouga sur une foule d’étudiants, blessant une dizaine, ne devrait pas rester sans explications, voire sans sanctions. Vivement donc une commission d’enquête pour éclairer davantage le peuple béninois sur cet incident assez déplorable.

Il est également important de redéfinir les rôles et les domaines d’intervention des gardes du corps qui assurent la sécurité des personnalités politiques et autres hauts cadres de l’Etat qui continuent d’intervenir parallèlement dans nos universités en qualité d’enseignants.



Christian Tchanou


© Copyright La Nouvelle Tribune (Bn)

Gestion de la crise politique : le ballet des ténors du G4 se poursuit avec Me Houngbédji et Idji

Après les députés du G13 le lundi, Bruno Amoussou, Nicéphore Soglo membres du G4, et les députés Force clé, le mardi, c’est le tour du Président du Prd, Me Adrien Houngbédji et d’Antoine Kolawolé Idji 1er vice Président du Madep également membres du G4 d’être reçus séparément par le Président de la République, Boni Yayi. Ces rencontres s’inscrivent dans le cadre du dénouement de la crise politique qui perdure dans le pays. Mais qu’est qui se sont dit ?
La décrispation de l’environnement politique reste une préoccupation de la classe politique. C’est du moins ce qui ressort des déclarations faites par les ténors de la classe politique reçus par le Président de la République, Boni Yayi. Il s’agit de l’ancien ministre d’Etat Bruno Amoussou, de l’ancien Président de la République Nicéphore Soglo. L’ancien Président de l’Assemblée nationale Antoine Kolawolé Idji reçu hier, a levé un coin de voile sur la substance de l’entretien qu’il a eu avec Boni Yayi. En effet, il a révélé que le Madep, sa formation politique entend œuvrer pour le dénouement de la crise au parlement, pour la consolidation de la démocratie et la sauvegarde de la paix.

Certes, tout n’a pas été dit, mais déjà, avec ses propos rassurants sur la préservation de la paix, les populations peuvent se frotter les mains en souhaitant que cela soit concrétiser dans les faits. A l’instar des députés G13 reçus par Boni Yayi, la délégation du Prd conduite par son Président Me Adrien Houngbédji, n’a fait aucune déclaration. Toutefois, il convient de noter que ce rencard entre Yayi et Houngbédji était très attendu puisqu’ils ont été tous deux challengers à l’élection présidentielle de 2006 et que dans trois ans ils vont se croiser sur le terrain de la présidentielle de 2011.

Et sans trop tirer sur la ficelle, on peut dire sans risque de se tromper que l’ « opposant » Adrien Houngbédji (Le Prd remplit à lui tout seul toutes les critères du décret d’application de la loi sur le statut de l’opposition) était avec le Président Boni Yayi. Les deux personnalités ont certainement parlé de la transparence des élections prochaines et de la sauvegarde de la paix au Bénin. Puisque quelque soit les cas de figure envisagés, on retrouvera en 2011 les candidats Boni Yayi et Adrien Houngbédji.

Certes, d’autres candidatures telles que celle de Léhady Soglo de la RB, Antoine Kolawolé Idji du Madep ainsi que d’autres peuvent être envisagées, mais il est fort probable qu’on retrouve le même schéma qu’en 2006 avec une légère variante, c’est-à-dire un face à face Yayi-Houngbédji. Bien entendu des bouleversements peuvent survenir.


Par Matini MARCOS

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Me Maxime Awèkè et Paulette Agboton s’installent

Désiré Adadja, ministre de la communication et des technologies de l’information et de la communication a procédé mardi à l’installation des deux nouveaux membres de l’Autorité transitoire de régulation des postes et télécommunications en remplacement de Victor Topanou et Réckya Madougou.

Me Maxime Awèkè, avocat au Barreau de Paris et Conseiller technique juridique du Chef de l’Etat et Mme Paulette Agboton, plénipotentiaire des affaires étrangères et membre du Front des organisations nationales de lutte contre la corruption (Fonac) sont les deux nouveaux conseillers, qui ont été installés dans leurs nouvelles fonctions par Désiré Adadja.  Nommés par décret  pris en Conseil des ministres, ils remplacent les conseillers Réckia Madougou et Victor Topanou appelés à des fonctions ministérielles à la faveur du dernier remaniement survenu le 22 octobre dernier. Au cours d’une cérémonie fort simple, le président de l’Autorité transitoire de régulation des postes et télécommunications, Firmin Djimènou a félicité les conseillers sortants qui ont fait preuve durant le temps de leur exercice dans l’organe dont il a la charge, de convivialité et d’humilité.

Il leur a également décerné un satisfecit pour leur ardeur au travail depuis le 2 mars 2007, date à laquelle leur institution a été installée. Fimin Djimènou se réjouit par ailleurs de l’effectif retrouvé avec l’arrivée de Me Awèkè  et de Mme Agboton. Pour lui, c’est un signe que le rendement de leurs travaux sera plus complet. Pour sa part, le Ministre Désiré Adadja a salué les nouveaux conseillers pour « avoir mérité la confiance du Chef de l’Etat ». Il les invite à œuvrer pour ne pas perdre cette confiance et à se mettre à la tâche aux côtés de leurs pairs pour que l’Autorité de régulation puisse continuer de fonctionner pour le bien des Béninois.  Désiré Adadja reconnaît à Firmin Djimènou et ses collègues l’immensité du travail qu’ils abattent et les exhorte à en faire davantage. Pour plus de résultats, les conseillers et le ministère ont adopté un document de stratégies. Mme Réckya Madougou et Victor Topanou ont souhaité à leurs remplaçants ainsi qu’aux autres membres du succès dans leurs challenges à venir.

Benoît Métonou

Suite à la demande des acteurs de la classe politique : report ipso facto du forum sur le dialogue politique

Le forum national politique annoncé en conseil des ministres devrait débuter ce jour 27 novembre, mais au regard du chevauchement des calendriers, celui du Président de la République et celui des ténors de la classe politique, ce rendez-vous a été reporté sine die et un comité paritaire sera installé pour mûrir la rencontre La cristallisation qui perdure au sein de la classe politique béninoise et plus particulièrement la tension qui sévit à l’Assemblée nationale entre les députés des Fcbe et ceux du G4 (Prd, Psd, Madep et Rb), du G13 et Force clé, n’est pas de nature à apaiser les populations. Aussi, le gouvernement a-t-il, en Conseil des Ministres, initié un forum de dialogue politique qui devrait se dérouler les 27 et 28 novembre 2008.

Seulement, ces dates coïncident avec le séminaire politique des « G » et de « F » prévu pour les 28 et 29 de ce mois. Et à en croire, Antoine Kolawolé Idji, Président du comité d’organisation du séminaire des « G » et « F » a , leur séminaire a été programmé et des dispositions organisationnelles ont été déjà prises à cet effet, bien avant l’annonce du forum du dialogue politique. Par conséquent, ils ne seront pas au forum à moins qu’une autre date consensuelle soit prise. Par ailleurs, le Président de la République fait une visite de travail au Qatar à partir de ce jour. Vu, l’importance capitale que revêt ce rencard, le Président de la République Boni Yayi l’a reporté sine die.

Par ailleurs, un comité paritaire composé de toutes les tendances politiques sera mis en place pour mûrir la prochaine rencontre. Tous les regards seront maintenant tournés vers Bohicon à partir de demain où on attend les grandes décisions qui seront issues du séminaire politique des « G » et « F ». Viendront –ils s’asseoir au forum du dialogue politique en adossant le manteau de l’opposition, puisque le décret d’application de la loi portant statut de l’opposition a été pris, ou comme des partis de la mouvance présidentielle. Chacun sera fixé le samedi 29 novembre au soir

COMMUNIQUE DE PRESSE

A la demande des acteurs de la vie politique nationale réunis au sein du collectif dénommé « collectif des partis politiques du G13, G4 et Force Clé », le gouvernement réuni en conseil des ministres ce jour, mercredi 26 novembre 2008, a décidé d’ajourner la tenue du dialogue politique national initialement prévue pour les 27 et 28 novembre 2008. Afin d’offrir les meilleures chances de réussite à cette initiative gouvernementale, il sera mis en place un comité paritaire (Gouvernement - Partis politiques) pour discuter des modalités pratiques d’organisation dudit dialogue national dont la pertinence et l’opportunité ont été unanimement reconnues par les organisations politiques et sociales consultées.

Cotonou le 26 novembre 2008.

Le ministre chargé des relations avec les institutions

Me ZAKARI BABA BODY


Par Matini MARCOS

© Copyright Aube Nouvelle

La France apporte son appui à Yayi

Suite au cambriolage opéré par des bandits de grand chemin au marché Dantokpa la semaine dernière, l’ambassadeur de la France près le Bénin promet l’aide de son pays au gouvernement béninois dans la lutte contre l’insécurité.

« La France apportera son soutien au gouvernement du Bénin, afin que les actes de cambriolage perpétrés  ces dernier temps dans la ville de Cotonou ne se reproduisent plus »,a déclaré hier sur la chaîne de télévision nationale, l’ambassadeur Hervé Besancenot, à sa sortie d’audience avec le Chef de l’Etat, le Dr Boni. En effet, qu’il vous souvienne que vendredi dernier, le marché international de Dantokpa a été le théâtre d’actes de grand banditisme,avec plus de 400.000.000 de francs CFA emportés par les malfrats. On a également enregistré des dégâts matériels, des blessés graves et des pertes en vies humaines. Aussi, face à l’impuissance notoire des autorités béninoises à réagir promptement face à ces actes de gangstérisme et au manque de matériels des agents de sécurités,  la France a-t-elle décidé d’offrir son appui au gouvernement béninois afin que ces actes ne se reproduisent  plus. La sécurité n’était pas le seul sujet au menu des discussions entre Hervé Besancenot et le président Boni Yayi. Entre autres questions abordées au cours de cette audience, le statut de l’opposition, la bonne collaboration entre la municipalité de Cotonou et le gouvernement. Toutes choses dont l’effectivité contribuerait à l’enracinement de la démocratie béninoise et à la consolidation de ses acquis.

Simplice A  Ahouandjinou. Stag

(La nouvelle tribune)

novembre 26, 2008

La Cour Constitutionnelle: Encore deux décisions contradictoires?

Au lendemain de la décision DCC 08-072 rendue le 25 juillet 2008, la Cour Constitutionnelle, par le biais de son Secrétaire Général Adjoint, avait affirmé par un communiqué en date du 7 août 2008 que «comme toute juridiction en quête de perfection, elle demeure attentive à tout commentaire réellement scientifique de ses décisions pour l’enrichissement de la doctrine juridique et la consolidation de l’Etat de Droit en République du Bénin».
C’est pour aider à cet enrichissement de la doctrine juridique qu’il nous paraît urgent d’attirer l’attention des sept sages de la Haute Juridiction sur l’importante cohérence que revêt la prise en compte de la jurisprudence constitutionnelle en construction au Bénin.
L’indispensable commentaire de la décision DCC 08-149 rendue le 23 octobre 2008 que nous proposons à travers ces lignes n’a nullement pour but d’affaiblir    notre Haute Juridiction qui reste, et demeure une des juridictions performantes de l’Afrique. Mais ce commentaire se veut véritablement d’aider à une animation juridique pour la consolidation de l’Etat de Droit en République du Bénin.
Par sa décision DCC 08-149 rendue le  23 octobre 2008, la  Cour Constitutionnelle a dit et jugé qu’il n’y a pas violation de la constitution pour le maintien en poste des Directeurs Généraux de l’ORTB et de l’ABP suite à la décision DCC 07-093 du                21 août 2007. Pour motiver cette décision, la Haute Juridiction  allègue «qu’en exécution de la décision DCC 07-093 du 21 août 2007, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a repris la procédure d’appel à candidatures pour les propositions   de nomination aux postes de Directeur Général de l’ORTB et de Directeur Général de l’ABP de l’année 2006 ; que de son côté le Ministre délégué auprès du Président de la République Chargé de la Communication et des Technologies de l’Information et de la Communication a pris les arrêtés n° 035/MCTIC/DC/SGM/CTJ/DGER/SR du 18 août 2008 portant nomination du Directeur Général par intérim de l’ORTB et                                 n° 036/MCTIC/DC/SGM/CTJ/DGER/SR du 18 août 2008 portant nomination du Directeur Général par intérim  de l’ABP ».
Cette décision que vient de rendre la Cour Constitutionnelle est en contradiction flagrante avec celle rendue sous le numéro DCC 99-027 par la même Juridiction  le 11 mars 1999 dans laquelle   elle  a dit et jugée que «…conformément à la doctrine et à une jurisprudence constante, à défaut   de dispositions expresses déterminant l’autorité compétente pour suspendre ou mettre fin aux fonctions de directeur, au demeurant  un emploi supérieur,  ce pouvoir appartient à l’autorité investie du pouvoir de nomination ; que dès lors, le Ministre de la Culture et de la Communication n’a pas compétence pour prendre les deux arrêtés querellés, celui de la suspension et celui de la nomination d’un directeur par intérim, compétence dévolue au Président  de la République ; qu’en conséquence, lesdits arrêtés doivent être déclarés inconstitutionnels».
La Décision DCC 08-149 du 23 octobre 2008 vient une fois encore reposer la problématique de la «qualité» des décisions qui sont prises par nos Juridictions. Comme nous l’avons déjà dit, il y a des décisions ou arrêts de nos Hautes Juridictions qui suscitent des interrogations en droit.  Le cas cité en est une juste illustration. Les moyens évoqués par la Haute Juridiction pour motiver cette décision ne semblent pas nous convaincre vu la légèreté de la démarche. Mais hélas, c’est une décision de la Cour Constitutionnelle qui est sans recours.
Notre analyse portera d’abord sur certains éléments contenus dans la décision puis sur la jurisprudence de la Cour Constitutionnelle.

Les éléments contenus dans la décision notamment la problématique des dates
Les dates évoquées dans la décision DCC 08-149 du 23 octobre 2008 nous interpellent. En effet, Le requérant  a déposé sa requête le 12 septembre 2007 (soit  moins d’un mois après la décision DCC 07-093 du 21 août 2007 déclarant contraire à la constitution les nominations opérées par le Président de la République) et la Cour Constitutionnelle, pour motiver sa décision objet du commentaire, s’est basée respectivement sur la décision de la HAAC                           n° 08-020/HAAC en date du 06 mai 2008 et les deux arrêtés de nomination des Directeurs Généraux  par intérim du 18 août 2008. Entre la date du recours et les actes allant dans la mise en œuvre de la décision du 21 août 2007, il s’est écoulé plus de neuf mois. Pendant cette période du 21 août 2007 et le 18 août 2008, les différents Directeurs Généraux étaient sous quel régime juridique ? Cette question mérite réponse car sans réponse, on est tenté de croire que la Haute Juridiction a d’abord attendu la décision de la HAAC puis les arrêtés du Ministre en charge de la Communication pour rendre sa décision.
Sur quelle base juridique les Directeurs Généraux de l’ORTB et ABP étaient maintenus en fonction et prenaient des actes juridiques comme la Note de Service N° 0764/ORTB/DG/SG/SA en  date du 04 septembre 2007 portant rectificatif de la nomination de Madame…… comme Chef de Service de la Comptabilité prise par Monsieur le Directeur  Général de l’ORTB  citée par le requérant dans la décision ?
A comprendre  la décision DCC 08-149 du 23 octobre 2008, aucune disposition juridique n’était en place pour maintenir les Directeurs Généraux de l’ORTB et l’ABP  en fonction après la première décision de la Cour Constitutionnelle en date du 21 août 2007. En tout cas, c’est ce qui résulte de la décision du 23 octobre 2008 puisque la Cour Constitutionnelle n’a évoqué que  la décision de la HAAC en date du 6 mai 2008 et les arrêtés du Ministre en charge de la Communication en date du 18 août 2008 pour constater qu’il n’y a pas violation de la constitution.
Pour nous, cette décision pose «problème» dans les moyens évoqués car elle met en difficulté les articles 4 et 12 de la constitution qui disposent entre autres que toute loi, tout texte réglementaire et tout acte administratif contraires à la constitution sont nuls et non avenus et qu’une disposition déclarée inconstitutionnelle ne peut être promulguée ni mise en application
N’est-ce pas une décision qui affaiblit la Haute Autorité de l’Audio-visuel et de la Communication (HAAC) ? En tout cas, tout porte à croire que le gouvernement peut garder en fonction par le biais de cette formule de «Directeur Général par intérim», un Directeur Général des organes publics de presse qui a été irrégulièrement nommé.
L’analyse de cette décision montre qu’il s’agit de la mise en œuvre de la formule «Bonnet blanc blanc bonnet» puisque dans l’un ou dans l’autre cas, nous avons constaté que cette décision du 23 octobre 2008 a conforté le maintien  en poste des personnes dont la Cour Constitutionnelle elle-même avait déclarée leur nomination contraire à la Constitution. Les moyens avancés dans la décision semblent montrer que la Haute Juridiction tenait à tout prix à justifier le maintien de ces derniers dans leurs fonctions.

La Cour Constitutionnelle a méconnu sa propre jurisprudence
Dans sa décision DCC 99-027 rendue le 11 Mars 1991, la Cour Constitutionnelle a dit et jugée que «…conformément à la doctrine et à une jurisprudence constante, à défaut  de   dispositions expresses déterminant l’autorité compétente pour suspendre ou mettre fin aux fonctions de directeur, au demeurant  un emploi supérieur,  ce pouvoir appartient à l’autorité investie du pouvoir de nomination ; que dès lors, le Ministre de la Culture et de la Communication n’a pas compétence pour prendre les deux arrêtés querellés, celui de la suspension et celui de la nomination d’un directeur par intérim, compétence dévolue au Président  de la République ; qu’en conséquence, lesdits arrêtés doivent être déclarés inconstitutionnels».
Selon le juge constitutionnel de 1999, le Ministre en charge de la Communication ne peut et n’est pas compétent pour prendre un arrêté de nomination d’un directeur par intérim dans les organes publics de presse dans la mesure où il n’est pas «l’autorité investie du pouvoir de nomination».
Mais comment expliquer ce revirement du juge constitutionnel de 2008 qui lui dit et juge «qu’il n’y a pas violation de la constitution malgré la prise d’un arrêté ministériel pour la nomination des directeurs par intérim dans ses organes publics de presse» ?
De 1999 à 2008, l’autorité investie  du pouvoir de nomination n’est-elle pas toujours le Président de la République ?
Les personnes dont la nomination a été déclarée contraire à la constitution du      11 décembre 1990 par décision rendue le 21 août 2007  n’ont-elles pas été nommées par le Président de la République en Conseil des Ministres comme le précise l’article 6 deuxième tiret de la loi organique sur la HAAC ?
Qu’est-ce qui justifie ce revirement jurisprudentiel inopportun ?
Toutes ces questions sont restées sans réponse et nous espérons   que le juge constitutionnel béninois doit tout mettre en œuvre pour ne prendre comme boussole que la Constitution et le bloc de constitutionnalité. Il doit se démarquer des contingentes politiques et des pressions afin de sauvegarder les acquis de notre démocratie à travers des décisions qui maintiennent la Cour Constitutionnelle du Bénin à  ce niveau où les premiers sages l’ont mis.
Toutefois, il faut reconnaître que la décision de la Cour  Constitutionnelle en date du 28 octobre 2008 a levé l’incompréhension que les citoyens béninois ont de cette affaire d’autant plus qu’il était incompréhensible pour certains citoyens de voir des Directeurs Généraux dont la nomination était déclarée contraire à la constitution  maintenues  dans les fonctions jusqu’à ce jour. Pour faire grandir notre démocratie, il aurait fallu que les intérimaires nommés soient d’autres personnes pour apaiser les uns et les autres notamment la  HAAC et le gouvernement qui tous dans la décision DCC 07-093 du 21 août 2007 avaient violé la constitution.
Prenant en compte la récente jurisprudence de la Cour Constitutionnelle par laquelle la Haute Juridiction a dit que le juge constitutionnel béninois n’est pas lié par les décisions du juge français, il nous paraît nécessaire de rappeler un important acquis qu’a révélé la jurisprudence constitutionnelle française.
Il s’agit de la mission du Conseil Constitutionnel français qui, d’après les nombreuses jurisprudences, assure «que les garanties antérieurement accordées pour l’exercice d’un droit ou d’une liberté ont été remplacées par des garanties équivalentes»1.
Puisque le Droit est interprétatif, il est vivement souhaité que d’autres éminents juristes apportent leur lecture et leur compréhension de cette décision DCC 08-149 du 23 octobre 2008 qui continue de nous inquiéter.

Serge Prince Agbodjan
Juriste

Source: La croix du Benin

Notes

1 Manuel Droit constitutionnel, 25 ème Edition, Georges BURDEAU, Françis HAMON, Michel TROPPER, p.705.

Consulter les deux décisions de la Cour Constitutionnelle sur notre siteweb.

PREMIERE DECISION

DEUXIEME DECISION

Le Parlement et le contrôle de l’action gouvernementale

Ce numéro de Res Publica est le premier d’une série qui sera essentiellement consacrée à la fonction de contrôle de l’institution parlementaire. Le présent papier pose les principales questions auxquelles l’on devrait faire attention dans toute tentative d’amélioration de la performance parlementaire en matière de contrôle de l’action gouvernementale.

Quelques mots nous paraissent nécessaires, avant d’aller plus loin, sur les raisons pour lesquelles les réflexions sur l’Assemblée nationale commencent par la série d’articles sur la fonction de contrôle de l’institution. Il y a deux raisons principales à cela. Premièrement, dans la plupart des «modèles» de démocraties contemporaines, l’accent est de plus en plus mis sur la fonction de contrôle du Parlement (comme fonction première) plutôt que sur la fonction de législation. En réalité, aussi bien les animateurs des Parlements que les spécialistes des questions relatives aux institutions parlementaires réalisent graduellement que le Parlement joue mieux le rôle de contrôleur que celui d’initiateur de texte de loi et qu’il est inutile d’engager une sorte de compétition entre l’Exécutif et lui en cette matière là.
Deuxièmement, de toutes les fonctions constitutionnelles de l’institution parlementaire, le contrôle de l’action gouvernementale est celle par rapport à laquelle le Parlement connaît le moins de réussite. Même s’il faut reconnaître, comme tout le monde le sait, que la situation n’est pas substantiellement plus reluisante en ce qui concerne la fonction de législation, le cas du contrôle parlementaire mérite quand même, de notre point de vue, un traitement à part. De plus, l’inefficacité en matière de contrôle parlementaire fait au moins autant de tort au Bénin que celle relative à la législation surtout dans un pays aux ressources limitées comme le nôtre. Passons maintenant à la question qui devrait nous préoccuper à partir de ce numéro de Res Publica : le contrôle parlementaire.
Quatre conditions préalables
Mais  avant d’entrer dans le  vif  du  sujet, et  comme nous en avons l’habitude à Res Publica, nous commençons, dans ce premier papier de la série sur le contrôle parlementaire, par poser le problème tel que nous le percevons. Il s’agira, grosso modo, de poser dans un premier temps le problème du contrôle de façon générale et de faire ressortir les conditions nécessaires pour qu’il soit effectif et efficace. Ensuite, nous reviendrons dans le contexte de l’Assemblée nationale pour ressortir les spécificités d’un contrôle parlementaire effectif et efficace en termes d’exigences, de risques qui l’accompagnent (et/ou qui en découlent), d’espoirs permis (réalistes) en la matière, etc. Commençons donc par le contrôle de façon générale.
De façon générale, pour qu’un contrôle soit effectif (efficace), il faut qu’au moins quatre conditions préalables soient réunies. Les conditions en question n’incluent pas le fait qu’il faut, si nous restons dans le cas d’un contrôle classique, qu’il y ait au moins deux acteurs A et B dont l’un, supposons A, soit le contrôleur et l’autre, B, le contrôlé. Pour que A puisse contrôler  les activités  de B de manière effective et efficace, il   faut, au minimum, que les conditions ci-après soient réunies.
Première condition : Il faut que des mécanismes (souvent légaux) existent et qui prévoient et encadrent convenablement l’exercice de la  prérogative de contrôle de B par A. Par exemple, il faut que la législation reconnaisse à A le droit d’interpeller B (de l’appeler à répondre) et qu’elle oblige B à répondre aux interpellations de A. L’interpellation de B par A devrait pouvoir se faire à toutes les étapes du processus de décision par B : a priori (pour s’informer de ce que se prépare), concomitamment (pour suivre ce qui se fait) et a posteriori (pour vérifier la qualité de ce qui a été fait). Il faut également, par exemple, que la loi prévoie avec un niveau assez raisonnable de précision, ce qui peut être contrôlé, quelles sont les procédures à suivre pour faire le contrôle, qui peut l’initier, le conduire jusqu’au bout, etc. Lorsque le cadre légal n’est pas suffisamment précis sur les points ci-dessus, il est possible que dans certains cas, on ne puisse simplement rien entreprendre en matière de contrôle ou alors que des actions initiées en la matière ne  puissent pas être conduites à terme, il est possible qu’à des moments donnés l’on ne sache pas exactement à qui revient la main (qui doit prendre le témoin) pour la poursuite d’une action de contrôle initiée, etc.
Deuxième condition : Il faut qu’aux résultats de la mise en œuvre des instruments de contrôle, et ceci à toutes les étapes du processus de prise de décision par B, soient prévues des sanctions positives et/ou négatives, mais surtout des sanctions négatives si l’objectif principal est de s’assurer que l’on évite les déviations, la mauvaise gouvernance. Il est difficile d’envisager un contrôle effectif, efficace lorsque B peut être à peu près sûr que les résultats des actions de contrôle de A, même lorsque ces actions sont correctement menées, seront sans conséquences pour lui. L’on peut aisément s’attendre à ce que le pouvoir de contrôle conféré à A dans ces conditions n’ait aucun effet sur les comportements et attitudes de B.
Troisième condition : Il faut que les mécanismes prévus pour le contrôle puissent avoir un effet dissuasif. En effet, tout le monde devrait reconnaître qu’il  est plus aisé de dissuader que de réaliser les conditions de sanction de ceux qui se mettent en délicatesse avec la loi. Réaliser les conditions de condamner les fautifs, c’est, par exemple, être en mesure d’identifier une faute, d’identifier les fautifs probables, d’établir leur culpabilité et les degrés de responsabilité, de définir les peines correspondantes, d’appliquer les peines, etc. Il suffit d’observer les difficultés que nous avons à conduire jusqu’au bout les initiatives de lutte contre la corruption  au Bénin pour nous rendre compte du caractère hasardeux, aléatoire  de la voie curative au lieu de celle de la prévention. Sans chercher à aller dans les détails (cette fois-ci), nous proposons le modèle suivant pour l’obtention de l’effet de dissuasion : D = Pr (I) x S. Dans la relation ci-dessus, nous définissons la dissuasion (D) comme le produit de la probabilité d’être inculpé (Pr (I)) et de la sanction (S). Juste pour illustrer, si la sanction est nulle – même avec une probabilité 1 d’être pris et inculpé à chaque faute – la dissuasion est nulle. De la même manière, avec une probabilité très proche de zéro d’être inculpé – même avec une sanction extrême, disons la peine de mort par exemple – la dissuasion est également nulle. C’est donc le  juste  milieu  entre  les deux qui confère aux instruments de contrôle l’effet dissuasif désiré.
Quatrième condition : Il faut que A ait envie de se servir des instruments de contrôle mis à sa disposition pour contrôler B. Deux facteurs au moins peuvent agir sur l’envie de A d’utiliser  les mécanismes de contrôle légalement prévus : (i) il est possible que, ne serait-ce que pendant une période donnée, il ne soit pas de l’intérêt de A de se servir des instruments de contrôle mis à sa disposition ; et (ii) l’environnement peut avoir sur A un effet suffisamment dissuasif pour qu’il évite de se servir correctement des outils prévus pour le contrôle. Lorsque nous nous demandons souvent pourquoi telle institution (par exemple, le Judiciaire) ne fait pas usage des moyens légalement prévus pour contribuer à la lutte contre la corruption, la réponse pourrait, entre autres, se trouver parmi les facteurs ci-dessus cités. Nous reviendrons sur chacun de ces facteurs pour voir dans les détails, comment ils influencent les performances de l’institution parlementaire.

Sources de difficulté
Une fois les conditions préalables minimales passées en revue, revenons à l’institution parlementaire pour apprécier comment se manifeste (ou devrait se manifester) chacun de ces éléments lorsqu’ils s’appliquent à cette dernière. Il s’agira essentiellement, dans la suite du présent papier (introductif) sur le contrôle parlementaire, de voir les sources possibles de difficulté dans la réalisation de chacune des conditions évoquées ci-dessus lorsque l’on se ramène au cas de l’Assemblée nationale. Apprécier ces sources de difficultés et leurs conséquences possibles sur la qualité du contrôle parlementaire constituent, de notre point de vue, un préalable à toute tentative d’amélioration des performances de l’Assemblée en cette matière là (y compris au moyen des amendements de la Constitution).
Commençons par le préalable, c’est-à-dire le fait qu’il faut qu’il y ait au moins deux acteurs A et B pour que (de façon classique) l’on parle de contrôle. Dans le cas du Parlement, le contrôleur (c’est-à-dire A), n’est pas un acteur unique, il est constitué de plusieurs dizaines de députés. Ce qui pose déjà un problème de coordination pour réaliser les majorités nécessaires pour la mise en œuvre de chaque type de mécanisme de contrôle. Mieux (ou pire, selon l’angle d’analyse), ces parlementaires sont délibérément sélectionnés de manière à s’assurer qu’ils ne seront pas souvent d’accord entre eux sur la plupart des décisions de l’Assemblée, y compris celles relatives au contrôle de l’action gouvernementale. Comme nous le   verrons  dans les articles à venir sur le contrôle parlementaire, l’on  se doit de tenir compte de ces   facteurs dans la mise en place des mécanismes de contrôle de l’action gouvernementale par le Parlement.
Passons maintenant à la première condition, c’est-à-dire celle relative aux dispositions (souvent légales) qui autorisent A (le Parlement) à contrôler les actions du Gouvernement (B), qui obligent B à répondre à A et qui encadrent les conditions d’exercice du contrôle. Les difficultés à ce niveau peuvent venir, par exemple, du caractère imprécis des textes par rapport à l’initiative et à la conduite d’une procédure de contrôle parlementaire. L’imprécision au niveau des textes se trouve aggravée par le fait que les acteurs de l’institution parlementaire, ne poursuivant pas nécessairement les mêmes objectifs, peuvent en profiter pour  rendre plus difficile la mise en œuvre de certains mécanismes de contrôle. Les difficultés peuvent également venir de ce que la procédure de contrôle telle que prévue par la loi réduit, par elle-même, la crédibilité du mécanisme de contrôle. Ceci est dû au fait que les sanctions qui peuvent découler des actions de contrôle  du Parlement sont de plusieurs ordres (politique, administratif et judiciaire) et par conséquent les procédures de mise en œuvre des mécanismes de contrôle devraient nécessairement en tenir compte. Nous nous en arrêtons là pour le moment.
Passons maintenant à la deuxième condition, c’est-à-dire celle relative à la nécessité que des sanctions soient prévues selon les résultats auxquels parviennent les actions de contrôle. Dans le cas du Parlement, ces sanctions sont au moins de trois ordres. Elles peuvent être politiques, administratives et judiciaires. Si une part substantielle des sanctions politiques peut découler directement des actions de contrôle parlementaire elles-mêmes, les autres types de sanctions exigent l’intervention d’autres acteurs, notamment celle des animateurs des autres pouvoirs de l’Etat (séparation des pouvoirs oblige). Dans ces conditions, une mauvaise articulation de l’intervention des autres acteurs dans le processus de sanction (ce qui est une question essentiellement constitutionnelle) peut annuler de fait les effets des initiatives parlementaires en matière de contrôle. Ceci peut constituer, le cas échéant, un élément  de démotivation des parlementaires qui jugeront   inutile  d’initier des actions de contrôle qui n’ont pas beaucoup de chance d’aboutir à des sanctions prévisibles.
Une autre source de difficulté à ce niveau vient de ce que les sanctions, lorsqu’elles ne sont pas adéquatement dosées, peuvent inciter les parlementaires à dévier les mécanismes de contrôle de leurs buts initiaux. En effet, les députés étant d’abord et avant tout des hommes politiques poursuivant une multitude  de   préoccupations à la fois, peuvent, selon les sanctions  prévues et les effets qui pourraient en découler,  être tentés d’utiliser les mécanismes de contrôle à leur disposition pour    poursuivre des objectifs qui leur paraissent plus pressants que la réalisation de la bonne gouvernance. Il est  donc important que, dans la disposition des sanctions et des moyens de les mettre en œuvre à la suite des actions de contrôle, compte soit tenu de ce que l’abus des pouvoirs dont dispose A est de la nature humaine.
En ce qui concerne la troisième condition, celle relative au fait qu’il faut que les mécanismes de contrôle soient autant que possible dissuasifs, les sources de difficulté pour sa mise en œuvre dans le milieu parlementaire peuvent être les suivantes. Il faut pouvoir, comme il est dit ci-dessus, doser les sanctions de façon à éviter les abus de pouvoir tout en permettant aux mécanismes de contrôle de paraître suffisamment crédibles aux yeux des acteurs soumis au contrôle parlementaire. Ceci constitue une véritable gageure dans la mesure où la scène politique constitue un milieu d’instrumentalisation par excellence de tous les moyens disponibles. S’il est facile d’augmenter le niveau de dissuasion associé à un mécanisme de contrôle, dans le cas de l’Assemblée nationale, il faut trouver le juste milieu qui crédibilise ledit mécanisme sans pour autant le transformer en instrument de chantage et/ou d’extorsion de ressources.
Voyons pour finir, la quatrième condition nécessaire pour un contrôle effectif et efficace, c’est-à-dire celle relative aux éléments qui déterminent l’envie d’utilisation des mécanismes de contrôle par le contrôleur. Les difficultés à la réalisation de cette condition, dans le cas du contrôle parlementaire, peuvent venir essentiellement de deux sources. La première source de difficulté tient de ce que dans la plupart des parlements, la majorité qui emporte souvent la décision est en règle générale du côté du gouvernement dont l’Assemblée doit contrôler les actions. Tout se passe donc comme si, l’on demandait à une majorité de se contrôler elle-même, la difficulté de ce point de vue est immédiate. La deuxième source de difficulté, quant à elle, vient de ce que les relations entre les parlementaires et leurs électeurs (c’est-à-dire entre nous citoyens et nos élus) ne sont pas de nature à inciter les députés à l’agressivité dans le contrôle de l’action gouvernementale. Par exemple, lorsque les parlementaires sont vus comme des agents sociaux qui doivent nous aider à résoudre la plupart de nos problèmes personnels, lorsque nous les considérons comme ceux capables d’aider nos parents à trouver du travail quels que soient leurs niveaux de compétence, nous ne les incitons pas à rechercher la rigueur dans la gestion des affaires publiques.
Il en est de même lorsque nous sentons que la participation des nôtres (les membres de notre famille, de notre ethnie et/ou de notre région) à la gestion des affaires publiques doit être une manière de prendre notre part du gâteau national. Il nous est, dans ce cas, très difficile d’accepter que des députés d’un autre groupe soient agressifs dans le contrôle de la gestion de compatriotes d’autres groupes, par exemple le nôtre. Ceci constitue un frein à l’envie de contrôler dans la mesure où, il sera difficile pour un leader politique qui a été par le passé très incisif dans la poursuite d’un acteur indélicat d’un groupe donné d’aller par la suite  solliciter les suffrages des électeurs de ce groupe là. Les facteurs ci-dessus non seulement n’incitent pas souvent à recourir aux mécanismes prévus pour le contrôle parlementaire, mais ils peuvent également inciter à les dévier de leurs buts initiaux de manière à pouvoir satisfaire les besoins des électeurs qui sont finalement les éléments qui déterminent la longévité de la carrière du politicien.
Nous  nous  en arrêtons là,  en promettant d’attaquer à partir du prochain numéro de Res Publica, l’appréciation des problèmes que le contrôle parlementaire de l’action gouvernementale et des améliorations qui peuvent lui être apportées dans le cadre d’un processus de révision constitutionnelle.

[Res Publica]

Mathias Hounkpè
La croix du Benin

Prise du décret d’application de la loi sur le statut de l’opposition : Les « G » et « F » applaudissent la décision du Chef de l’Etat (Ils renoncent stratégiquement au Forum sur le dialogue national)

Prise du décret d’application de la loi sur le statut de l’opposition Les « G » et « F » applaudissent la décision du Chef de l’Etat (Ils renoncent stratégiquement au Forum sur le dialogue national) Les « G » et « F » par la voix de Antoine Idji Kolawolé, président du Comité d’organisation du séminaire de Bohicon, ont apprécié la démarche du chef de l’Etat ayant conduit à la prise du décret d’application de la loi sur le statut de l’opposition adoptée depuis 2002.

Longtemps agité au sein de la classe politique béninoise, le décret d’application de la loi sur le statut de l’opposition a fini par être pris par le chef de l’Etat. Il a voulu ainsi se conformer aux textes. Ce geste n’est pas passé inaperçu dans la grande famille de l’ « opposition » virtuelle. Les « G » et « F », par la voix de Antoine Idji Kolawolé, ont salué cet acte de responsabilité et de grand démocrate posé par le président Thomas Boni Yayi. « C’est tout à l’honneur de la démocratie béninoise », a-t-il confié. Surtout que la loi relative au statut de l’opposition a été adoptée depuis 2002 et c’est maintenant qu’intervient la prise du décret d’application. Toutefois, Antoine Idji Kolawolé n’approuve pas le fait qu’on veuille pousser tel ou tel autre parti politique ou coalition de partis politiques vers l’opposition. Selon lui, il faut donner le temps à chaque formation ou mouvement politique de se prononcer sur son bord politique. Il s’agit déjà là d’un démenti cinglant à tous ceux qui considèrent les « G » et « F » comme des partis ou alliance de partis de l’opposition.

Renoncement stratégique au Forum sur le dialogue national

Quant au Forum sur le dialogue national initié par le chef de l’Etat pour les 27 et 28 novembre prochains à Cotonou, les « G » et « F », par la voix de leur porte-parole de circonstance, se sont plaints du fait qu’ils ne soient pas consultés avant la fixation des dates de la tenue du forum. « Nous avons déjà pris depuis plus de deux (2) mois les dispositions nécessaires pour l’organisation de notre séminaire les 28 et 29 novembre prochains. Des engagements ont été déjà pris, des frais ont été engagés, des hôtels ont été déjà réservés. En somme, tout est déjà fait de notre côté quand, par voie de presse, on apprend que le gouvernement organise les 27 et 28 novembre prochains un Forum sur le dialogue national. Et il y a seulement 72 heures que nous avions reçu officiellement les cartes d’invitation. Je pense que c’est précipité. Nous allons l’expliquer par voie légale au chef de l’Etat », a expliqué Antoine Idji Kolawolé. C’est désormais clair que les « G » et « F » ne seront pas de ce forum si le gouvernement tient mordicus à l’organiser les 27 et 28 novembre prochains. Les débats vont se poursuivre, à cet effet, entre « mouvance » et « opposition ».

Source: AUBE NOUVELLE

Journées nationales d’échanges et de dialogue politique: Yayi Boni n’a pas réussi son pari

24 heures après le passage de Mathieu Kérékou et du G13 au Palais de la Marina, Yayi Boni a poursuivi ses contacts avec la classe politique hier mardi 25 novembre 2008. Il a reçu Bruno Amoussou, Nicéphore Soglo et les responsables de Force Clé de Lazare Sèhouéto. Ils sont tous embarrassés à prendre la main tendue du Président de la République. Ce qui hypothèque la réussite des journées nationales d’échanges et de dialogue politique qu’ils envisagent boycotter.
Mathieu Kérékou et les députés du G13 sont les premiers à ouvrir le bal le lundi 24 novembre 2008 au Palais de la Marina. 24 heures après, il s’en est suivi un interminable défilé des acteurs de la classe politique.

Bruno Amoussou, président du Parti social démocrate (Psd), Soglo père et fils, membres de la Renaissance du Bénin (Rb) à la tête de la municipalité de Cotonou, Lazare Sèhouéto et ses compagnons de route de Force Clé, députés à l’Assemblée nationale sont allés échanger avec le chef de l’Etat Yayi Boni, déterminé à retrouver ensemble avec ses protagonistes une issue à la crise politique.

Seulement que toute son énergie n’arrive pas encore à concilier toutes les positions et les opinions. Que d’efforts déjà accomplis par le président de la République. Que de grandes manœuvres et des signes d’amabilité à l’endroit de ceux qui ont tant de choses à lui reprocher et espèrent que les choses changent ou que Yayi Boni rectifie le changement avant de baisser leur garde un tant soi peu. Le chef de l’Etat a de bonnes raisons d’appeler tout le monde à l’union afin d’éteindre le feu qu’il a allumé et que la classe politique l’a aidé à raviver.

Le chef de l’Etat joue au sapeur pompier, mais la puissance des flammes ne lui permet pas d’éteindre ce feu. Depuis que l’Assemblée nationale bloque son pouvoir et que l’hémicycle est devenu le lieu par excellence des rapports de force entre les députés et le gouvernement, jamais le Palais de la Marina n’a grouillé d’autant de monde en si peu de temps. Yayi Boni qui était résolu à ne faire que ce « que l’inspiration divine lui recommande » a compris que la providence ne rime pas avec la politique. En recevant ces différentes figures de la classe politique, il y a une volonté manifeste de régler une situation qui n’a fait que pourrir depuis longtemps. On comprend que Yayi Boni veut qu’on écrive avec lui un autre chapitre palpitant et plus agréable. Un nouveau chapitre dont les pages sont encore blanches. Un blanc que le Président de la République veut effacer avec les journées nationales d’échanges et de dialogue politique.

L’autre conférence nationale de 1990, qui a permis au Bénin de se relancer politiquement et de se mettre sur les rails d’un nouvel essor économique. La rencontre de 1990 a eu lieu dans un climat de confiance et toutes les forces vives y ont adhéré sans hésitation et sans esprit de suspicion et de méfiance. Ce qui n’a rien à voir avec la situation actuelle. En dehors des députés de Force clé et de G13 qui n’ont pas fait de déclaration à leur sortie d’audience avec le chef de l’Etat Yayi Boni qui a projeté ces journées de dialogue, Nicéphore Soglo et Bruno Amoussou ont salué l’initiative, dont l’objectif est de décrisper la crise politique.

Décrispation d’accord, mais régler les préalables d’abord
Comme Nicéphore Soglo, Bruno Amoussou souhaite que des questions préalables soient réglées. L’ancien président a estimé que le tout ne suffi pas de parler il faut que le locataire de la Marina passe à l’acte. Dans un contexte, où rien n’est défini pour au moins savoir à qui serviront les conclusions des journées d’échanges, l’ancien président ne pense pas qu’il faut précipiter les assises de ce genre. A travers ses propos, il en a appelé à la responsabilité du chef de l’Etat dans tout ce qu’il entreprend comme chantier politique.

« Il faut passer à l’acte », a répété, Nicéphore Soglo. Que le Président de la République fasse preuve de sincérité et qu’il respecte la parole donnée, a reprécisé le maire de Cotonou lors des échanges au salon d’honneur. Il est resté sur la même longueur que Bruno Amoussou. Sur la question de la rencontre des 27 et 28 novembre prochain, il ne faut pas se leurrer, ils ne se laisseront pas entraîner dans une aventure dont les fondamentaux et les principes de base sont déjà faussés. Ils auraient souhaité être concertés avant que la date ne soit projetée.

Car hasard de calendrier, le G13, le G4 et Force Clé seront au cœur d’un séminaire à Bohicon les 28 et 29 novembre 2008 pour réfléchir sur le combat commun. Il y a un chevauchement de dates, dont les forces de l’opposition ont prétexté pour décliner l’invitation du gouvernement. En clair le chef de l’Etat n’a pas eu ce qu’il voulait en initiant ces différentes rencontres à la présidence. Il avait l’espoir secret de convaincre les forces alliées de l’opposition à ne pas boycotter les journées de dialogue. Mais il n’ y est pas parvenu.

Le G4 composé des ténors comme Nicéphore Soglo, Bruno Amoussou, Séfou Fagbohoun, Adrien Houngbédji, Antoine Idji Kolawolé, le G13 qui est un jeune regroupement où se retrouvent des leaders comme Issa Salifou, Antoine Dayori, Valentin Houdé, Sacca Fikara Rachidi Gbadamassi, de même que des députés Joachim Dahissiho et Léon Basile Ahossi issus de la formation politique, de l’Undp de l’ancien chef de l’Etat Emile Derlin Zinsou, ne seront pas à la rencontre. Idem pour Force Clé. Il s’agit des personnalités de l’opposition dont nombre d’entre elles se succèdent au Palais de la Marina.

Malgré toutes ces manœuvres et en attendant d’autres annoncées dans les heures qui suivent, Yayi Boni n’est pas encore au bout de ses peines. Il doit davantage retrousser ses manches parce qu’il lui reste encore du chemin à faire pour renverser la situation politique actuelle. Même s’il faut établir qu’en l’espace de deux jours, le locataire de la Marina s’est entretenu avec plus d’une quinzaine de personnalités de la classe politique, le ver est toujours dans le fruit.



Fidèle Nanga

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ORGANISATION DEMAIN DES JOURNÉES DE RÉFLEXION POLITIQUE. Vers l'absence des G4, G13 et Force clé

Pour raison de chevauchement de calendriers, les responsables des formations politiques du G4, G13 et Force clé ne pourront pas être présents au forum sur le dialogue national convoqué par le chef de l’Etat pour les 27 et 28 novembre. Ils l’ont fait savoir hier à travers un point de presse animé par Antoine Kolawolé Idji au siège du parti MADEP à Cotonou Les principales formations politiques de l’opposition non déclarée ne répondront pas à l’appel du président de la république qui s’inscrit dans la volonté de réunir les formations politiques et les membres de la société civile autour d’une même table pour parler de la tension politique qui devient de plus en plus perceptible. Malgré les multiples démarches entreprises par le président Boni Yayi les choses semblent ne pas se normaliser. Il s’est alors révélé nécessaire et urgent de prendre langue avec la classe politique afin de trouver une porte de sortie à cette crise dont les conséquences politiques sont manifestes au parlement. La convocation par le président Boni Yayi de journées de réflexion politique porte alors les promesses de l’espoir d’un dégel. Mais voilà ce rendez-vous appelé de tous les voeux ne portera pas ses fruits. Les responsables du G4, G13 et Force clé ne seront pas présents. Ils tiennent dans la période un séminaire à Bohicon. En effet les 28 et 29 novembre, les principaux responsables et animateurs de ces partis réfléchiront, sur leur propre initiative, aux crises multiples qui secouent le pays. Ce séminaire annoncé par le président du comité préparatoire, le président Idji Kolawolé regroupera les responsables de ces formations politiques. Ils échangeront sur les voies et moyens pour maintenir dit-il "le Bénin uni pour qu’il continue de rester en paix, pour que les Institutions constitutionnelles fonctionnent mieux, que la démocratie survive et se consolide, pour qu’enfin les profondes aspirations de notre peuple à vivre mieux et en sécurité se réalisent." Il ne s’agit pas pour eux d’organiser une conférence nationale bis, mais il est tout de même loisible de constater que beaucoup de participants à ce séminaire ont été des témoins privilégiés de la conférence des forces vives de la nation. Ce séminaire semble donc aussi important pour les G que celui annoncé par le chef de l’Etat. D’ailleurs ils rappellent qu’ils étaient les premiers à écrire le 8 septembre dernier au président Boni Yayi pour souhaiter une telle rencontre. Mais lors de la fixation de la date, ils n’ont pas été associés. Le chef de l’Etat l’aurait fait qu’ils lui auraient indiqué une date qui arrangerait les deux parties. Leur séminaire a été programmé depuis 2 mois donc avant l’annonce de la date du chef de l’Etat sur la tenue de ce forum de dialogue. ‘’Nous avons appris l’organisation de ce Forum par les médias, avant d’en avoir confirmation écrite par le Gouvernement, a laissé entendre Idji, avant de dire qu’ils sont pour le dialogue. mais qu’ils s’interrogent sur son contenu. Il faut savoir ‘’sur quoi il portera, quels objectifs il vise, comment il est organisé, de quelle façon il doit se dérouler, et cela, nous ne le savons pas. Mais, nous restons ouverts’’ a-t-il ajouté, avant de préciser que le séminaire n’est dirigé contre personne. Réagissant par rapport à la prise de décret sur le statut de l’opposition, le président Idji a déclaré ne pas encore vu le décret pris par le chef de l’Etat. Maintenant que les principaux acteurs du jeu politique ne seront pas présents la décision la plus raisonnable serait de reporter les journées de réflexion prévues pour demain.

    DECLARATION LIMINAIRE

   Mesdames, Messieurs, Bonjour !

   J’ai demandé à vous rencontrer ce matin en ma qualité de Président du Comité Préparatoire d’un Séminaire que j’ai un très grand plaisir à vous annoncer et qui regroupera les 28 et 29 Novembre 2008 à BOHICON, les responsables et principaux animateurs du G4- du G13 et de Force-Clé. En effet, face aux crises multiples qui secouent notre pays, dans une Afrique en crise, dans un monde en pleine crise, les Présidents SOGLO, Adrien HOUNGBEDJI, Bruno AMOUSSOU, Sefou FAGBOHOUN, SEHOUETO Lazare, ISSA Salifou, SAKA Fikara, Edmond AGOUA, Antoine DAYORI, Basile AHOSSI, VENANCE Gnigla, etc.… etc.… ont estimé qu’il était nécessaire et urgent de se retrouver pour réfléchir ensemble et échanger sur les voies et moyens pour maintenir le Bénin Uni, pour qu’il continue de rester en paix, pour que les Institutions Constitutionnelles fonctionnent mieux, que la Démocratie survive et se Consolide, pour qu’enfin les profondes aspirations de notre peuple à vivre mieux et en sécurité se réalisent.

     Vous constaterez qu’un grand nombre de participants au Séminaire de BOHICON étaient déjà des animateurs majeurs de notre Historique Conférence Nationale, au succès de laquelle ils ont apporté une contribution décisive. Il ne s’agit pas pour nous, à BOHICON, de rééditer la Conférence Nationale. Mais nous sommes convaincus qu’il faut en retrouver l’esprit pour que le Bénin reste stable et qu’il avance, dans l’Union, dans la Paix , parce que c’est l’union qui fait la Nation , parce que c’est la Paix qui forge son destin. Oui, vous vous étonnez du chevauchement possible avec le Forum de Dialogue National souhaité par le Chef de l’Etat pour les 27 et 28 Novembre 2008. Nous avons appris l’organisation de ce Forum par les Médias, avant d’en avoir confirmation écrite par le Gouvernement. Bien entendu, nous sommes, nous du G4, G13 et Force-Clé, nous sommes pour le Dialogue. Nous avons écrit le 8 Septembre 2008 au Chef de l’Etat pour lui proposer de dialoguer avec nous. Nous sommes pour le dialogue, pour un dialogue vrai et sincère, à l’écart des slogans, des effets d’annonce et de manche, à l’écart du Show Médiatique. Si nous avions été consultés, nous aurions recommandé d’autres dates du Chef de l’Etat, puisque nous, nous avons arrêté les dates du 28 et du 29 Novembre 2008 depuis environ deux mois, que nous avons pris ses toutes les dispositions matérielles et logistiques, et qu’il est pratiquement impossible de les modifier. Nous sommes pour le dialogue. Encore faut-il savoir sur quoi il portera, quels objectifs il vise, comment il est organisé, de quelle façon il doit se dérouler, et cela, nous ne le savons pas. Mais, nous restons ouverts.

   Mesdames, Messieurs, je voudrais dire en terminant que le Séminaire de BOHICON n’est pas CONTRE une personne ou un groupe politique. Le Séminaire de BOHICON est organisé pour que les Forces regroupées au sein du G4 - G13 et de Force-Clé apportent une contribution décisive pour que les Béninois vivent mieux, vivent en paix et en Sécurité, pour qu’ils vivent Unis, parce que l’Union fait la Nation.

    Président du Comité Préparatoire du Séminaire G4, G13 et Force-Clé de BOHICON

    Kolawolé A.IDJI

Chronique du jour: la médiation Kérékou

Mathieu Kérékou est de retour au cœur de la politique. Le poids de la crise et les incertitudes qui teintent l’horizon, ont introduit dans la politique le recours à l’ancien président de la République. La Colombe Kérékou reprend l’initiative pour partager ses vertus de la paix et de l’unité nationale. Les chaînes de télévision ont montré l’image du début du dégel. Kérékou au palais de la République entouré des députés du G13 et de Boni Yayi. Le conclave historique n’a pas encore livré ses secrets, mais une évidence colle au cours irrémissible de l’actualité de la crise. Le kaméléon a bien décidé de sublimer son statut et d’assumer son destin d’homme de paix. C’est un nouveau rendez-vous qu’il prend avec l’histoire.

Comme une maladie qui exige sa thérapie, la crise impose la solution Kérékou. Les symptômes du mal politique et le blocage qu’ils induisent font peser sur le pays une anémie de la cohésion nationale. La recette Kérékou enfle les espoirs.

Le face-à-face Yayi-G13 arbitré par Kérékou, est un tournant dans la quête de la décrispation politique longtemps ruinée par les querelles de clans répétées. La configuration du G13, entité politique contrôlée par d’anciens lieutenants de Kérékou, est un élément qui peut faciliter la médiation. Dans son essence même, le G13 est exposé à l’effet Kérékou. Le devoir de gratitude et d’obéissance apparaît ici comme une source de motivation. Le départ du pouvoir n’enlève rien au charisme du Général et à son influence sur ses anciens protégés.

Outre les atouts offerts par des données que le passé met au service du tissu Kérékou-G13, le contexte actuel de crise s’ouvre à un facteur de dégel : la volonté des acteurs politiques à effacer la tension. L’ancien président peut exploiter cette donne pour faire chuter le thermomètre politique.

Boni Yayi déborde en effet d’inspiration dans sa démarche pour régler la crise. Rencontres avec des leaders du G4, Nicéphore Soglo, Bruno Amoussou, et les barons de force clé au palais de la République ; discours de paix à Abidjan, initiative des journées de réflexion sur la crise. A la volonté du chef de l’Etat répond la disponibilité des G et Force clé. La classe politique montre sa générosité dans le dialogue.

G4, G13, Force clé et le chef de l’Etat parrain de Fcbe diluent les rancunes et quittent la logique du jusqu’auboutisme effarant pour entrer dans la dynamique de décrispation. La politique béninoise s’apprête à obtenir le gain de la paix. Le général Kérékou n’a qu’à jouer sa carte politique favorite, la diplomatie, pour semer la réconciliation politique nationale. Il ne manquait que Kérékou pour soigner la politique en souffrance. Fort heureusement, il est de retour. C’est une bonne nouvelle.

La crise politique fait de Kérékou, l’homme de la situation comme il le fut naguère en 1972 et en 1996. Mais cette fois-ci, la conquête du pouvoir n’est plus au cœur du come-back du kaméléon. Les exigences de la crise lui ont substitué une nouvelle tâche : l’apaisement. Kérékou n’est pas étranger à ce genre d’exercice qui avait fait la force de son régime. La paix, ce seul mot suffit à donner l’appétit à l’ancien chef de l’Etat. Kérékou a de la matière. Sa seule acceptation de la médiation est déjà une victoire, le premier signe du dégel. Les politiciens en activité se chargeront du reste.


Sulpice O. Gbaguidi, 26 novembre 2008

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Le président Soglo se félicite de la volonté d’ouvrir le dialogue

Accompagné du Premier adjoint Léhady Soglo, le maire de Cotonou, Nicéphore Soglo a rendu visite au chef de l'Etat Boni Yayi. Cette rencontre intervient dans le cadre de l'organisation des journées de réflexion politique projetées pour demain et qui devraient rassembler les forces vives, les leaders politiques et la société civile. A la sortie d'audience, le président Soglo, a déclaré être parti remercier le chef de l'Etat de l'initiative d'organiser une rencontre avec toutes les forces politiques afin de trouver des solutions idoines à la crise politique qui empêche depuis des mois, le fonctionnement normal des institutions de la république. Il pense que ce dialogue est nécessaire pour créer les conditions de la relance du développement du pays. Sans nul doute, que faisant partie du G4, le parti du Maire, la Renaissance du Bénin, ne manquera pas à l'esprit de cohésion et de solidarité qui régit depuis des mois les rapports au sein de la coalition G4, G13 et Force clé. La rencontre qui se tient à Bohicon les 28 et 29 novembre a toutes les chances de regrouper tous ceux que la presse qualifie aujourd'hui d'opposition non déclarée. Lors de sa déclaration on a pu noter la courtoisie du ton du président Soglo, preuve que les choses sont en train de bouger au niveau de l'ouverture politique, du moins en ce qui concerne le camp RB. La naissance il y a quelques jours du cadre de concertation Municipalité-Gouvernement conclu entre le chef de l'Etat et Léhady Soglo et concrétisé par un décret présidentiel sont des signes qui ne trompent pas.

Conclave, les 28 et 29 novembre, à Bohicon : L’« opposition » travaille pour la paix et le dialogue social

L’ « opposition » virtuelle formée par le G4, le G13 et Force Clé veut contribuer au maintien de la paix et à la promotion du dialogue social entre les forces politiques. Ce sera à travers un grand séminaire de réflexion intitulé « Université d’été » prévu les 28 et 29 novembre prochains à Bohicon, dans le Zou, avec la participation effective des barons et militants des « G » et « F ».

Par : Serge-David ZOUEME

Plus rien ne bloque la tenue de ce conclave des 28 et 29 novembre prochains initié par le G4, le G13 et Force Clé à Bohicon. Ils y tiennent même au détriment du Forum sur le dialogue national projeté par le pouvoir central. Face aux crises qui secouent le Bénin, les ténors politiques tels que Antoine Idji Kolawolé du Madep, Lazare Sèhouéto de l’alliance Force Clé, Nicéphore et Léhady Soglo de la Renaissance du Bénin, Adrien Houngbédji et Moukaram Badarou du Prd, Issa Salifou Saley, Rachidi Gbadamassi, Edmond Agoua, Cyriaque Domingo du G13, ont décidé de se retrouver dans un cadre restreint pour réfléchir et apporter des réelles solutions dans la perspective de la décrispation de la tension encore vive entre « mouvanciers » et « opposants ». Au cours de sa sortie médiatique, hier mardi, au siège du Mouvement africain pour la démocratie et le progrès à Akpakpa, le président du comité d’organisation dudit séminaire, Antoine Idji Kolawolé, a précisé que les motivations du conclave sont d’aider, à travers des idées constructives et novatrices, la démocratie béninoise à survivre et à se consolider ; de permettre aux institutions de la République de bien fonctionner au service de la nation. Contrairement à certains propos qui tendent à caricaturer le séminaire des « G » et « F », le président du comité d’organisation informe qu’il n’est pas question de réinventer la conférence nationale de 1990. Mais, il urge, précise-t-il, que l’on réinstaure l’esprit de cette conférence afin de contribuer efficacement au renforcement de la paix au Bénin et à la promotion du dialogue social entre les adversaires politiques.

« Le conclave de Bohicon n’est pas orienté contre Yayi »

A en croire Antoine Idji Kolawolé, l’ « Université d’été » de Bohicon n’est pas orientée contre une personne, encore moins contre un régime. Les « G » et « F », poursuit-t-il, sont pour le vrai dialogue à l’écart des effets d’annonce, des shows médiatiques comme il serait actuellement le cas. Il convie tous les personnes éprises de la paix et du dialogue social à se joindre à eux pour des propositions réelles de sortie de crise au Bénin.

Ballet des « G » et Force clé au Palais de la Présidence : le forum avant date ?

Le passage des membres des « G » et Force clé au cabinet du Chef de l’Etat apparaît aux yeux de nombre d’observateurs politiques comme un signe avant coureur de la décrispation de la tension politique latente depuis des mois.
Ces différentes séances démarrées depuis lundi et qui ont vu le passage des grands ténors que sont Bruno Amoussou, Nicéphore Soglo, Lazare Sèhouéto et autres semblent dénoter déjà de la nature des débats qui auront cours lors du forum annoncé par le Chef de l’Etat, une rencontre qui permettra de réfléchir sur la situation politique nationale.

Il est aujourd’hui presque certain que ce forum va être reporté à une date non encore maîtrisée compte tenu du calendrier très chargé de ceux qui devraient contribuer à la réussite parfaite de cette rencontre. Mais le principe de la rencontre est cependant acquis. Les bases et la nature même des débats à ce forum sont en train d’être bien renforcées à travers cette rencontre en ce sens que de telles rencontres ne constituent pas l’occasion pour les uns et les autres de faire d’autres déballages. Le principe veut que les grands débats soient menés en sourdine.

La cérémonie organisée au vu et au su de tout le peuple va donc apparaître comme une séance consacrée aux grandes déclarations. L’acte actuel du Président Boni Yayi permet d’aplanir les divergences, d’aborder des questions de fond avec toutes les forces politiques du pays. C’est aussi une manière de prendre le pouls de la situation afin de savoir comment orienter les discussions lors de ce grand-rendez-vous politique qui risque de rester dans l’histoire comme un acte très marquant. La cuisine interne étant faite, il revient aux différents acteurs de la vie politique nationale de faire le point et d’apporter leur contribution afin de provoquer la décrispation politique.

On peut donc comprendre que c’est un véritable combat que mène le Chef de l’Etat pour baliser le terrain. Et si en deux journées il a su écouter ses adversaires politiques, il lui revient de savoir comment gérer la suite. Mais avant, la date et le lieu de cette rencontre historique doivent être revus pour une bonne gestion des travaux.

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Après le G13 : Soglo, Amoussou et Force Clé chez Boni Yayi

Les barons politiques du G4 et de l’alliance Force Clé ont emboîté le pas, hier mardi, à leurs homologues du G13. Ils ont été reçus en audience par le chef de l’Etat, le président Thomas Boni Yayi. Au centre des préoccupations, la crispation des rapports politiques entre les « G » et « F » et le pouvoir central.

Trois (3) principaux sujets ont été débattus au cours des entrevues que le chef de l’Etat a eu séparément avec le G4 et Force Clé. De sources concordantes, il s’agit de la crispation à l’Assemblée nationale, les guéguerres latentes entre le G4, le G13 et l’alliance Force Clé et enfin l’invitation de la coalition dite de l’ « opposition » au Forum sur le dialogue national prévu les 27 et 28 novembre prochains à Cotonou. Les uns et les autres, dans un cadre spécial, ont exprimé leurs préoccupations dans la perspective du maintien de la paix, de la cohésion nationale et de la promotion du dialogue social. Le premier à être reçu en audience par le chef de l’Etat est le président du Parti social démocrate (Psd), Bruno Amoussou. Avec lui, il a été essentiellement question du Forum sur le dialogue national. Au regard des aspirations du chef de l’Etat et des motivations dudit forum, Bruno Amoussou a souhaité qu’on approfondisse et élargisse les réflexions vers d’autres partenaires politiques en vue de faire de cette rencontre une réussite pour la décrispation politique. Il a été suivi par le maire et le premier-adjoint au maire de la ville de Cotonou, Nicéphore et Léhady Soglo. Absent du territoire national depuis peu, le baron de la Renaissance du Bénin (Rb) a beaucoup apprécié les efforts faits par le chef de l’Etat dans le souci du maintien de la cohésion nationale. Il a ainsi fait allusion à la création d’un cadre de concertation qui existe désormais entre la mairie et le ministère de l’urbanisme pour la gestion de la ville de Cotonou. Il a aussi donné un avis favorable pour l’organisation du Forum sur le dialogue national initié par le président de la République même si, pour l’heure, des doutes persistent encore autour de sa tenue effective. La délégation de l’alliance Force Clé conduite par l’ancien ministre Lazare Sèhouéto a emboîté le pas au G4. A leur sortie d’audience, les membres de la délégation n’ont fait aucune déclaration à la presse. Cependant, les indiscrétions laissent filtrer comme information le souci de Lazare Sèhouéto et des siens de voir le chef de l’Etat honorer ses engagements vis-à-vis des « G » et « F ». Toutefois, la démarche vers la décrispation politique est enclenchée et beaucoup entrevoient déjà le dégel de la crise entre les « G », « F » et le gouvernement Yayi.

SITUATION POLITITIQUE NATIONALE (Déclaration de Bruno Amoussou) : «Il faut que ces assises soient préparées comme la conférence nationale»

Le porte parole du G 4, Bruno Amoussou, a été reçu en audience par le président Boni YAYI dans la matinée d’hier. Il était allé faire part au chef de l’Etat des préoccupations qui sont celles de son regroupement politique par rapport aux assises que le gouvernement a décidé d’organiser à l’intention des acteurs politiques et de la société civile. Voici la déclaration qu’i l a faites à la presse à l’issue de l’audience.
« Sur invitation du Chef de l’Etat, Je suis arrivé pour échanger avec lui sur la situation politique bien sûr et sur certains développements de la sous-région. L’essentiel porte sur les assises du dialogue qui ont été proposées et projetées par le gouvernement. Nous avons examiné le contour de ce rassemblement et j’ai pu faire faire part au gouvernement des préoccupations qui sont les nôtres pour que ces assises ne soient pas un grand forum, mais que cela puisse déboucher sur des questions concrètes.

Il est vrai que la date qui a été envisagée correspond à peu près à une date que nous avions arrêtée pour notre groupe politique que nous constituons. Nous répondrons cet-après midi par une correspondance adressée au ministre chargé des Relations avec les Institutions qui nous a adressé une invitation pour souhaiter que les assises soient préparées comme nous l’avions fait à la conférence nationale. Il y a eu une longue période de préparation, de consensus, parce que ces genres de rassemblement en réalité consacrent des accords qui sont déjà conclus. Ce n’est pas là qu’on discute des détails des questions.

Et si l’on ne procède pas comme cela, on aura fait un nouveau forum sur la vie chère ou sur la gouvernance concertée ; toutes sortes de rassemblement du genre et n’obtiendra pas de résultat. Le chef de l’Etat attend de recevoir la lettre que nous allons envoyer en réponse au ministre chargé des relations avec les institutions.

Et à l’analyse de cette lettre, il verra quelles sont les mesures et les décisions que, lui et son gouvernement, pourraient prendre pour permettre à ses assises de donner des résultats espérés par nous tous. Il est évident que personne ne refuse le dialogue, personne n’est heureux, lorsqu’il y a tension, une tension qui se cristallise surtout au niveau de l’Assemblée nationale.

Mais avec le temps et les échanges auxquels nous pouvons procéder, comme nous venons de le faire, probablement nous pourrions parvenir à des accords qui nous permettront de faire fonctionner normalement les institutions et d’établir une meilleure collaboration entre les institutions de la République ».

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novembre 25, 2008

Rencontre Yayi-Kérékou-G13 au Palais de la République hier : le dialogue politique renoué (Le Président Soglo attendu ce jour au Palais)

Le Président Boni Yayi a reçu hier au Palais de la présidence de la République 9 députés du G13 en présence du Général Mathieu Kérékou. Les discussions ont tourné autour de la crise politique nationale qui secoue le pays depuis plusieurs mois.
Les deux parties, en présence du Président Mathieu Kérékou, en dépit de leur divergence de point de vue, viennent ainsi de renouer avec le dialogue politique. Dans le même registre, le Président Nicéphore Soglo est attendu ce jour au Palais de la Présidence.

Les députés Bako Arifari, Léon Ahossi, Edmond Agoua, Rachidi Gbadamassi, Valentin Aditi Houdé Sacca Fikara, Joachim Dahissiho et autres membres du G13 étaient hier au Palais de la Présidence dans le cadre d’une rencontre avec le Chef de l’Etat. En présence du Général Mathieu Kérékou qui a joué le rôle de médiateur, les discussions ont porté sur les points qui constituent la pomme de discorde entre le pouvoir du Président Boni Yayi et les forces de l’opposition.

C’est surtout l’accord de législature qui, selon le G13, n’a pas débouché sur la satisfaction des points sur lesquels les deux camps se seraient convenus, qui a été le principal point d’incompréhension abordé à cette séance. Les deux parties ont évoqué les points d’ombre qui ont de tout temps constitué la source de tension. C’est pour rassurer ses interlocuteurs de sa ferme volonté de voir le climat politique entièrement décrispé que le Chef de l’Etat a convoqué cette rencontre.

C’est dire donc qu’un nouveau départ vient d’être lancé dans le cadre des relations entre le gouvernement et la force politique G13.

Dans le même cadre, des informations proches du Palais de la Présidence indiquent que l’ancien chef de l’Etat, le Président Nicéphore Dieudonné Soglo est attendu à la Présidence pour une discussion avec le Chef de l’Etat.

Nul doute que la crise politique nationale sera le plat de résistance de cette discussion. Comme quoi, chaque protagoniste de la crise politique nationale s’active à jouer sa partition afin que la situation revienne à la normale.

Cécil Ahouélété ADJEVI

Toujours sage !
On ne le dira jamais assez. Le Président Mathieu kérékou est une référence dont la disparition risque d’être un coup dur pour le peuple béninois, compte tenu du charisme qui caractérise l’homme. Le Caméléon a toujours su garder sa notoriété qu’on lui connaissait.

Tel un modérateur, un pacificateur, le Président Mathieu Kérékou a voulu peser de tout son poids dans le règlement de la crise politique qui secoue le pays entier depuis des mois. En témoigne sa présence hier au Palais de la présidence lors de la rencontre entre le Chef de l’Etat et le G13. Sous d’autres cieux, il aurait plutôt servi en sourdine en allumant le feu pour finir par jouer au sapeur pompier.

Mais il vient de surprendre le peuple en décidant de jouer sa partition. Cette icône que constitue le Général Mathieu Kérékou et les rôles historiques qu’il n’a cessé de jouer font de lui l’homme le plus adulé du monde politique béninois. D’aucuns diront qu’il est pus qu’un sage.

C.A.A.

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Décrispation de la vie politique Kérékou joue au médiateur entre Yayi et le G13

(Il a présidé une rencontre qui s’est terminée tard dans la nuit- Photo de la rencontre)
Après l’échec de la médiation Gbagbo et Bongo, c’est un retour à la case départ que le Chef de l’Etat vient d’effectuer. En effet, ce qui apparaissait comme une rumeur de mauvais goût s’est aujourd’hui avéré juste. Dans la crise qui oppose le Dr Boni Yayi à ses amis d’hier, les membres du G13, c’est le Général Mathieu Kérékou qui est aujourd’hui le médiateur patenté. Il a reçu hier une délégation du G13 forte de plus de neuf députés dont le Coordonnateur Nassirou Bako Arifari, Rachidi Gbadamassi, Léon Ahossi, Valentin Aditi Houdé, Saca Fikara, et tout le reste, excepté les honorables Issa Salifou, Antoine Dayori et Venance Gnigla. Etait également présent à cette séance, selon nos sources, le président de la République, le Dr Boni Yayi. Démarrée autour de 17heurees, les discussions se sont poursuivies jusqu’autour de 22 heures. Selon nos sources, cette séance à huis clos s’est essentiellement basée sur la crise actuelle qui secoue le monde politique. Il s’est également agit de convaincre les membres du G13 de ne pas boycotter les journées de réflexions projetées par le gouvernement du Dr Boni Yayi pour les 26 et 27 Novembre prochain. Comme on pouvait s’y attendre, les débats se sont déroulés dans une atmosphère détendue. L’humour du Général Mathieu Kérékou est passé par là.
Les premières leçons de cette rencontre
D’abord, il faut noter qu’en ayant recours au président Mathieu Kérékou, Dr Boni Yayi a remis ce dernier en selle. Non seulement, il a de nouveau son mot à dire sur la gestion du pays après tant d’années de pouvoir qu’il ne convient pas de qualifier en cette circonstance, il détient aujourd’hui l’avenir politique de Boni Yayi entre ses mains. Yayi, en réhabilitant le président Kérékou, démontre lui ses limites à pouvoir fédérer autour de lui les forces vives de ce pays de quelque horizon que ce soit. C’est également, la preuve de ce que le G13, longtemps dénié et vilipendé est et demeure une force politique incontournable actuellement au Bénin. Le président Boni Yayi gagnerait dès à pré&sent à tenir un langage de vérité vis-à-vis de ce groupe. Car, la présence du Général Mathieu Kérékou ne constitue pas une sinécure. Loin s’en faut. Les membres du G13 ont montré qu’ils transcendent désormais avec les revendications égoïstes. Par conséquent, en voulant se montrer plus malin, le Chef de l’Etat risque de n’aboutir à aucun accord. Surtout que d’après certaines indiscrétions, aucune suite n’a été donnée à ses doléances.
Benoit Mètonou

Drame hier sur le campus d’Abomey-Calavi : cinq étudiants grièvement blessés par balles (Le récit du drame)

Le campus d’Abomey-Calavi a connu une ambiance surchauffée dans la journée d’hier. Le garde du corps du doyen de la Faseg a ouvert le feu sur des étudiants et en a blessé grièvement cinq. Une situation qui ne saurait laisser indifférent le ministre de l’enseignement supérieur qui, pour la première fois après sa nomination, est descendu sur le campus.
Cinq étudiants dont le responsable de l’Union des Scolaires et Etudiants du Bénin (Unseb) reçoivent depuis hier des soins intensifs dans les hôpitaux. C’est le bilan d’une altercation qui a opposé les étudiants au garde du corps du doyen de la Faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg), le professeur Géro Amoussouga. Il s’agit de Tozo Isaac, étudiant en troisième année à la Faseg, André Assé, responsable de l’Unseb, M. Aguèmon, Marc Dossou tous deux étudiants en première année à la Faseg et Janvier Socomè, étudiant en 3ère année à la Faseg, responsable du Comité des Responsables d’Amphi à la Faseg.

En effet, à la Faculté des sciences économiques et de gestion, de nouvelles réformes sont introduites dans le système des cours à compter de l’année universitaire 2008-2009. Ces réformes concernent deux filières dans lesquelles les étudiants obtiendront une licence professionnelle au lieu d’une licence tout court comme c’est le cas dans la formation universitaire. Et pour ce faire, les étudiants désireux d’obtenir une licence professionnelle à la Faseg devront payer en conséquence, une somme de 106.000 F Cfa et devront déposer un dossier dont les frais d’étude s’élèvent à 5000 francs. Cette réforme a été annoncée à la rentrée universitaire 2008-2009, année à partir de laquelle, le gouvernement a rendu gratuites, les inscriptions dans les universités publiques du Bénin.

Pour les responsables étudiants, cette réforme ne saurait prendre corps dans une faculté qui serait en train d’être transformée en une école. Plusieurs meetings ont été organisés par les responsables étudiants pour protester contre une telle réforme. C’est dans le même cadre que hier matin, les responsables de l’Unseb et de la Fédération nationale des étudiants du Bénin (Fneb) ont organisé une séance au niveau des amphithéâtres de la Faseg, demandant aux étudiants de boycotter les inscriptions à la Faseg jusqu’au moment où la situation sera mise au clair. Pendant qu’ils y étaient, le doyen de la Faseg, le professeur Géro Amoussouga, était au drapeau avec les étudiants de sa faculté. Après le drapeau, il décida de passer dans les salles de cours pour sensibiliser les étudiants sur le bien-fondé des réformes.

A l’en croire, ces réformes permettront désormais aux étudiants sortis de la Faseg de ne plus avoir besoin de courir après un diplôme professionnel dans les universités privées avant d’être utilisés sur le marché de l’emploi. Il passait d’une salle à une autre quand les étudiants grévistes se dirigèrent vers lui. A quelques pas du doyen avec des slogans hostiles à sa personne, les étudiants furent bloqués par son garde du corps. Ce dernier s’interposa entre le doyen et les étudiants munis de branchages et autres. Il fut repoussé mais opposa une résistance stricte aux étudiants. Dans la foule des étudiants, quelqu’un lui ôta son béret et le jeta à terre.

Il dégaina son arme que certains saisirent dans sa main. Dans la dispute, le garde du corps appuya sur la gâchette. La foule recula. Des lamentations, des cris, des larmes. Cinq étudiants venaient d’être atteints par les balles tirées. Quelqu’un au flanc droit, un autre à l’articulation du bras gauche, Assé André reçut une balle dans la cuisse, un autre en reçoit dans le genou et le cinquième à la tempe. Quatre blessés furent évacués d’urgence sur le Centre national hospitalier Hubert Koutoukou Maga de Cotonou, le doyen Amoussouga ayant emmené l’étudiant Janvier Socomè à l’hôpital de zone de Calavi. Le campus fut mis en ébullition. Les réactions des autorités étaient plus qu’indispensables.

Le ministre Abiola descend d’urgence sur le campus

Un peu plus d’une heure après la bavure militaire sur le campus d’Abomey-Calavi, le ministre de l’enseignement supérieur est descendu sur le campus pour se rendre à l’évidence. Arrivé pour la toute première fois après sa nomination au poste de ministre, il a été accompagné par le secrétaire général du rectorat, en l’absence du recteur et des vice-recteurs, sur les lieux du drame. Après avoir écouté les témoins de l’événement, il a déploré les faits et a invité les uns et les autres au calme. « Il y a un véritable problème de gouvernance dans cette université.

C’est pour cela que je prends le temps de tout mettre au clair avant de descendre sur le campus et voici qu’une situation déplorable m’y oblige », a déclaré le ministre François Abiola qui s’indigne de la gestion qui est faite des problèmes à l’université d’Abomey-Calavi. « On peut avoir raison dans le fond et avoir tort dans la forme », a martelé le ministre. Il est reparti des lieux en promettant aux étudiants que tout sera mis en œuvre pour pallier les problèmes du monde universitaire.

Par Barnabé HOUNKANRIN

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Insécurité: qui est le patron de la sécurité au Bénin ?

Qui dirige la sécurité au Bénin ? Cette question vient à l’esprit après le braquage, vendredi dernier, à Dantokpa. Le ministre de l’Intérieur, Armand Zinzindohoué, le directeur général de la gendarmerie nationale, Eugène Bowa, le chef d’Etat major de l’armée béninois, Mathieu Boni, sont montés au créneau pour se prononcer sur le problème.
En matière de sécurité, leurs différentes interventions créent des troubles dans la tête des Béninois. Gendarmes, policiers et militaires ont leurs rôles dans le pays. Selon le fonctionnement du corps des hommes en uniforme, l’armée assure la défense de la nation. Elle est plus appropriée pour gérer les questions de la défense. Quand le pays est attaqué, elle réagit. Elle intervient comme des globules blancs qui défendent l’organisme en cas d’attaque microbienne. Elle est spécialisée dans les guerres. Elle est plus à la frontière. Autrement dit, les militaires sont faits pour répondre aux attaques contre l’intégrité du territoire nationale.

C’est pourquoi, ils sont plus dans les casernes construites dans les régions stratégiques du pays. C’est dire que les militaires ne sont pas faits pour la sécurité. C’est bizarre de les voir aux carrefours de la ville de Cotonou, au marché Dantokpa, aux feux tricolores, sur les parcs de vente des véhicules d’occasion et partout en train de faire un travail pour lequel ils ne sont pas formés. Cela montre leur incapacité à assurer la sécurité des banques de ce grand marché. Et méconnaissant son domaine d’intervention, le chef d’état-major de l’armée béninoise vient à la télévision pour dire des choses qui ne cadrent pas avec les réalités.

« Ces malfrats ont des complicités avec des gens sur le terrain », a-t-il affirmé, sans savoir que ces gangsters, avant d’opérer, inspectaient le terrain. Ils ont frappé en connaisseur de lieux. Mais, les gendarmes révèlent de l’armée et ont trois fonctions (La défense, la sécurité et la police judiciaire). Ils sont plus formés pour les campagnes. C’est pourquoi, il y a des unités de gendarmerie dans les villages reculés. Dans les villes, ils y sont présents pour renforcer la police en cas de besoin en matière de sécurité.

De cette démonstration, il y ressort que la sécurité est l’affaire de la police nationale. Le marché Dantokpa doit être gardé par les hommes qu’il faut. Il ne devrait pas avoir des interventions fantaisistes. Seul le ministre de l’Intérieur était la personne indiquée pour réagir. Chacun a saisi cette occasion pour faire son show. Donc, la police a à son profit un système de renseignements et qui est défaillant sous le régime Yayi. On devrait savoir tout ce qui se passait sur le terrain et veiller au grain, surtout que ces banques étaient attaquées par les malfrats, il y a quelques mois.

C’est dire qu’il y a un problème de structuration à régler au sein des hommes en uniforme au Bénin. Il faut que chacun joue son rôle dans son domaine. C’est vrai qu’il y a au Bénin un régime qui se dit de changement, mais qui ne sait pas ce qu’il faut changer et qu’il ne faut pas changer.

Jules Yaovi Maoussi

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Neuf étudiants grièvement blessés par balles

Le campus d'Abomey-Calavi a connu hier un mouvement à nul pareil. Neuf étudiants ont été grièvement blessés par balles et admis d'urgence au Centre national hospitalier et universitaire Hubert Koutoucou Maga de Cotonou. c'était au cours d'une échauffourée entre les étudiants de l'Unseb et le garde de corps de Géro Amoussouga.

Une bavure militaire qui a plongé depuis hier matin, professeurs et étudiants dans une psychose générale. Selon les recoupements, c'est une mésentente qui a poussé un étudiant à ôter le béret du garde du corps de Géro Amoussouga qui serait, à en croire des sources proches de l'intéressé menacé.

Pour se défendre il a ouvert le feu sur les assaillants de son patron. Transportés d'urgence au Centre national hospitalier et universitaire Hubert Koutoukou Maga de Cotonou, les neuf étudiants blessés ont reçu leurs premiers soins grâce à la promptitude du personnel du Cnhu.

Alerté, le ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, le professeur François Abiola s'est aussitôt rendu dans les différents centres sanitaires où sont hospitalisés les victimes. Il a déploré l'acte posé l'acte et a invité les étudiants au calme et à la sérénité. Le professeur François Abiola a instruit le directeur du Cnhu pour la prise en charge intégrale des victimes. Le premier responsable du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique s'est ensuite imprégné des causes de cette bavure.

Selon une source proche des autorités rectorales les responsables syndicaux de la Fédération nationale des étudiants du Bénin (Fneb) et de l'Unseb, ont pris d'assaut hier matin, l'esplanade de la Faseg pour expliquer à leurs camarades étudiants, les faux frais d'inscription qu'on leur fait payer arbitrairement.

Aussi les responsables d'étudiants fustigent-ils la suspension de la délivrance des fiches de préinscription de la première année. C'est pourquoi ils s'opposent au paiement de ces frais. Pour ces étudiants, si la gratuité de l'enseignement supérieur a été décrétée par le gouvernement, les responsables de cette faculté ne doivent plus les obliger à s'inscrire en option professionnelle, avec cinq mille francs cfa pour frais d'étude de dossier et cent mille francs comme frais de formation..

La seconde monnaie commune de la CEDEAO entre en circulation l'an prochain

LAGOS -- La seconde monnaie commune pour la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (Cedeao) , l'Eco, pourra entrer en circulation d'ici le 1er décembre 2009, a indiqué le gouverneur de la Banque centrale du Nigeria Chukwuma Soludo. La monnaie envisagée sera pour les Etats ouest-africains d'expression anglaise, a rapporté lundi le journal The Punch. Les pays ouest-africains d'expression française ont déjà une monnaie commune, le Franc CFA.

Le journal a indiqué que l'inauguration de la seconde monnaie devrait être une étape précédant l'adoption d'une monnaie commune pour la région entière.

Le projet de l'intégration monétaire de la Cedeao a essuyé de nombreux revers depuis 2000 quand l'idée à été pour la première fois lancée.

La monnaie commune est destinée à promouvoir des échanges transfrontaliers, à faciliter une plus grande entrée des capitaux étrangers, et à contenir, de ce fait, la fuite des capitaux dans la région ouest-africaine.





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Bénin: Les avocats montent au créneau demain

Après la décision du 18 septembre 2008 de la cour constitutionnelle intervenue en faveur des sieurs René Azocli et Raymond Fafoumi, leurs avocats donnent de la voix demain. De source bien informée, ce serait à la bourse du travail et précisément dans la matinée. Que diront Me Hounkanrin et son homologue aux journalistes ?

Certainement, leur sortie médiatique aura pour but de faire un plaidoyer à l'endroit du gouvernement en faveur de leurs clients Réné Azocli et Raymond Fafoumi. Surtout que la Cour constitutionnelle a déclaré contraires à la constitution deux des cinq arrêtés querellés. Cette décision précise en effet en son article 3 que les arrêtés n°0010 et 0011/ MMFEJFPME/ DC /CTJ /CTPMF /SA du 14 mars sont contraires à la constitution.

Il faut rappeler que les arrêtés n° 0010 et n° 0011 portent respectivement révocation de M. René Azocli de ses fonctions de directeur général de l'association Padme et de M. Fafoumi de ses fonctions de président du bureau exécutif de l'association Padme. Les jours prochains nous édifieront plus.

Drame à l'U.A.C. Le ministre Abiola très en colère

Arrivé hier précipitamment au campus d’Abomey-calavi, puis ensuite au Cnhu à Cotonou, le ministre de l’enseignement supérieur, François Abiola, n’a pas caché sa colère face au triste évènement survenu. « Notre Uac est malade de sa gouvernance» dénonce–t-il avec indignation.
Il dit ne pas comprendre, en effet, pourquoi le Doyen de la Faseg se donne le pouvoir de prendre des réformes sans associer la hiérarchie , à savoir les autorités rectorales. Car à ses dires, le rectorat de l’Uac lui aurait affirmé qu’il n’était pas du tout informé de cette réforme à controverses. Le ministre de l’enseignement supérieur rappelle, en passant, qu’à sa prise de service, il avait insisté sur la nécessité d’une communication permanente entre les différentes instances de l’Uac ; ce qui hélas, n’apparaît aucunement dans les comportements, à ce jour. Mais, il entend prendre des mesures hardies pour vite corriger le tir.

Les réformes à l’origine du drame

Hier très tôt dans la matinée, les responsables de la Fneb ont mobilisé les étudiants en face du restaurant universitaire pour une assemblée générale d’informations sur les nouvelles réformes en cours à la Faseg.

Selon Mr Evariste Tossou, Secrétaire à la communication de le Fneb, cette séance était devenue nécessaire, d’autant plus que des étudiants de ladite faculté se sont déjà engagés à payer les frais d’inscriptions et autres. Mieux encore, hier lundi 24 novembre, était la date fixée par les autorités de la Faseg pour clôturer les inscriptions. Il fallait donc s’y opposer radicalement, selon la Fneb. Comme par hasard, ce fut le 19 novembre dernier seulement qu’il a été officiellement porté à la connaissance des étudiants, la création dans le cadre de la mise en place du système Lmd, à la Faseg, d’une nouvelle filière dénommée : Science-économie-gestion.

Une filière qui devrait démarrer ses activités incessamment. Mais la goutte d’eau qui fera déborder la vase, est que les autorités de la Faseg, ont institué des frais de formations applicables aux établissements de formation professionnelle de l’Uac. Et dans le cas d’espèce, les frais s’élèvent à 100.000 Fcfa. Ce que dénoncent vertement toutes les organisations syndicales de l’Uac, qui rappellent que la gratuité des frais d’inscription prônée et officiellement mise en œuvre, il y a peu par le Chef de l’Etat, Boni Yayi, ne permet guère d’instituer les nouveaux frais , notamment dans les facultés classiques comme la Faseg.

En tout cas, hier la Fneb, l’Uneb et l’Unseb se sont vigoureusement opposés aux opérations d’inscription qui se déroulaient dans cette faculté, dans le cadre de cette réforme. En réplique, le Doyen Amoussouga alors réagi violemment. En donnant des instructions fermes à son garde du corps d’user de son arme pour le protéger de la horde des étudiants.
Le garde du corps du Doyen Géro Amoussouga a tiré à bout portant hier sur une foule d’étudiants en pleine manifestation contre des nouvelles réformes à la Faseg. Le bilan fait état de 9 blessés, dont deux graves, parmi lesquels, figure le Président de l’Union nationale des scolaires et étudiants du Bénin (Unseb).

Tragique évènement hier sur le campus d’Abomey-calavi. S’opposant à une manifestation des étudiants et de leurs responsables contre des réformes récemment entreprises à la Faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg), le garde du corps de Doyen de cette faculté, a tiré à bout portant dans la foule. Du coup, plusieurs étudiants sont blessés, qui aux jambes, qui aux reins, qui au ventre, qui au cou. Le premier qui a reçu les balles est le Président de l’Union nationale des scolaires et étudiants du Bénin (Unseb), André Asseh, qui perdit aussitôt connaissance.

Mais le garde du corps, ne s’en arrêtera pas là. Il poursuit ses décharges de tirs de balles, de son Akm, en direction d’autres étudiants et en a suffisamment blessé, neuf au total, selon plusieurs témoignages. Il aurait reçu l’ordre d’agir ainsi de son chef, le Doyen Géro Amoussouga, qui serait également présent sur les lieux. Les deux auraient disparu précipitamment du campus après le drame.

Les blessés ont été transportés d’urgence par l’ambulance de l’Uac et celle des sapeurs pompiers alertés, vers le Cnhu Hubert Maga de Cotonou. La foule des étudiants devant des urgences était difficile à contenir hier. Ils étaient tous furieux face à ce qui est arrivé. « Nous ne pouvons jamais tolérer cela, car nous ne troublions aucun ordre sur le campus hier. le Doyen Amoussouga est un homme dangereux et vient de nous le démontrer une fois de plus » fustige le Secrétaire général de l’Uneb, Mr Yacoubou Bitiboto.

Même coup de gueule chez le Président de la Fédération nationale des étudiants du Bénin ( Fneb), Eustache Quenum, qui raconte que le Doyen Amoussouga serait le premier à sortir un pistolet de sa poche et de le dresser contre la foule, avant d’ordonner à son garde du corps de « tirer sans sommation sur les étudiants ».

Intervenant hier dans la soirée sur une chaîne de télévision, le Doyen Amoussouga nie avoir donné un quelconque ordre de tirer. Il déclare plutôt que son garde de corps a agi par légitime défense, parce que des étudiants l’auraient entouré et menaceraient de l’assommer.

Rencontre du chef de l’Etat avec les partis politiques : L’opposition prépare un boycott

Jeudi 20 novembre dernier, le chef de l’Etat, Thomas Boni a pris en Conseil des ministres, la décision de rencontrer tous les partis politiques pour des échanges qui permettront de diagnostiquer le mal qui mine la démocratie béninoise et qui veut atteindre la paix du pays. Mais déjà, les partis du G4, G13 et Force clé qui jouent le rôle de l’opposition au Bénin affichent une position de boycott. C’est à travers les propos de l’honorable Sacca Fikara sur la radio Gerddes dans la matinée d’hier. « Nous ne saurions accepter participer à une telle rencontre » a laisser entendre le premier questeur de l’Assemblée nationale et membre influent du G13, sur une émission interactive à la radio Gerddes. Et pour cause, ce député de Dangbo et opposant au pouvoir a signifié que cette rencontre était souhaitée par les G et F qui avaient demandé au chef de l’Etat de la convoquer pour qu’ensemble un consensus soit trouvé pour l’instauration de la paix. Mais il a mis cela dans une déconsidération, a-t-il fait savoir avant de dire que c’est lorsque la classe politique a décidé de se rencontrer le 27 novembre prochain pour la même cause, qu’il prend aussi sa décision et fixe ses dates au 27 et 28 du même mois. Trouvant ainsi que le pouvoir est dans la logique de guerre, Sacca Fikara donne d’avance la position du G13 face à cette rencontre. Laquelle position se trouve dans la logique du boycott.

La décision est commune

Si l’on convient que le G13 mange dans le même plat et boit dans le même verre que le G4 et Force clé, surtout que ces trois sensibilités politiques se sont unifiées et donnent une unicité déguisée, il n’en demeure pas moins vrai que cette position est aussi celle du G4 et de Force clé. Car, il est connu de tous que leurs décisions sont uniformes et sont souvent prises ensemble. Ce qui laisse dire que cette classe de l’opposition ne sera pas à ce rendez-vous d’échanges initié par le chef de l’Etat en Conseil des ministres jeudi dernier, pour les 27 et 28 novembre prochain.

H C A

Association nationale des communes du Bénin : Un monstre à deux têtes (La politique supplante le développement)

Le 2ème Congrès ordinaire de l’Association nationale des communes du Bénin a accouché d’une souris. L’Ancb est devenue, depuis vendredi dernier, un monstre à deux (2) têtes. Le développement à la base a été sacrifié sur l’autel de la politique politicienne.

Deux (2) bureaux parallèles pour conduire l’Ancb. C’est du jamais vu. Mais très tôt, on voyait venir le monstre. Un monstre qui pointait déjà du nez à la cérémonie d’ouverture officielle du congrès, jeudi dernier. A la deuxième journée des travaux consacrée essentiellement au renouvellement du bureau de l’Ancb, la tension est montée d’un cran. L’enjeu est de taille et les partis en lice tiennent mordicus à la conquête du perchoir de l’association. En effet, après l’adoption des rapports d’activité du bureau sortant, il a été procédé à l’installation du présidium devant conduire les opérations de vote. A l’étape de l’annonce et de la proposition des candidats, les maires Fcbe ont demandé une suspension de quinze (15) minutes. Cette trêve imprévue inaugure le ballet des va-et-vient et des tractations politiques entre maires, préfets et même acteurs politiques venus superviser le déroulement des travaux. Certains sont parfois contraints de quitter le cadre du Palais des congrès qui abrite l’événement pour peaufiner, avait-t-on appris, des stratégies. Idem dans le camp des « G » et « F » qui ne veulent en aucune manière se faire damer le pion par les adversaires politiques. Tous les schémas possibles sont passés en revue d’un camp à un autre. Pendant ce temps, les moins résistants s’offrent des parties de sommeil. A quand l’issue de ce congrès ?, s’est interrogé un maire visiblement épuisé. Et à son compère de déplorer la politisation à outrance de l’élection des nouveaux responsables de l’association. « Avec tout ceci, comment veut-on que les partenaires nous prennent au sérieux ? », s’est-t-il plaint. La suspension de 15 minutes demandée par les maires Fcbe a duré plus de cinq (5) heures. Beaucoup de congressistes se désolent de la situation. Au-delà de 22 heures, la bande au maire de Parakou, Soulé Allagbé, réapparaît et s’installe à nouveau dans la salle bleue pour la reprise des travaux. Mais très vite, la situation a dégénéré puisque chacun des camps voudrait imposer son plan à l’autre. Les maires des « G » et « F », dépassés par les événements, claquent la porte et sortent de la salle.

Soulé Allagbé et Blaise Ahanhanzo-Glèlè à la tête de l’Ancb

L’incompréhension s’est installée de plus belle. Point de dialogue entre les maires de la mouvance présidentielle et ceux dite de l’ « opposition ». Les deux (2) camps se sont aussitôt formés pour constituer chacun son bureau à la tête de l’Ancb. C’est ainsi que dans le rang des maires Fcbe, le maire de Parakou, Soulé Allagbé, a été désigné pour présider l’Association nationale des communes du Bénin. Il est suivi par le maire d’Abomey-Calavi, Patrice Houssou-Guèdè au poste de vice-président. Dans le camp des maires « opposants », le maire d’Abomey, Blaise Ahanhanzo-Glèlè le président sortant se succède. La première vice-présidence est confiée au maire de Porto-Novo, Moukaram Osséni. La particularité de cette liste est qu’elle dispose d’un président d’honneur qui revient au maire de Ouidah, Sévérin Adjovi. Deux (2) présidents donc pour la même association. Ce qui relève de l’inédit dans l’histoire de la décentralisation au Bénin.

Le développement à la base sacrifié au profit de la politique politicienne Qui l’eût cru ! La décentralisation est prise d’assaut par les politiciens. Ils viennent de fouler aux pieds l’Association nationale des communes du Bénin. Une association qui est censée impulser le développement dans les 77 communes. Les efforts de cinq (5) ans d’existence sont piétinés pour des intérêts inavoués. Les villes qui font l’effort de s’adapter au processus de développement enclenché vont à nouveau sombrer à cause de l’insouciance de certains maires avides du pouvoir. L’Ancb a du plomb dans l’aile.

Par : Serge-David ZOUEME

Emission « Zone franche » hier : Amos Elègbè décrypte la loi sur le statut de l’opposition

 

L’ancien ministre et nouveau conseiller du Chef de l’Etat, Amos Elègbè a été l’invité de Canal 3 hier. Sur l’émission « Zone franche », il a fait ses analyses de la situation politique du pays.

Occasion pour lui d’expliquer les conditions d’application de la loi portant statut de l’opposition et de fustiger le comportement des députés qui selon lui font beaucoup de choses à cause de la non maîtrise des textes en vigueur.

La loi 2001-36 du 14 octobre 2002 a retenu l’attention du Professeur Amos Elègbè. En levant un coin de voile sur le contenu de la loi, le conseiller spécial aux affaires politiques du Président Boni Yayi a expliqué que ce texte vient à point nommé en ce sens qu’il va permettre de clarifier la situation politique un peu confuse qui caractérise le jeu politique depuis un moment.

Il a tenu à énumérer certaines dispositions du décret d’application de la loi, qui donnent assez de marges de manœuvre aux partis qui se déclareront désormais de l’opposition. A travers son intervention, il comprend clairement que le Chef de fil de l’opposition jouit des privilèges dans son rôle d’animateur de la vie politique nationale à travers les critiques et les opinions sur les grandes questions de l’Etat. De ce fait, les dispositions prévoient que l’opposition soit consultée par le Chef du gouvernement sur les grands dossiers. Mais avant de bénéficier de tous les avantages, il faut que les formations politiques ou alliances de partis remplissent les conditions définies.

Elles doivent avoir au moins des députés pour former un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale et obtenir au moins 10 % du suffrage lors des dernières élections. Ces obligations du décret interpellent donc les partis politiques à se conformer aux dispositions. Les partis et alliances politiques n’ayant pas le nombre de députés requis se fusionnent.

Pour l’instant, seul le parti du Renouveau démocratique de Me Adrien Houngbédji remplit les conditions pour être d’office parti de l’opposition. Le G13 pourrait l’être si et seulement si cette alliance se transforme en alliance politique. « Les partis de l’opposition deviendront ainsi, les partenaires obligés du Chef de l’Etat », a déclaré le conseiller spécial du chef de l’Etat, le professeur Amos Elègbè. Pour la petite histoire, il faut rappeler qu’en mars 2007, le G4, à travers une sortie médiatique, a réclamé haut et fort, le décret d’application de la loi portant statut de l’opposition. Le projet de loi a été élaboré depuis 2001 et adopté en 2002, sous le régime du président Mathieu Kérékou. Que le Président Boni Yayi passe à l’acte, cela constitue un acte courageux qui satisfait cette doléances que d’aucuns voyaient comme un gros piège compte tenu des conséquences politiques que ce decret peut avoir.

Le départ du député Walis Zoumarou et la déclaration de l’honorable André Dassoundo ont retenu également l’attention du conseiller spécial aux affaires politiques du Chef de l’Etat. Pour lui, la transhumance politique ruine le fonctionnement normal des activités parlementaires. Pour lui, c’est par manque de maîtrise des textes fondamentaux de l’Assemblée nationale que les députés agissent de certaines manières. Il dénonce le manque d’initiatives de la part des députés qui s’adonnent à des querelles d’intérêt.

« Les députés ne comprennent pas leur fonction », a-t-il souligné. Pour l’ancien député de la première législature, c’est parce que l’Assemblée nationale ne joue pas son rôle que les différents problèmes subsistent.

Amos Elègbè considère que ce sont l’égoïsme et l’orgueil qui constituent d’entrave au jeu politique béninois.

Cécil Ahouélété ADJEVI

Après les obsèque de S. BIOKOU, Les leaders du G4 en conclave chez Me Adrien Houngbédji à Porto-Novo

Les leaders du G4 à savoir Nicéphore Dieudonné Soglo, Bruno Amoussou, Séfou Fagbohoun étaient tous, samedi dernier, au domicile de leur allié politique Me Adrien Houngbédji quelques temps après les obsèques nationaux de feu Salomon Biokou au stade Charles de Gaulle de Porto-novo.

Selon certaines informations recueillies, ces forces politiques ont voulu apporter leur soutien au leader du Prd Me Adrien Houngbédji qui est le neveu de Salomon Biokou, chef de leur collectivité familiale. Au domicile de Me Adrien Houngbédji à Porto-novo, outre cet aspect de convivialité et le repas qui leur aurait été offert, les leaders du G4 à savoir Séfou Fagbohoun du Madep, Bruno Amoussou du Psd, Nicéphore Soglo de la Rb et Me Adrien Houngbédji du Prd ont saisi cette opportunité pour peaufiner certaines stratégies politiques compte tenu du climat politique actuel dans le pays.

Sinon que, depuis quelques temps, le courant ne passe pas du tout entre le chef de l’Etat et ces leaders du G4. Plusieurs actes l’ont confirmé ces dernières semaines et la situation politique tendue entre les représentants du G4, G13 et Force Clé à l’Assemblée nationale et leurs collègues de la Fcbe en est une preuve palpable. On se rappelle aussi que lors de son dernier remaniement, le chef de l’Etat avait voulu faire entrer dans son gouvernement des éléments du G4 mais il a dû faire face à une résistance de la part de ses leaders. De multiples démarches du chef de l’Etat pour ramener le G4 à de meilleurs sentiments ont été vaines. Aujourd’hui il est obligé d’entretenir une relation déguisée avec certains leaders du groupe G4. Même certains comportements du chef de l’Etat sont décriés par ces leaders qui pensent qu’il entretient des relations rancunières avec leur groupe. La preuve, comment-on, lors des obsèques de feu Salomon Biokou, le chef de l’Etat les aurait tous saluer au stade Charles de Gaulle à son arrivée. Mais curieusement, à son départ, le Dr Boni Yayi a salué certaines personnalités, mais une fois arrivé au niveau où se trouvaient les leaders du G4, il a préféré rebrousser chemin en leur balançant tout simplement la main. Une situation que ces leaders n’auraient pas du tout digérée.

Ismail Kèko

Source: http://www.iloubenin.net/

 

La sécurité des Béninois : une priorité

Vendredi 22 novembre au soir, au cœur du marché international de Dantokpa à Cotonou, l’un des plus grands marchés d’Afrique, éclate une fusillade nourrie. Au crépitement des mitraillettes, répond le grondement des armes lourdes. Grande est la confusion. L’instinct de conservation pour se mettre à l’abri du danger. La révolte de savoir, en cette circonstance, qu’une vie ne tient qu’à ce fil tenu et sans consistance que certains voudraient appeler la chance.

Pourtant, notre pays n’est pas en guerre. Et il est à peine pensable qu’une fusillade puisse éclater en ce lieu. On se rend dans un marché davantage pour faire des affaires que pour mourir. Mourir bêtement d’une balle perdue, sans raison, de manière totalement absurde, à la faveur d’un braquage. Ce n’est pas le premier enregistré au même endroit.

Cette situation d’une extrême gravité, qui continue de nourrir les interrogations inquiètes des Béninois, nous ramène à l’une de leurs préoccupations actuelles, à savoir la sécurité ressentie comme un besoin vital, une demande essentielle, au même titre que des droits aussi primaires que manger, s’habiller, se loger… La sécurité, pour les Béninois, de ce point de vue, leur est aussi chère que l’air qu’ils respirent ou l’eau pour étancher leur soif. La réflexion à déployer autour de ce besoin de sécurité, nous oriente dans trois directions. Celles-ci mériteraient d’enregistrer, dans les tous prochains jours, notre détermination à changer les choses.

Première direction, c’est de reconnaître et d’affirmer, au jour d’aujourd’hui, que la sécurité est une priorité nationale. Est prioritaire, ce qui vient en premier par ordre d’importance et d’urgence. Cela veut dire, plus concrètement, que s’il est une correction à apporter à notre vision du développement de notre pays, c’est de reconsidérer la sécurité des Béninois, en l’affectant d’un coefficient fort dans l’ordre de nos priorités et de nos urgences.

Par exemple, il n’est point de politique réussie de l’emploi pour les jeunes sans le préalable de la sécurité. Si nos vies devaient être à la merci d’une balle venue de nulle part, autant reconnaître qu’aucun emploi ne serait sûr et viable, qu’aucun épanouissement social ne saurait être envisagé pour quiconque. On vivrait dans la crainte permanente, sans horizon. On ferait dans le provisoire, sans vision, sans projection. Il en est de même de notre politique de micro finance. L’argent octroyé ne profiterait pleinement au bénéficiaire que dans un environnement sécurisé, favorable aux affaires.

Deuxième direction, c’est de reconnaître et d’affirmer, au jour d’aujourd’hui, que la sécurité est un investissement rentable. Pour se limiter au marché international de Dantokpa, on retiendra que ce lieu rayonne bien au-delà des frontières de notre pays. Plusieurs nationalités s’y croisent. Toute l’Afrique s’y donne rendez-vous. Le volume des affaires traitées est énorme. Ce sont des milliards de nos francs qui passent, chaque jour, d’une main à l’autre.

Or, il faut le savoir : l’argent n’aime pas le bruit. Avec l’insécurité dont ce marché commence par être le témoin, c’est beaucoup de gens qui ne s’y rendront plus, c’est moins de transactions qui s’y feront, c’est donc moins d’argent qu’on y gagnera, c’est tout naturellement que ce marché perdra de son lustre pour n’être plus qu’une petite place insignifiante.

Cela tire à conséquence : investir dans la sécurité, c’est faire un bon placement. Car pour 1000 francs qu’on consacrera pour sécuriser le site du marché international de Dantopka, en offrant à tous ses usagers l’environnement sécuritaire qui sied à de bonnes affaires, c’est un retour sur investissement qu’on se garantit. La sécurité fait bégayer l’arithmétique ordinaire : 1 + 1 cela ne fait jamais 2, mais cela fait plutôt 3, 5 ou 10.

Mais l’investissement à consentir, c’est moins d’y faire patrouiller des forces de sécurité, qu’à prendre des mesures qui libèrent, par exemple, le site des banques, unités sensibles s’il en est, des mesures pour protéger d’autres unités et déployer la panoplie de moyens de sécurité modernes que la technologie met à disposition : système d’alerte en connexion avec les forces d’intervention, caméras de surveillance, portique de sécurisation des voies d’accès…

La troisième et dernière direction, c’est de reconnaître et d’affirmer que la sécurité, au jour d’aujourd’hui, est plus l’affaire de toutes les forces vives coalisées de la nation que l’affaire du gouvernement tout seul. Nous ne devons pas seulement nous sentir concernés, mais impliqués individuellement et collectivement. Par rapport à l’enjeu, ni FCBE, ni G4, ni G13, ni Force Clé, mais le Bénin tout entier, réuni, uni et mobilisé sous la même bannière, en ordre de bataille pour affronter le même ennemi, déterminé à gagner et à communier à une victoire partagée. « Quand le mur n’est pas lézardé, disent les Akan de Côte d’Ivoire, l’araignée n’entre point dans la maison ».

Jérôme Carlos
La chronique du jour du 24 novembre 2008

novembre 24, 2008

L'entrée en vigueur de la monnaie commune ouest-africaine prévue en décembre 2009

L'Eco, la monnaie commune ouest africaine tant attendue, entrera en vigueur, le 1-er décembre 2009, sauf changement de dernière minute de la part des ministres des Finances et des chefs de gouvernement de la sous-région, a appris Ouestafnews de source informée.
Toutefois, ''tous les pays membres pourraient ne pas s'aligner sur la ligne de départ en raison de niveau de mise en œuvre et des critères de convergence. Mais ils pourraient rejoindre plus tard quand ils auront rempli les critères exigés'', a souligné le gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, Chukwuma Soludo cité par le quotidien nigérian The Guardian.
M. Soluda est également président de l'Agence ouest-africaine pour l'unité monétaire (WAMA) composée des gouverneurs des banques centrales de la sous-région.
Les critères de convergence mis en place en 2000 par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) sont la réduction de l'inflation à 5 pour cent et du déficit budgétaire à 4 pour cent, ainsi que le maintien d'un minimum de réserve de capitaux capable de couvrir une période de six mois.Un autre critère indique que le financement du déficit budgétaire par les banques centrales ne doit pas dépasser 10 pour cent des recettes de l'année fiscale.
L'entrée en vigueur de l'Eco avait été annoncée depuis 2004 mais a été maintes fois reportée. Un comité s'est penché sur les raisons de ce report et doit rendre compte à la WAMA en mars 2009, selon le gouverneur de la Banque centrale du Nigeria. Le comité devra également rendre compte au Conseil des ministres de la CEDEAO, qui doit, à son tour, briefer les chefs d'Etat qui prendront la décision finale sur ce sujet.
La conséquence immédiate de la mise en circulation d'une monnaie unique sera l'existence d'une seule économie et d'une seule banque centrale dans la sous-région, avec des agences dans les pays membres. L'autre conséquence attendue est la facilitation des échanges.
Déjà 8 pays de la sous région, membres de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), partagent une monnaie commune, le franc CFA. Il s'agit de : Bénin, Burkina Faso, Côte d'ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo. Les 7 autres pays de la CEDEAO (Cap-vert, Gambie, Ghana, Guinée, Liberia, Nigeria et Sierra Leone) ont une monnaie nationale.

Suite à sa saisine sur le vote de la loi N° 2008-08:Yayi Boni débouté par la Cour constitutionnelle

24 novembre 2008 - La requête du chef de l’Etat en date de 19 novembre 2008, adressée à la haute juridiction pour contrôle de conformité à la constitution de la loi N° 2008-08, votée à l’Assemblée nationale et fixant le délai au terme duquel le président de la République ne peut plus prendre des mesures exceptionnelles, est déclarée irrecevable. Lire la décision de la cour publiée en intégralité.

Décision Dcc 08-170

Du 21 novembre 2008

La Cour Constitutionnelle, Saisie d’une requête du 19 novembre 2008 enregistrée à son Secrétariat à la même date sous le numéro 056-C/156/REC, par laque))e le Président de la République, sur le fondement des articles 117 et 1 21 de la Constitution, soumet à la Haute Juridiction pour contrôle de conformité à la Constitution la Loi n° 2008-08 portant fixation du délai au terme duquel le Président de la République ne peut plus prendre des mesures exceptionnelles, votée par l’Assemblée Nationale le 06 novembre 2008 ;

Vu la Constitution du Il décembre 1990 ; Vu la Loi n° 91-009 du 04 mars 1991 portant loi organique sur la Cour Constitutionnelle modifiée par la Loi du 31 mai 2001 ; Vu le Règlement Intérieur de la Cour Constitutionnelle ; Ensemble les pièces du dossier ; Ouï Maître Robert S. M. Dossou en son rapport ; Après en avoir délibéré,

Considérant qu’en application de l’article 69 alinéa 2 de la Constitution, l’Assemblée Nationale a voté le 6 novembre 2008, la Loi n° 2008-08 fixant en son article 1 er le délai au-delà duquel le Président de la République ne peut plus prendre les mesures exceptionnelles de l’article 68 de la Constitution, au titre de sa mise en œuvre du 05 novembre 2008 et précisant en son article 2 : « Article 2 : La présente loi sera promulguée en procédure d’urgence et exécutée comme loi de l’Etat » ;

Considérant que cependant, l’article 57 de la Constitution énonce : « Le Président de la République a l’initiative des lois concurremment avec les membres de l’Assemblée Nationale. Il assure la promulgation des lois dans les quinze jours qui suivent la transmission qui lui en est faite par le Président de l’Assemblée Nationale.

Ce délai est réduit à cinq jours en cas d’urgence déclarée par l’Assemblée Nationale. Il peut, avant l’expiration de ces délais, demander à l’Assemblée Nationale une seconde délibération de la loi ou de certains de ces articles. Cette seconde délibération ne peut être refusée. Si l’Assemblée Nationale est en fin de session, cette seconde délibération a lieu d’office lors de la session ordinaire suivante. Le vote pour cette seconde délibération est acquis à la majorité absolue des membres composant l’Assemblée Nationale. Si après ce dernier vote, le Président de la République refuse de promulguer la loi, la Cour Constitutionnelle, saisie par le Président de l’Assemblée Nationale,

déclare la loi exécutoire si elle est conforme à la Constitution. La même procédure de mise· à exécution est suivie lorsque à l ’expiration du délai de promulgation de quinze jours prévu à l’alinéa 2 du présent article, il n’y a ni promulgation, ni demande de seconde lecture. »

Considérant qu’il ressort des prescriptions de l’article 57 qu’en cas d’urgence, le délai de promulgation est de cinq jours (alinéa 3) et qu’en cas d’expiration de ce délai, la procédure à suivre est celle prescrite par l’alinéa 7 in fine de l’article 57 précité ;

Considérant que dans le cas d’espèce, la loi déférée a été votée le 06 novembre 2008 avec ; la précision qu’elle doit être promulguée en procédure d’urgence c’est-à-dire dans les cinq jours de sa notification au Président de la République par le Président de l’ Assemblée Nationale ; que par correspondance n° 2211/Pt/An/Sgaidsl/Slrb du 07 novembre 2008, le Président de l’Assemblée Nationale a transmis la loi votée au Président de la République ; que ladite correspondance a été enregistrée au Secrétariat du Président de la République le 10 novembre 2008 ; qu’à la date du 19 novembre 2008, il s’est écoulé plus de cinq jours ;qu’il appert ainsi que le Président de la République n’a plus qualité pour saisir la Cour Constitutionnelle pour un contrôle de constitutionnalité ; que cette prérogative étant désormais dévolue au Président de l’Assemblée Nationale, la requête du Président de la République doit être déclarée irrecevable ;

DECIDE :

Article 1er. - La requête du Président de la République est irrecevable.

Article 1.- La présente décision sera notifiée au Président de la République, au Président de l’Assemblée Nationale et publiée au Journal Officiel.

Ont siégé à Cotonou, le vingt et un novembre deux mille huit,

Monsieur Madame Messieur

Robert S. M. Marcelline C. Bernard D.

Zimé Yérima Théodore Robert Clémence Dossou

Gbeha Afouda Degboe

Kora-Yarou Holo

Tagnon

Yimbere Dansou

Madame

Le Rapporteur,

Robert S. M. DOSSOU Le Président

Robert S. M. Dossou.-

Kogui N’Douro, Zinzindohoué et Boni, les vrais coupables

Six innocentes personnes tuées pour rien et plusieurs autres entre la vie et la mort au Cnhu de Cotonou. Six familles endeuillées, six veuves et plusieurs enfants devenus en un laps de temps orphelins de pères.

Six vies fauchées par les balles des malfrats qui crient vengeance et justice. En fait, ces six personnes n’ont pas succombé sous les balles tirées par des malfrats. Elles ont été tuées par le ministre de la défense, Issifou Kogui N’douro et son collègue de la sécurité publique, Armand Zinzindohoué avec la complicité active du chef d’Etat-major des armées béninoises le Général Mathieu Boni. Ce sont eux les vrais coupables de ces crimes odieux en raison de leur incapacité et de leur incompétence à assurer la sécurité des Béninois. Et Ils porteront le poids de la mort de ces six pauvres victimes sur leur conscience le reste de leur vie. Sinon comment comprendre qu’après un premier braquage de ces mêmes deux banques dans le même marché Dantokpa il y a sept mois, des dispositions ne soient pas prises pour sécuriser ces deux institutions financières et protéger les populations ? Pendant quelques semaines, ils avaient mis un machin de dispositif avec des patrouilles dans le marché. Depuis, plus rien. Pas l’ombre d’un seul homme en tenue militaire. Une présence des militaires auraient pu dissuader ces malfrats. Juste après ce braquage l’ex ministre de l’intérieur et de la sécurité publique, Félix Hèssou avait indiqué qu’un plan de sécurité serait mis en place pour sécuriser ces deux banques et les usagers de ce marché. Depuyis son départ rien n’a été fait. Certes ce sont les banques qui font la demande des agents des forces de l’ordre mais si un tel dispositif était mis en place, le drame du vendredi dernier ne serait pas survenu. Et pourtant plusieurs voix s’étaient levées pour mettre en garde contre un second braquage. Kogui, N’Douro, Zinzindohoué et Boni n’en ont même pas tenu compte. Tout simplement parce qu’ils n’ont pas grand’ chose dans leur tête en matière de stratégies et de sécurité publique. Issifou Kogui N’Douro n’est en effet au gouvernement qu’à la faveur de ses liens d’amitié avec le chef de l’Etat depuis qu’ils étaient sur les bancs de l’école. Armand Zinzindohoué quant à lui a dû son maintien au gouvernement grâce à sa position d’évangéliste. Il ne sait rien faire que d’opiner de la tête à tout ce que dit le président yayi Boni. En somme un béni oui oui. Tous deux ne connaissent rien à la sécurité. Ou plutôt, ils n’ont cure de la vie de leurs concitoyens qu’ils sont sensés protéger. Et dire que c’est entre leurs mains que le président yayi Boni a confié nos vies. A cette allure, l’on viendra à enlever le chef de l’Etat Yayi Boni sans que nos « vaillants » ministres et chef d’Etat-major ne lèvent le petit doigt. Aujourd’hui, ils sont tranquillement chez eux, sablant le champagne, leurs enfants au tour d’eux tandis que plusieurs femmes et enfants pleurent leurs morts. S’ils avaient encore un brin d’honneur et de dignité ils auraient déjà démissionné depuis. Malheureusement ces deux choses leur font cruellement défaut. Seul le commissaire central de Cotonou Prosper Constant Sossou n’est à blâmer. Depuis longtemps il sollicitait les moyens pour faire face aux malfrats en cette fin d’année. La hiérarchie n’a pas daigné lui donner une suite favorable. Son appel par média interposé doit être perçu comme un cri de détresse à laquelle le chef de l’Etat doit répondre pour la sécurité des populations de Cotonou. Lorsqu’ un soldat avait été abattu par les malfrats dans le premier braquage survenu en avril dernier, il avait été décoré à titre posthume. Aujourd’hui, que fera Kogui N’Douro et Armand Zinzindohoué et leur complice Mathieu Boni avec les corps de ces nouvelles victimes ? Peut-être qu’ils seront eux aussi décorés. De quelle médaille ? Certainement pas la médaille d’or de l’incompétence et de l’inefficacité de ces trois bourreaux. Les six victimes méritent plus que cela.

Boubacar Boni Biao

Le Ministre Armand Zinzindohoué humilié

Arrivé sur les lieux quelques heures après le drame, le ministre Armand Zinzindohoué a dû essuyer une humiliation de la part des populations présentes sur les lieux. Elles lui reprochent d’avoir accordé une interview à une chaîne de la place en déclarant que la situation était maîtrisée et que les bandits sont mis en déroute et seraient au niveau du quartier Hindes Alors qu’au moment où cette information passait sur les ondes les bandits continuaient d’échanger des tirs avec les militaires, avec à leur tête le Chef d’Etat Major de l’armée, le Général de division Amoussa Boni. Le ministre a été bien humilié sur le champ puisque la population a exigé sa démission. Signalons enfin que les assaillants ont emporté dans leur fuite une importante somme de 352.000.000F Cfa à l’Ecobanck et 47.000.000F Cfa à Diamond Banck

Cherif O. Riwanou (Coll)

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Yacouba Salifou. C’est le nom du soldat de 2ème classe qui avait eu le courage de façon totalement pathétique d’affronter et de repousser le groupe de bandits qui avaient opéré le 1er avril 2008 au marché Dantokpa. Cette bravoure lui a valu des honneurs, des félicitations et même une reconnaissance matérielle de la Diamondbank qu’il avait vaillamment gardée et défendue. Mais, le vendredi dernier, il n’était plus là, alors que les autres qu’il avait affrontés sont revenus. D’autres soldats qui étaient en faction sur les lieux n’ont pu empêcher les braqueurs d’opérer. Ya-t-il lieu de dire que les soldats de sa trempe sont rares dans la corporation ? Question qu’il faut élucider au niveau de l’armée. Il est vrai que des soldats sont tombés sous les balles des assaillants. Certainement que s’ils étaient allés à l’école de Yacouba Salifou, ils auraient pu offrir leur poitrine aux balles des mitraillettes sans faire les frais de leur courage, détermination et patriotisme. Mais en fait, il convient de rappeler que lors du braquage du 1er avril, les morts dénombrés étaient des soldats. Après ce deuxième fois c’est le même constat. En voyant les choses comme on vient de le faire ressortir, il faut quelque part tirer un coup de chapeau aux soldats. Tout porte à croire qu’ils acceptent aller au front pour l’honneur de leur vocation. C’est un simple constat qui permet de tirer comme leçon que là où il faut voir les flics, on ne les retrouve pas. Cela est-il dû à leur sous équipement ? Ou, le problème est ailleurs ? En outre, quand il s’était question de décorer Yacouba Salifou, les responsables de la sécurité et de la défense n’ont pas écarté l’agent de la brigade anti criminalité (Bac) qui était en faction au niveau de la seconde banque. Victor Bankolé a eu droit aux honneurs, mais il n’a pas été traité comme le soldat. Et pourquoi ? Pourtant, il n’est pas resté bras croisés quand ce dernier tirait à bout portant sur les assaillants pour les repousser. Au regard de ces faits, il semble que si les problèmes de motivation étaient réglés, la police nationale, surtout les éléments de l’unité spécialisée Raid avaient la stratégie qu’il faut pour coincer les braqueurs. De sources très crédibles, le commissaire Louis-Philippe Houndégnon et ses braves flics étaient même les premiers sur les lieux avec leur stratégie de contre attaque. Mais ils ont été dépassés par les évènements à l’arrivée des forces armées. Finalement, il est incapable de dire qui a dirigé les opérations. Et voilà que tout a échoué. Il n’y aura donc plus de décoration. Sauf, si le ridicule tue.

FN

Braquage spectaculaire à Dantokpa:6 morts, 17 blessés et 400 millions de F Cfa emportés

Le marché de Dantokpa a connu des heures chaudes dans la soirée du vendredi 21 Novembre 2008. Trois groupes de bandits munis d’armes sophistiquées ont dévalisé deux banques : Ecobank et Diamond Bank et ont aussi emporté d’importantes sommes d’argent de plusieurs cambistes du marché. Du coup la psychose s’est emparée de toute la ville de Cotonou. Le bilan fait état de six morts, une vingtaine de blessés grave s et de nombreux dégâts matériels.

Apres le braquage du 1er Avril 2008, les hors-la-loi ont encore fait parler d’eux. Il sonnait 19h20mn quand ces bandits divisés en trois groupes, un groupe porté au niveau de l’église Sacré-coeur, un autre au niveau du marché Dantokpa et le troisième groupe au niveau de la berge lagunaire de Cotonou. A 19h20 le top fut donné et ces assaillants ont commencé par tirer dans tous les sens. c’était la débandade et les commerçants ont tôt fait de fermer boutiques, et autres magasins jusqu’au petit matin du samedi dernier. A l’origine : un groupe de bandits en cagoules, parlant Anglais et munis d’armes de guerre sont venus au marché Dantokpa du côté de la berge et un autre groupe par le nouveau pont Martin Luther king et par barques motorisées et un autre groupe par une voiture. Selon des témoins retrouvés sur place, l’opération a commencé aux environs de 19h 20mn, heure à laquelle les commerçantes quittent le marché pour leur domicile. L’un deux s’est posté au beau milieu de l’intersection de voies, juste à côté de la première banque visée : l’agence EcoBank située en face de la berge de la lagune de Cotonou. Il a tenu en respect les usagers de ce marché en tirant en l’air pour les dissuader. Un autre bloquait la circulation sur le Nouveau pont. La présence des militaires assurant la sécurité de cette banque n’a pas dissuadé ces aigrefins. Selon les témoins, nombreux sont nos militaires qui ont été contraints à un repli face aux armes sophistiquées des braqueurs. Ces assaillants ont pu avoir ainsi accès à l’intérieur des deux banques sans être inquiétés. Les forces de sécurité nationale ont tout de même réussi au cours des échanges de tirs nourris à atteindre mortellement l’un d’eux et à mettre la main sur une voiture de marque Rover. Les hors - la- loi ont fait leur show pendant plusieurs heures sur les trois pont de la capital économique du Bénin, Cotonou sans être inquiétés. Une voiture Rover a été retrouvée et conduite au commissariat central de Cotonou Elle appartiendrait aux bandits.

« La police était informée de l’arrivée des gangsters »

Le commissaire central de la ville de Cotonou, Constant Sossou a été clair et cohérent dans ses propos face aux hommes des médias. Il a déclaré en substance que la police nationale était saisie depuis plus d’une semaine de la descente au Bénin d’un groupe d’assaillants, et ceci par voie maritime pour cambrioler les agences EcoBank et Diamond Bank de Dantokpa

Selon ses propos, des émissaires de ces gangsters étaient même à Cotonou la semaine dernière et cinq d’entre eux ont été arrêtés. « Nous étions informés et nous avons même déjà arrêtés cinq personnes le mardi dernier. Des individus qui rôdaient autour de la berge lagunaire et qui portent des chaussures militaires », a déclaré le commissaire central Constant Sossou. A l’en croire, un dispositif sécuritaire a alors été mis en place pour prévenir toute attaque. Malheureusement, les crapules ont eu raison des forces de l’ordre.

Les explications du général de division Mathieu Boni

Vers 20 heures, nous avons été saisis de ce qu’il y avait des coups de feu au marché Dantokpa. Et policiers, militaires et gendarmes, on s’est mobilisé pour voir ce qui se passe. On a pris nos dispositifs, mais les gangsters étaient en nombre important, ils étaient plus nombreux que la dernière fois. Ils ont des matériels beaucoup plus importants, des explosifs, des armes lourdes. Et comme vous le constatez, pendant plus de trois heures d’horloge, on a échangé des coups de feu et ils ont réussi à défoncer l’agence Diamond Bank avec beaucoup de moyens. Pendant les échanges de tirs, ils se sont retirés. Pour le point des pertes en vies humaines, nous avons déjà enregistré quatre dont un soldat et trois civils. En ce qui concerne les pertes matérielles, ce ne serait qu’après l’audition des banquiers par la police qu’on pourra établir ce qui s’est passé. Mais je dois conclure qu’une telle opération ne peut réussir de leur part s’il n’y avait de la complicité de la part de la population béninoise. Et ça, on le soupçonnait déjà, il y a des complices au sein des populations et c’est ça qui favorise une telle opération. Sinon un étranger ne peut pas venir et réussir une opération du genre. C’est impossible, au plan militaire du point de vue des opérations. Les recherches continuent du côté des forces de sécurité. Espérons qu’on puisse mettre la main sur quelques-uns pour pouvoir remonter à la filière. Je n’ai pas une idée des effectifs. Mais au regard des dégâts causés dans les banques, vous pouvez constater que ce n’est pas un petit nombre qui est arrivé. Cette situation me rappelle celles de Lagos et du Cameroun tout récemment qui montrent que les gens sont décidés et arrivent en nombre très important avec des matériels de guerre, avec un encadrement militaire à la hauteur de leurs actes. Le dispositif a été renforcé par la police et l’armée aux lendemains du braquage du 1er avril. Les éléments sont là et patrouillent de jour comme de nuit. Les gens avant d’opérer ont dû étudier les effectifs qui sécurisaient la banque.

 

2ème braquage au marche dantokpa. Cotonou à feu et à sang

Les usagers du marché Dantokpa ont été une fois encore victimes d’une attaque sauvage le vendredi 21 novembre 2008 après celle du 1er avril dernier. Les gangsters ont une fois encore cambriolé l’agence de Diamond Bank Dantokpa après avoir arrosé de balles celle de EcoBank en faisant six morts et plus d’une vingtaine de blessés graves.

Le film des échanges de tirs entre gangsters et forces de l’ordre

Les crépitements de balles ont failli ébranler toute la République. 21 novembre 2008, vendredi noir pour les commerçants du marché international Dantokpa. Aux environs de 19 heures 30 minutes, les usagers de la route qui mène au pont Martin Luther King, ex nouveau pont de Cotonou et les populations riveraines, ont été plongés dans une psychose générale causée par des crépitements de balles.. Des lance-roquettes, des armes lourdes et autres armes de guerre de dernière génération ont permis aux assaillants de réussir une fois encore leur attaque sauvage. Ils ont cambriolé l’agence de Diamond Bank du plus grand marché du Bénin faisant six morts dont un militaire et plus d’une vingtaine de blessés graves. De sources policières, les malfrats ont d’abord arrosé de balles l’agence de EcoBank de Dantokpa avant de saccager celle de Diamond Bank. C’était le sauve-qui-peut. Une situation de débandade générale qui illustre bien l’ampleur de l’attaque à main armée orchestrée par les gangsters venus et repartis par voie maritime. En effet, pour accomplir leur sale besogne, les visiteurs de circonstance n’ont pas lésiné sur les moyens. Par vagues successives, les assaillants ont regagné leur champ d’opération par moyens de barque motorisée et de véhicule banalisé de marque Land-Rover. Dans un scénario digne d’un film western, les gangsters ont tiré dans tous les sens à l’arme lourde forçant au passage les grilles d’entrée de l’agence Diamond Bank de Dantokpa. Une situation qui ressemble fort bien au braquage du 1er avril 2008 dans ce marché. Le mode opératoire étant le même. Les coups de feu nourris tirés dans tous les périmètres de Dantokpa par les hors la loi en disent long. Malgré les échanges de tirs entre l’armée béninoise et ces crapules, des liasses de billets soigneusement rangées dans les caisses de l’agence Diamond Bank ont été emportées. « On était en soutien au commissariat spécial de Dantokpa quand vers 19heures 30 minutes, on a entendu des coup de feu. Je me suis dépêché, je me suis déguisé avec cette tenue où j’ai pris un élément pour me soutenir. On a rampé jusqu’au niveau de la berge lagunaire. C’est de là que nous avons commencé par riposter. » a déclaré Mohamed Samadou, Sergent-chef du 1er bataillon motorisé. Alertés, les éléments de la sécurité publique n’ont pas tardé. Les unités spécialisées de la Brigade anti-criminalité (Bac), des Recherches actions interventions et dissuasion (Raid) et de la Compagnie républicaine de sécurité, appuyées par l’armée de terre, ont pris d’assaut la zone commerciale du marché Dantokpa et ont enclenché une course-poursuite contre ces hors la loi. Les échanges de tirs nourris qui ont suivi le déploiement des troupes loyalistes ont duré plusieurs heures. Les forces de l’ordre ont quadrillé la zone commerciale avant d’asseoir une ceinture de sécurité autour de l’ex nouveau pont interdit de toute circulation au plus fort de la bataille rangée entre gangsters et les éléments de la sécurité publique. Après avoir encerclé les alentours du marché Dantokpa et procédé à un ratissage systématique de la zone, les forces de l’ordre ont retrouvé sur les lieux, un véhicule d’immatriculation Ipk de marque Land-Rover abandonné par les malfrats dans leur fuite vers le quartier Hindé. La hiérarchie militaire et policière s’est immobilisée pour s’enquérir du degré de mobilisation de la troupe. Aux côtés du ministre en charge de la sécurité publique, on retrouve le chef d’Etat major général des armées, le général de division Mathieu Boni, les directeurs généraux de la police et de la gendarmerie nationale et le commissaire central de la ville de Cotonou. Tous ont tenu à appeler les uns et les autres au calme et à la sérénité.

A quand l’implantation d’un mirador sur la berge lagunaire ?

Si la sécurité n’a pas de prix, pourquoi le gouvernement n’a toujours pas installé un mirador sur la berge lagunaire depuis le 1er avril 2008, date à laquelle le premier braquage est survenu à Dantokpa où plusieurs militaires ont été froidement abattus, armes à la main. Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné dans le dispositif sécuritaire mis en place par le général de première division Mathieu Boni, chef d’Etat major général des armées ? Le gouvernement ne nous avait-il pas servi le 03 avril dernier qu’une centaine de militaires ont été déployés à Dantokpa pour mieux sécuriser cette zone commerciale ? Où étaient alors passés ces militaires ? Les armes dont les forces de l’ordre font usage sont-elles aussi performantes que celles utilisées par les gangsters ? Et, pourquoi le gouvernement ne tient guère à ses promesses en matière de sécurisation des biens et des personnes ? Car, on se souvient encore qu’aux lendemains du braquage du 1er avril dernier, l’ex ministre de l’intérieur et de la sécurité publique, le général Félix Hessou avait servi à l’opinion publique que la zone commerciale Dantokpa sera mise sur vidéosurveillance. Où en sommes-nous avec ce projet ? L’affrontement du vendredi 21 novembre dernier vient de confirmer que l’armée béninoise est malade. Il y a trop de ratés et de dysfonctionnements en son sein. Même si notre pays dispose des armements plus lourds que ceux dont les assaillants font usage, il est clair que l’organisation des troupes est à revoir. Des explications du général Mathieu Boni, il ressort que les attaquants sont venus en nombre important.

Crise de conscience

Le Président de la République du Bénin Boni Yayi ne laisse passer désormais aucune occasion pour se faire entendre et espérer faire entendre la voix de l’Afrique dans les réflexions sur la crise financière qui secoue les fondements du capitalisme mondial. 

Le banquier devenu président se sent une véritable mission dans cette mauvaise passe que traverse le monde. Il est d’avis avec les pays du G20 que le système financier international a besoin de plus de régulation. Plus que le G20, il insiste qu’il faut même un «gendarme». A l’occasion des journées européennes du développement, il profite d’une interview accordée à radio France Internationale (RFI) pour préciser : «Si le Fonds Monétaire International avait la possibilité d’étendre sa compétence sur tous les pays, on n’en serait certainement pas là avec les histoires de subprime».
Si on connaît la position du N°1 béninois sur la dimension internationale de la crise, on connaît moins les mesures de son gouvernement sur les implications nationales. D’ailleurs la plupart des décideurs dans le pays et sur le continent y compris Abdoulaye Bio Tchané, le président de la Boad, continuent d’apaiser l’opinion publique.  Nous ne sommes pas encore touchés par la crise, dit tout le monde. Est-ce vrai ? Quelles précautions faut-il se dépêcher de prendre? Personne n’a l’air de le savoir.  A quels contraintes et sacrifices faudrait-il consentir? Personne n’est préoccupé de communiquer cela. Quelles études faut-il engager pour commencer à comprendre à fonds les bouleversements des modèles financiers en cours, les dangers certains et les opportunités éventuelles pour les économies africaines ? Avez-vous vu un seul parti politique s’en préoccuper ?
Pour le moment, nous vivons avec la quiétude des ignorants – pour ne pas en dire plus. Nous chantons et dansons – pour ceux qui en ont les moyens, alors qu’elles sont en récession ces mêmes puissances qui sont censées déverser des milliards de francs sur le Bénin à chaque voyage de Boni Yayi. Se rappelle-t-on seulement que c’est ainsi que les voyages présidentiels avaient été présentés ? Même les marches onéreuses de soutien et de reconnaissance ont repris du service, avec en toile de fonds, nos petites querelles politiciennes, alors que par milliers, les Américains perdent leur emploi, leur maison et leur épargne de retraite. Avant que le Tsunami financier ne s’abatte sur nous, nous sommes comme les gens au temps de Loth : en pleine crise de prise de conscience !

Abbé André S. Quenum

Salomon Biokou conduit à sa dernière demeure

Décédé le 02 octobre 2008 à l’âge de 106 ans, le centenaire Salomon Biokou et grand chancelier de l’ordre national du Bénin a été conduit le samedi dernier à sa dernière demeure. Les obsèques nationales se sont déroulées au stade Charles de Gaulle de Porto-Novo à travers une messe corps présent célébrée par trois évêques où des hommages mérités lui ont été rendus C’était en présence du chef de l’Etat le Dr Boni Yayi, des membres du gouvernement, des présidents des institutions, des anciens présidents de la République, Nicéphore Soglo et Mathieu Kérékou, des anciens présidents de l’Assemblée nationale Amoussou Bruno, Me Adrien Houngbédji et Kolawolé Idji, des honorables députés, des membres de la grande chancellerie, du président du Madep, Séfou Fagbohoun et autres éminentes personnalités. Le vieux Salomon Biokou repose désormais en paix dans son mausolée à Houègbokomè à Porto-Novo dans sa maison familiale. Des hommages dignes de ce nom lui ont été rendus par toute la nation béninoise. La messe corps présent a été célébrée par les évêques René Marie Ehuzu, Mgr Vincent Mensah et Mgr Marcel Honorat Agboton. Dans l’oraison funèbre prononcée, la générosité, la bonté, les bienfaits et l’amour de Salomon Biokou pour ce pays n’ont pas été occultés. Selon Mgr Marcel Honorat Agboton, Salomon Biokou est un grand humaniste, un grand facilitateur et médiateur. Né le 16 février 1902, Salomon Biokou a porté avec lui le sens de grand serviteur de l’éducation reçu de sa propre maman et de sa grand’mère. Ce petit garçon lampion en main, guidant ses parents la nuit après le marché du soir. Dans son milieu, on lui inculque des leçons de générosité et de fidélité sans compter la disponibilité joyeuse avec laquelle il rendait des services. Retourné à 17 ans dans sa famille paternelle, il ajoutera à l’éducation familiale, la formation intellectuelle.

Après le Cepe, Victor Ballot, un petit tour au trésor public, il deviendra par la suite instituteur. Il donnera jusqu’à son dernier souffle, l’exemple de la régularité et de la promptitude. Ces anciens élèves forment aujourd’hui sa couronne de gloire. Quand la France décida d’accorder l’autonomie à ses anciennes colonies, c’était Salomon Biokou qui mit son expérience et son dévouement au service du 1er député Sourou Migan Akpiti. Il guidera ses premiers pas en politique et lui apprendra à germer dans un véritable terreau dahoméen. On ne s’étonnera pas de le voir accéder à l’honneur de Grand chancelier de l’ordre national du Bénin jusqu’à son dernier soupir. Au terme de la messe, de nombreux témoignages lui ont été rendus par d’éminentes personnalités dont le chef de l’Etat Boni Yayi, le représentant des sages de Porto-novo Karim Urbain da Silva, le représentant du Grand ouémé Tola Koukoui, le représentant des enfants du défunt Joseph Salomon Biokou. Après ces obsèques, feu Salomon Biokou a été inhumé dans un mausolée au quartier Houègbokomè dans le 1er arrondissement de Porto-novo dans sa maison familiale de naissance.
Karim da Silva hué
Chose curieuse, le vieux Urbain Karim da Silva représentant les sages de la ville de Porto-Novo, lors de son témoignage devant l’assistance au stade Charles de Gaulle de Porto-Novo et en présence du chef de l’Etat Boni Yayi, a été hué par les populations. La raison fondamentale de cette scène humiliante est que Karim da Silva, au lieu de lire son discours, a préféré se plonger dans des témoignages personnels. Son aventure dès son jeune âge d’écolier avec feu Salomon Biokou qui était son maître d’école, comment il a été éduqué et gardé par le défunt en passant par ses corvées et les prouesses de Salomon Biokou en tant qu’instituteur à l’école Urbaine centre de Porto-Novo au temps colonial ont été mal reçus par l’assistance, compte tenu du temps avancé et la longueur de son discours. Son histoire qu’il racontait était si longue et ennuyeux pour l’assistance qui a commencé par le huer. Le protocole de la cérémonie était obligé de lui souffler à l’oreille de poursuivre avec son discours écrit sur papier. Les multiples rappels à l’ordre du protocole n’avaient pas émoussé son élan de conteur d’histoire. Il fut alors plusieurs fois hué. Des indiscrétions ont révélé que c’est le chef de l’Etat qui a été obligé de donner des instructions pour le faire arrêter. Suite à ces injonctions, il reprit son papier pour boucler son allocution. << j’ai compris, je vous ai compris ...>> a t-il lancé à l’assistance déjà en furie contre lui à travers des bourdonnements et des humeurs de fatigue.

Ismail Kèko

Recrudescence de l’insécurité au Bénin

Bien qu’aucune statistique officielle n’ait encore été rendue publique sur la recrudescence de l’insécurité, les Béninois se sentent depuis quelques temps chaque jour un peu plus menacés, malgré les dispositions sécuritaires mises en place par les autorités en charge du secteur.
Déjà perceptible dans les marchés et certaines places publiques à la tombée de la nuit, le banditisme s’est accentué depuis quelques temps avec la crise liée à la flambée des prix des produits de première nécessité.

A Pobé (localité du sud-est, située à environ 100 km de Cotonou), un opérateur économique qui n’habite pourtant pas la périphérie, à qui ces brigands ont rendu une visite apparemment bien préparée, avait dû prendre ses jambes à son cou devant la mort de son gardien qui tentait de défendre les lieux.

Il a été évacué sur Cotonou pour guérir des blessures de ballesa, alors que les malfrats ont réussi à emporter de l’argent et des objets de valeur.

A Abomey-Calavi, localité dortoir située à environ 15 km de Cotonou, une famille avait été également surprise dans son sommeil à 2h du matin par une horde de bandits bien armés.

Après avoir défoncé la fenêtre, roué de coups et blessé de balles de fabrication artisanale le maître des lieux, menaçant même d’emporter son bébé, les bandits ont forcé ce dernier a leur remettre argent et objets de valeur.

La veille, un autre appartement du même quartier avait été fouillé de fonds en comble par les mêmes malfrats qui, à chaque fois, réussissent leur coup.

Dans le nord du pays, il ne se passe de semaine sans que la voie inter- Etats Cotonou-Ouagadougou n’enregistre son lot de coupeurs de route.

En octobre dernier, les forces de l’ordre avaient démantelé à Parakou (principale ville du nord située à 450 km de Cotonou), un réseau de malfaiteurs spécialisé dans les vols qualifiés. Les braquages à mains armées sont les méthodes utilisées par ce gang pour atteindre son objectif. Le réseau est composé de trois hommes et de deux femmes et dispose d’un véhicule servant à transporter les biens volés.

Les quartiers populaires des grandes villes qui bénéficient pourtant de plusieurs opérations de sécurisation et de déguerpissement des hors-la-loi depuis quelques temps, n’en sont pas plus assainis.

Délogés de leurs fiefs habituels, les bandits, tels des fauves enragés, n’hésitent pas à attaquer en plein jour les populations, surtout les femmes, qu’ils dépouillent de leurs téléphones portables et de leur porte-monnaies.

Les abords des pharmacies, les parkings et abords de voies publiques sont devenus les endroits de refuge de ces voleurs qui imaginent chaque jour de nouvelles stratégies pour déjouer les plans mis en place par la police.

Clémentine A., opératrice de saisie dans une entreprise de la place, frissonne encore lorsqu’elle se rappelle l’audace d’un jeune homme dont le physique ne trahissait en rien la réelle intention, qui lui déroba ses deux portables et un billet de 10000 FCFA en plein jour.

"Bonsoir tanti, lui avait pourtant gentiment dit le jeune homme, avant de lui montrer discrètement un couteau, menaçant de la poignarder si elle s’évertuait à le dénoncer".

Malgré la densité de la circulation, à cette heure de la journée, la victime n’a eu d’autre choix que de céder à la demande du délinquant, par crainte de représaille.

Sa collègue a été plus chanceuse, les deux voleurs qui l’avaient abordée avec le même scénario ont pris la poudre d’escampette à la vue d’un véhicule de la police. Celle–ci rentrait du service à 18h30 quand les deux jeunes lui firent signe de s’arrêter comme pour la prévenir d’un danger. Il la saluèrent gentiment et la prièrent d’aider l’un d’entre eux à se rendre à deux rues de là.

Voulant répliquer qu’elle n’était pas un taxi-moto, ils lui montrèrent chacun le bout du couteau soigneusement dissimulé dans la poche de leur pantalon et lui demandèrent de choisir, quand par hasard, la sirène de la police retentit et les fit détaler.

Outre les dames et les jeunes élèves, les conducteurs de moto-dame communément appelées "Djènana" (émeraude en langue nationale fon) sont la cible des bandits qui menacent d’en arracher 1000 avant la fin de l’année, selon la rumeur.

Agent de liaison dans une entreprise, Franck P. a eu la surprise de sa vie en retrouvant au sol le dispositif de sécurité de sa moto, qui lui avait servi à faire des courses deux heures auparavant.

Dans le sixième arrondissement de Cotonou, les populations habituées aux larcins des jeunes du quartier ont été surprises de découvrir un matin, les corps de deux jeunes hommes assassinés et jetés au bord de la lagune.

Ces deux jeunes étant le fils et le neveu du chef du quartier. La piste d’un crime politique avait été plus privilégiée par les populations qui n’en demeurent pas moins inquiètes pour leur sécurité.

Bien que les résultats de l’enquête diligentées par les autorités n’aient pas encore été publiés à propos du corps d’une jeune étudiante retrouvée pendue dans sa résidence universitaire, beaucoup rejettent la thèse du suicide et craignent que l’insécurité dans laquelle s’embourbe chaque jour les localités béninoises n’ait eu raison du campus d’Abomey-calavi, jadis réputé pour être un endroit sécurisé.

"Personne n’est à l’abri et tout le monde est inquiet. Pire, les bandits font de plus en plus attention à leur mise pour éviter des soupçons et surtout la police qui ne leur laisse aucun répit. Le vocabulaire du ghetto est de moins en moins utilisé en terrain non conquis ou suspect", confie un jeune de Cotonou.

Braquage sanglant au Bénin : « Hollywood s’invite à Cotonou » Diamond Bank et Ecobank dévalisées

Les agences de la Diamond Bank et Ecobank, au marché Dantokpa, à Cotonou, ont fait les frais, vendredi soir aux environs de 19h30 locales, d’un braquage organisé par groupe de malfrats. Ils ont forcé les grilles d’entrée abritant lesdites banques, braquées pour la deuxième fois cette année. Les attaques ont fait sept morts. Les voleurs sont entrés dans les banques après avoir fait sauter portes et fenêtres. Les impacts de balles sont visibles à l’intérieur et sur la façade des « malheureuses » banques. Des coups de feu d’armes automatiques ont éclaté dans les alentours du quartier Saint-Jean avant d’atteindre Dantokpa, le grand marché de la capitale.

Les échanges de tirs entre les éléments de la sécurité publique et les malfrats ont occasionné, de sources hospitalières, 7 morts, (4 militaires et 3 civils) et plusieurs blessés graves et légers. Une information confirmée ce samedi par le Général de division Mathieu Boni, Chef d’Etat major général des Armées béninoises. Les malfrats ont pris la fuite, tout en emportant une importante somme d’argent, dont le montant n’est pas encore évalué.

Une attaque planifiée

Selon les témoins, les braqueurs seraient arrivés en deux groupes : le premier par barque motorisée, et le second par voie terrestre, à bord d’une voiture Range Rover. Les barques motorisées et équipées en armements étaient postées sur la lagune d’où les voleurs tiraient sur Ecobank, racontent quelques témoins.

Les malfrats avaient tout planifié. « Ils avaient même porté des gilets pare balle, des lunettes infra rouge et seraient venus du Nigeria », a confié à Afrik.com un commerçant témoin de ce scenario digne d’un thriller américain.

Avant d’attaquer les banques, ils ont pris soin de tirer sur les lampes projecteurs du marché et de ses abords. Ils se sont pris par la suite aux commerçantes de bijoux et autres objets de valeur dont ils ont vidé les magasins. Les braqueurs ont tous pris la fuite, abandonnant derrière eux la voiture Range Rover et des armes à feux récupérés par les forces de l’ordre béninoises.

Dans les alentours du marché, on pouvait constater la violence des coups de feu qui ont duré plus de 3 heures, et les balles de calibres 12 mm et roquettes ayant laissé de larges entailles sur les bâtiments des deux banques.

« Le combat contre les malfrats sera un combat sans merci », a promis le Ministre de la sécurité, Armand Zinzindohoué, qui a fait un tour au Centre National Hospitalier Universitaire (CNHU) pour présenter les condoléances du gouvernement aux familles des victimes.

Bis repetita

Le 1er avril dernier, ce même scenario a eu lieu en plein jour. Les braqueurs étaient arrivés par les eaux avec trois barques motorisées. Ils ont tiré dans tous les sens avant d’attaquer les deux banques qui étaient au cœur du marché Dantokpa. Plusieurs témoins nous ont confié que les voleurs avaient promis de revenir. Une promesse qu’ils ont « honorée », faisant d’un vendredi soir à Cotonou, un « Hollywood en devenir si les autorités béninoises n’y prennent pas garde », affirment les Béninois, choqués par un tel déchaînement de violence impunie.

Une enquête est ouverte pour démasquer les braqueurs.

Ecobank après l’attaque

Source: http://www.afrik.com/article15744.html

 

novembre 23, 2008

Adoption du projet de décret portant statut de l’opposition : Un geste courageux de Boni Yayi qui cloue le bec à ses détracteurs

Mercredi dernier, le Conseil des Ministres a examiné et adopté le projet de Décret portant modalités d’application de la Loi 2001-36 du 14 octobre 2002 portant Statut de l’Opposition.

Deux journées de réflexion seront organisées les 27 et 28 novembre 2008 pour échanger et dialoguer avec toutes les couches sociopolitiques de la nation, notamment les partis politiques. Selon le gouvernement, ces journées permettront d’engager un dialogue franc et sincère en vue de détendre l’atmosphère de méfiance qui entrave le bon fonctionnement des Institutions de la République et freine la poursuite du programme d’action du Chef de l’Etat.

Par ce geste courageux, le Dr Boni Yayi a prouvé toute sa volonté d’assainir le paysage politique national marqué par une incompréhension entre les acteurs et forces politique. On se rappelle comme si c’était hier que Me Adrien Houngbédji du Prd avait réclamé à cor et à cri le certificat de l’opposition avant de s’affirmer.

C’est vrai qu’il n’est pas encore promulgué, mais c’est déjà un grand pas, car lentement mais sûrement le Président de la République veut donner à l’opposition les moyens dont il a besoin pour jouer pleinement et convenablement le rôle qui est le sien dans le renforcement de la démocratie béninoise et de son Etat de droit.

L’adoption de ce projet de décret est donc une réponse à la doléance formulée par certains acteurs politiques qui peinent à s’opposer à son pouvoir. Le G4, G13, Force clé et tous ceux qui ne parlent pas le même langage que lui doivent maintenant se situer sur l’échiquier politique national et cesser de se cacher derrière des masques pour bloquer le fonctionnement de l’Etat.

Ils doivent maintenant avoir le courage de prendre enfin leurs responsabilités. En tout cas, le Chef de l’Etat vient de jouer son rôle et il ne leur reste qu’à jouer le leur pour que vive la cohésion sociale et l’unité nationale.

Léonce HOUNGBADJI

novembre 22, 2008

Bénin: « Sun di hloué do Wêkê dji », 25ème album du roi Alèkpéhanhou

Alèkpéhanhou, roi du Zinli rénové vient de mettre sur le marché discographique son 25ème album « Sun di hloué do Wêkê dji », c'est-à-dire la lune illumine l'univers pour dissiper les ténèbres. C'est un opus de 8 titres qui révèle l'autre face de l'être humain

A travers des messages philosophiques profonds et des métaphores qu'on connaît à l'artiste, le roi du Zinli rénové a peint certains comportements hypocrites des loups revêtus de peaux d'agneaux. Mais pour amener les mélomanes à mieux écouter ses messages, il commence par le titre phare qui a donné son nom à l'album. Un morceau à travers lequel il remercie l'Etat de lui avoir décerné une médaille en guise de reconnaissance pour tout ce qu'il fait pour perpétuer les vraies valeurs culturelles.

Le décor ainsi planté, Alèphéhanhou enfonce le clou à travers le 2ème titre « Aklounon hlouin mi ». « C'est un titre issu des analyses personnelles de certains événements de la vie. L'emprisonnement de certains innocents par exemple, des collaborateurs, des hommes de mains, des proches qu'on ne peut pas soupçonner des mauvais actes contre soi mais qui sont foncièrement contre toi et cherchent tous les moyens pour te créer des ennuis », explique l'artiste.

Le 3ème titre montre les stratégies de certains « voleurs » pour sortir leur épingle du jeu. En somme, ce 25ème album est riche en leçons de morale et lève un coin de voile sur le vrai visage des humains. Il prévient que ses messages ne sont contre personne mais contre l'Homme. « Mon désormais précepte de la vie : si quelqu'un accuse de fausseté un syllogisme très juste et très suivi, ce n'est pas le syllogisme qui en souffre mais celui qui se trompe en jugeant mal », peut-on lire sur la jaquette de cet opus où il montre ses mérite à travers les différents trophées qui ont couronné ses efforts.

novembre 21, 2008

DASSOUNDO AU SUJET DE LA DÉMISSION DE ZOUMAROU ET LE CONTEXTE POLITIQUE GÉNÉRAL : « Il y a beaucoup de frustrations au sein de Fcbe…

Pour rectifier ce qui a pu être dit dans la presse au sujet du départ de FCBE de Wallis Zoumarou, André Dassoundo au nom d’un certain nombre de ses collègues, a clarifié leur position sur la question et révélé les causes de ce type de départ. Il met l’accent sur le malaise profond au sein même de la famille FCBE et les voies à explorer par le chef de l’Etat pour non seulement ramener la confiance au sein de FCBE, mais également apaiser la tension politique nationale.
Le Départ de Wallis Zoumarou est sans nul doute un signe de mécontentement au sein de la majorité présidentielle. Qu’en dite-vous ?

Je vous assure et je vous rassure qu’effectivement il y a mécontentement. Si quelqu’un dit aujourd’hui au sein du parlement qu’il n’y a pas mécontentement, la personne aurait trompé le chef de l’Etat, la classe politique et les citoyens. Il y a vraiment un malaise à l’intérieur de la famille Fcbe et je pense que ce qui vient de se passer par rapport à l’honorable Zoumarou est annonciateur de quelque chose qu’il faut prendre très au sérieux ; parce Zoumarou n’est pas le genre de député à se laisser débaucher. J’ai entendu dans certaines presses qu’il a été débauché. Non ! Zoumarou était déjà dans l’arêne politique au moment où moi j’étais encore en classe de 1ère et j’ai déjà fini les études médicales, il y a 20 ans. Zoumarou était Directeur commercial et financier de l’ex Sonadah, et était déjà un administrateur des douanes, directeur général de l’Onp, Dg de l’Ibetex, Dg de la douane, ministre de l’industrie, député pour la 2è fois. Je pense que c’est un monsieur à parcours politique édifiant. Donc s’il prend la décision de sortir du rang des cauris, c’est parce qu’il y a quelque chose.

Et je pense qu’en ce moment précis, le Chef de l’Etat doit être attentif à cela pour ne pas penser qu’il s’agit d’un débauchage, mais prendre la mesure de la chose et organiser une discussion approfondie avec sa troupe de manière à resserrer les rangs. Sinon, moi je pense que nous sommes entrain d’aller à une petite dérive et ça peut être dommageable ; non seulement pour les députés, mais aussi pour l‘ensemble de la classe politique et pour l’avenir politique de tout ce que nous appelons aujourd’hui Fcbe. Il y a quelque chose qui ne marche pas et je pense que le Chef de l’Etat devrait saisir l’occasion du départ de Zoumarou pour chercher à le résoudre. Autrement nous allons perdre les pédales.

Au sein des Forces Cauris et en particulier à l’assemblée nationale, j’avais déjà dit une fois que le débat ne se mène pas de la manière dont il fallait et qu’il y avait des gens qui avaient un intérêt particulier à mentir au Chef de l’Etat, à écrire des tracts, à exercer des pressions, à vouloir se faire valoir auprès du Chef de l’Etat tout en ayant aucune qualification pour le faire. Le résultat, c’est qu’on atteint un niveau où le parlement fonctionne dans un désordre total, amenant donc chaque député à être livré pratiquement à lui-même, ou à faire ses analyses politiques et à vouloir se réorienter tout seul. C’est quand-même un problème et je pense qu’il est nécessaire de le corriger rapidement.

« il y a des gens qui avaient un intérêt particulier à mentir au Chef de l’Etat » Vous avez parlé des discussions approfondies que le Chef de l’Etat doit engager avec les Fcbe en tenant compte de la situation actuelle. Quelles pourraient être les angles que vous lui suggéreriez ?

Aujourd’hui, le Chef de l’Etat devrait savoir qu’il y a des choses qui sont très importantes pour les députés, tel leur électorat. Il fallait faire attention à cela et les préserver. Ne pas vouloir en même temps du soutien d’un groupe politique et faire en sorte que l’électorat de ce groupe soit menacé. C’est très important, parce que les députés sont attentifs à cela. Vous savez, nous étions à 53 dans la majorité, 53 députés contre 30. En début de législature, nous étions 48, mais Force clé et l’honorable Aditi nous ont rejoints pour faire les 53.

Et au fur et à mesure qu’on avançait, les choses se sont dégradées jusqu’à ce qu’on soit retombé à 35. Il y a deux autres qui nous ont rejoints et puis là encore, on commence par enregistrer des départs. C’est la preuve qu’il y a quelque chose et ce n’est pas une question individuelle. Ce n’est pas des questions personnelles à régler. Je pense que c’est un problème structurel global à régler de manière à ce que la famille fcbe se resserre. Aujourd’hui, elle est en lambeaux et il faut tout faire pour éviter le pire.

Le Départ de Zoumarou doit-il être considéré comme un débauchage ?

A mon avis, le départ de Zoumarou ne peut jamais être assimilé à un débauchage. D’abord qui peut débaucher Zoumarou ? Et à quel prix ?. Je crois que Zoumarou est un intellectuel et il a fait ses preuves politiques. Il a une certaine notoriété et a un certain âge. Et ce n’est pas à cet âge-là qu’on se laisse aussi facilement débaucher.

« Ne pas vouloir en même temps du soutien d’un groupe politique et faire en sorte que l’électorat de ce groupe soit menacé » Quelles décisions clés doit prendre le Chef de l’Etat pour que la tension soit réglée aussi bien à l’Assemblée qu’au niveau national?

Le Chef de l’Etat a besoin de réhabiliter un certain nombre d’acteurs politiques de sa troupe qui ont été, pour une raison ou une autre, vilipendé inutilement parce qu’il y a de la qualité au sein des cauris. Malheureusement, il y a aussi de la racaille. Ceux qui pensent qu’ils doivent se rapprocher du Chef de l’Etat le font très maladroitement. Ils ont pris le temps de l’étudier et de savoir quelles sont les choses pour lesquelles il a un petit faible, et ils jouent sur ça. Des informations pas justes et prises à la hâte, la calomnie, le mensonge à grande échelle. La dernière fois, on était tranquillement au parlement, le secrétaire parlementaire décide pour une raison certainement politique et interne à son groupe, de ne pas être dans l’hémicycle.

Pendant qu’on était là, les gens ont pris le téléphone pour appeler le Chef de l’Etat pour lui dire que c’est telle ou telle personne qui ont organisé le départ du secrétaire parlementaire, et on désigne des députés de la majorité qui étaient présents, assis dans l’hémicycle. Or vous savez que le Président de la république est un homme qui réagit spontanément. Ce qui nous fait penser qu’il est un homme à qui il ne faut pas mentir. Il ne faut pas lui rapporter de fausses informations, parce que le faisant, la réaction qu’il aura ne permet pas souvent de rattraper les dégâts. Nous avons compris donc la nécessité pour nous de la majorité de lui dire la vérité. Rien que la vérité.

Si on lui avait apporté la vérité, rien que la vérité, depuis le début de la législature, je suis convaincu que nous aurions pu éviter tout ce qui arrive aujourd’hui. Trop de mensonges, trop de décisions ou de réactions épidermiques font aujourd’hui que le président lui même ne sait plus exactement qui dit la vérité. Il a ses hommes de confiance qui sont là, ce qui est normal. Parce que moi André Dassoundo, j’ai toujours dit, quand tout le monde l’aura abandonné, je serai là. Mais il y a des gens qui ne veulent pas entendre la chose de cette oreille et qui pensent qu’il faut en finir avec Dassoundo. A partir de ce moment, chacun a sa méthode de travail. On ne peut pas se mettre tous les jours à raconter des histoires sur les autres. Moi, je ne peux pas faire cela. Mais malheureusement, c’est cela la méthode de travail de certains hommes politiques au sein des Forces cauris.

Et je pense que ceux là travaillent pour que le président de la république échoue. C’est dommage. Parce que quand les gens comme les Zoumarou seront partis, vous allez constater que l’hémorragie ne s’arrêtera pas. Et si rien n’était fait elle atteindra un niveau tel que le chef de l’Etat sera fragilisé.

Est-ce le but visé par ceux qui lui mentent ? t

el n’est pas notre objectif à nous autres. C’est pour ça je pense que tous les hommes politiques qui sont autour de Yayi doivent lui dire la vérité et rien que la vérité. Parce que c’est ça seulement qui lui permettra de prendre de bonnes décisions, puisque nous savons qu’il prend des décisions vite et à chaud.

Les Journées de réflexion des 27 et 28 Novembre prochain. Est-ce le créneau utile ?

Personnellement, j’ai dit au Chef de l’Etat un certain nombre de fois qu’il fallait organiser une concertation politique nationale inclusive n’excluant personne pour faire un débat et tirer des conclusions. Mais je pense aussi que si cette méthode était adoptée, nous devons prendre le temps de préparer la rencontre, d’avertir les partenaires en face pour que chaque groupe politique puisse s’organiser et qu’on fixe de commun accord pratiquement la date à laquelle on doit se voir pour un débat profond et fécond.

Par contre, si nous mettons une conférence à une semaine et que les formations politiques n’ont pas le temps de réunir leurs états majors, de peaufiner leurs argumentaires et de dire clairement ce qu’elles souhaitent, ça pourrait être une séance de plus. Et ce serait dommage. Parce que si nous y allons sans pouvoir se dire la vérité, afin que chacun puisse sortir avec une plate-forme sur laquelle on se serait entendu, ce serait prendre le risque de crisper davantage la situation. Je pense que c’est une bonne idée d’ouvrir un débat politique, mais il fallait à mon avis prendre des précautions pour que ce débat soit fait dans des conditions pratiquement acceptées par tout le monde et de façon plus sereine.

Pensez-vous qu’il est encore possible de rectifier le tir ?

Je pense que le Chef de l’Etat a toutes les cartes en main. S’il décide aujourd’hui de mettre la balle là où il faut, d’ouvrir le débat, de discuter, parce que chaque parti politique, par essence, est né pour prendre le pouvoir, l’exercer, nous (Fcbe) devons regarder parmi tous les partis politiques que nous avons en face, les partenaires avec lesquels nous devons fonctionner pour la rentabilité de notre action. Très naïvement, moi je vois par exemple la Rb avec qui nous pouvons discuter en profondeur et nous entendre sur quelque chose. Je pense que le Psd et le Madep sont des partenaires qui peuvent aussi être complètement stratégiques. Y compris Force clé.

A partir du moment où nous savons exactement ce que ces formations politiques veulent avoir pour fonctionner avec nous, nous mettrons tout en marche pour que le fonctionnement soit harmonieux. Je pense que le Chef de l’Etat a les possibilités de faire ces choses-là. Autour de lui, nous Forces Cauris devront tout mettre en oeuvre pour l’aider, et non aller en guerre contre les gens. Puisque, il n’est pas possible de faire fonctionner un parlement sans une majorité. Sans la majorité, vous ne pouvez rien faire. Vous pouvez dire que les députés d’en face sont exigeants ou mafieux. Mais il n’est pas possible de les remplacer avant la fin de la mandature. Il est donc nécessaire de tenir compte d’eux dans leur état et dans leurs conditions actuelles jusqu’à traverser la période. Et à partir de ce moment il y a des attitudes politiques à avoir. Encore que moi je pense que véritablement, je ne vois pas les membres de la Rb comme des opposants farouches, déterminés à casser ou à détruire la majorité. Il en est de même pour les autres formations politiques, notamment le Madep, le Psd ou autres. Parce qu’ils étaient tous là au début.

« Le parlement fonctionne dans un désordre total, amenant donc chaque député à être livré pratiquement à lui-même, »

Il semble pourtant que les exigences des partenaires d’en face sont inconciliables. J’ai entendu aussi dire cela. Mais nous sommes en politique, et il n’y a pas de problème politique sans solution. Cà n’existe nulle part. Même en Côte d’Ivoire, les gens sont arrivés à une accalmie. Pourtant, ils sont allés à la bagarre, et le chef de guerre est devenu aujourd’hui premier ministre ! Cela veut dire qu’il y a des solutions. Même dans des cas extrêmes, on a des solutions. A plus forte raison, nous ne sommes pas arrivés à ce niveau là actuellement. Je pense que nous pouvons avoir des solutions et nous devons tout faire pour en avoir.

Faut-il nécessairement le départ de Mathurin Nago, avant que la classe politique ne puisse s’entendre ?

Ça, je n’en sais rien. Je ne sais vraiment pas si c’est cela qu’il faut. Mais je pense qu’il y a un tout dans l’attitude politique que la majorité doit avoir. Je ne dis pas formellement que c’est cela qu’il fallait. Ceux qui demandent le départ de Nago aujourd’hui étaient là et ont voté pour lui, il y a moins de deux ans. Mathurin Nago ne s’est pas auto proclamé. Il a été élu, parce qu’on a fait un vote qui était secret. Si aujourd’hui il y a des exigences, il faut savoir qu’il y a un malaise quelque part. Je pense que si une discussion sérieuse était menée avec un certain nombre d’acteurs ou de partis politiques de notre pays, on n’en serait pas arrivé là.

Propos recueillis par Romain Toï et Léon Brathier

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Au sujet d’un prétendu réaménagement du gouvernement:Enlisement de la crise entre Aholou Kéké et Noudégbessi

Le torchon brûle toujours entre les Forces Cauris pour un Bénin Emergent (Fcbe) à Avrankou et les rumeurs autour d’un prétendu réaménagement de l’équipe gouvernement tend à renforcer la crise et les intrigues se multiplient de part et d’autre pour un positionnement sécurisant.

La reconduction du ministre François Noudégbessi dans le troisième gouvernement du Changement n’a pas été bien reçue dans tous les camps Fcbe de son Avrankou natal. Et la crise de leadership qu’a généré la situation entre la présidente de la commission des lois, de l’administration et des droits de l’homme, Me Hélène Aholou Kéké et lui s’est amplifiée ces derniers jours avec les rumeurs de plus en plus persistantes au sujet d’un prétendu réaménagement de l’équipe gouvernementale. Les rencontres secrètes se sont succédées dans chaque camp et le groupe de Me Hélène Kéké tend à créer un loobing fort pour aller aussi à la recherche d’un portefeuille ministériel. Selon certaines sources très crédibles, on apprend que le camp Hélène Aholou Kéké prétexte de quelques frustrations d’après les dernières élections municipales pour réclamer sa part de gâteau avant qu’il ne soit tard. Dans la même foulée, certaines indiscrétions affirment que tout est organisé pour que les éléments actuels de ce camp puissent remettre en bloc leur démission de la Fcbe. C ’est à ce titre qu’ils ont commencé par mettre autant que possible la pression sur le ministre François Noudégbessi en réclamant plusieurs postes de responsabilité. Mais d’autres sources expliquent que c’est plutôt depuis le Parti du Renouveau Démocratique (Prd) de Me Adrien Houngbédji qu’on a enclenché une vaste campagne de manipulation pour finir par débaucher ces militants Fcbe proches du député Hélène Aholou Kéké. L’information est confirmée par plusieurs autres sources et on apprend même que c’est 2011 que les partisans de Me Adrien Houngbédji ont déjà commencé par préparer. Les tractations, selon les mêmes sources, visent à reconquérir entièrement l’ancien électorat du Prd dans la région et le président du groupe parlementaire Prd-Prs, l’honorable Augustin Ahouanvoébla qui ne digère pas jusque-la gestion qui a été faite des résultats des municipales passées, serait au cœur des manipulations et aurait mis les moyens qu’il faut pour ravir la vedette aux Fcbe. Et c’est l’occasion de la crise entre Mme Hélène Aholou Kéké et le ministre François Noudégbessi qu’il a choisi pour reprendre la situation en main. Mais, certaines personnalités de la région affirment aussi que c’est la crise au sommet de l’Etat, les prises de position qui ne rassurent pas tout le monde et le fait que chacun cherche déjà une autre porte de sortie qui auraient beaucoup concouru au branle-bas. Face à la situation qui inquiète déjà au sommet de l’Etat, on apprend que le ministre François Noudégbessi ne rate pas une occasion pour discuter avec les siens. Il aurait même initié en vain une séance d’échange avec les éléments du camp Hélène Aholou Kéké sur la situation le week-end écoulé. Il faut préciser que c’est depuis Paris que Mme Hélène Aholou Kéké donnait des instructions aux siens. On craint que la situation s’empire maintenant qu’elle est revenue au pays.

Jean-Christophe Houngbo (Br. Ouémé Plateau)

Bénin: Les méandres de l'élévation dans l'ordre national

La décoration est une grande variété d'insignes décernés aux fonctionnaires, civils et militaires, à titre de distinction dans l'administration publique. Mais de tierces personnes peuvent en bénéficier quand il y a des actes de bravoure qui sont accomplis. En d'autres termes, des conditions d'admission à l'ordre national aux différents ordres et grades en passant par les problèmes de la Chancellerie, ces lignes nous amènent dans les méandres de l'élévation dans l'ordre national.

L'admission et la promotion dans l'ordre national du Bénin ont lieu à titre normal, exceptionnel ou posthume. Les nominations à titre normal sont prononcées dans la limite des contingents annuels et après inscription sur un concours séparé des candidats civils et militaires et dont la durée est de trois ans pour ce qui concerne l'extinction des droits de candidature.

Quant aux distinctions à titre exceptionnel, elles sont attribuées hors contingents ou sans tenir compte des conditions d'ancienneté, aux chefs d'Etat étrangers, ainsi qu'aux personnalités des pays amis, aux membres des missions diplomatiques, des organisations et associations internationales et à ceux de l'assistance technique. Elles récompensent les services exceptionnels dûment constatés, soit dans la fonction publique, soit dans la fonction privée.

Les dispositions, elles récompensent d'une part, en temps de guerre, les actions d'éclat, les blessures graves sur les théâtres d'opérations militaires et d'autre part en temps de paix, les actes d'héroïsme et les services nettement caractérisés. Il est institué un ordre du mérite du Bénin destiné à récompenser toute personne qui, à titre quelconque, a apporté une contribution au développement du pays ou a acquis droit à la reconnaissance de la Nation par des services ou actions particulièrement remarquables dans tous les domaines, notamment dans celui de la création artistique, du développement économique, de la promotion de la culture.

Ces propositions au titre sont formulées par les membres du gouvernement qui doivent préciser les titres ou les faits exceptionnels justifiant l'octroi de la décoration. L'ordre national du Bénin, l'ordre du mérite du Bénin, l'ordre du mérite social du Bénin et l'ordre du mérite agricole du Bénin sont les ordres qu'administre la Grande Chancellerie. Ces ordres ont des grades qui sont chevalier, officier et commandeur. Après les trois grades, il y a deux dignités : grand officier et grand croix.

Le législateur a estimé nécessaire au niveau de l'ordre national du Bénin la révolution des textes en créant deux dignités. C'est seulement l'ordre national qui crée deux dignités, mais les grades sont communs à tous les ordres nationaux du Bénin. Dans la classification des ordres, l'ordre national est le premier au regard de la loi. L'ordre du mérite du Bénin est la seconde distinction honorifique venant immédiatement après l'ordre national du Bénin.

Pour être nommé donc au grade de chevalier, il faut être de nationalité béninoise ou à défaut être proposé discrétionnairement par le président de la République en conseil des ministres, être âgé de 30 ans révolus au 1er janvier de l'année de sa candidature, être de bonne moralité et jouir de ses droits civiques, avoir exercé avec distinction et compétence pendant 10 ans au moins des fonctions publiques ou privées.

Selon l'article 153 de la loi portant statut général des agents permanents de l'Etat, dernier alinéa, il est dit que la mention honorable et les décorations donnent également droit à un avancement immédiat d'échelon. Ceci quand vous êtes en activité. Tous les deux ans, l'on a droit à un avancement. C'est un avancement simple ou une promotion. Le statut général des Agents permanents de l'Etat (Ape) définit clairement quand il faut faire une promotion ou des avancements. Mais lorsqu'il passe de la catégorie cadre A1-4 au cadre A1-5 c'est une promotion après deux ans. L'incidence de la promotion est que le salaire augmente dans une certaine proportion.

Au regard de ce qui vient d'être dit, le problème qui se pose est que dans le cas où l'on n'est pas fonctionnaire, les avantages ne sont que moraux. En principe, de sources concordantes lorsque l'individu qui a été admis dans l'ordre national est malade et se rend dans les hôpitaux de service public, l'Etat pour qui il a rendu de bons et loyaux services doit en retour l'aider à assurer sa santé, payer les ordonnances et les frais d'hospitalisation. Dans les écoles publiques, pour l'inscription de son enfant, il n'y a pas de raison qu'on lui dise qu'il n'y a plus de place pour son enfant

L'Etat doit trouver les voies et moyens pour que l'enfant puisse avoir une place. A une fête de 1er août, après avoir arboré sa médaille, il doit être à la loge officielle. Cet idéal ne s'applique pas encore dans notre pays, nous a-t-on confié. Somme toute, il n'y a aucun avantage pécuniaire lié à la distinction lorsqu'on est du service privé, car le législateur n'a rien prévu en conséquence.

Assemblée nationale: « Il y a malaise au sein des Fcbe »

Après le départ de l’honorable Wallis Zoumarou des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) pour le G13, d’autres voix se sont élevées pour le soutenir. Il s’agit entre autres du premier vice président de l’Assemblée nationale, André Dassoundo et de l’honorable Denis Oba Chabi.
Dans une déclaration faite hier au domicile de l’honorable Dénis Oba Chabi, son collègue André Dassoundo a affirmé que le député Wallis Zoumarou n’est pas n’importe qui et jamais on ne peut le débaucher. Son départ est donc un signe annonciateur de crise dans le camp des Fcbe. « Il y a malaise au sein des Fcbe et personne ne peut dire le contraire. ». C’est donc en ces termes que le premier vice-président de l’Assemblée nationale a décrit l’ambiance qui règne au sein de l’alliance Fcbe.

Pour l’honorable Dassoundo, on ne peut jamais penser un instant que le Chef de l’Etat peut perdre la majorité au parlement. « Un chef d’Etat ne peut jamais diriger un pays s’il n’a pas la majorité au parlement. Boni Yayi doit donc revoir sa copie », a-t-il fait remarquer. Toujours, selon l’honorable Dassoundo, il y a certains députés qui mentent au Président de la République.

« Le chef de l’Etat émotif et réactif »

Pour le député de Dassa, il y a des députés à l’Assemblée qui se croient plus proches du Chef de l’Etat que tous les autres. Ils fomentent des coups et mentent sur le compte de leurs collègues pour être dans la bonne grâce du Chef de l’Etat. Ils écrivent des tracts et font de faux rapports pour que les autres soient écartés. « Ils connaissent bien le président Boni Yayi qui est réactif et émotif », a-t-il affirmé. L’honorable Dassoundo a affirmé que si des pratiques du genre continuent, les choses n’arrangeraient pas le gouvernement et son chef.

Quant aux problèmes évoqués par le G13, l’honorable a regretté le fait qu’on jette du discrédit sur ces députés dont le souci n’est rien d’autre que le développement de notre pays. A la question de savoir si les conditions posées par ces derniers peuvent être réalisées, le premier vice-président de l’Assemblée répond : « Il n’y a pas un problème politique sans solution. Boni Yayi peut trouver les solutions à leurs problèmes. » Pour lui, ces députés sont très intelligents et on peut tirer beaucoup de choses d’eux.

« Boni Yayi doit réhabiliter un certain nombre d’acteurs politiques »

Pour calmer la situation, André Dassoundo a laissé entendre que Boni Yayi doit chercher à écouter toute la majorité présidentielle. « Beaucoup ont laissé leur peau et il faut qu’ils soient réhabilités », a-t-il déclaré.

Pour le 1er vice président, le Chef de l’Etat peut bel et bien calmer la situation à l’Assemblée nationale. C’est pourquoi, il a invité le docteur Boni Yayi à être attentif afin de ne pas tomber dans le piège que lui tendent les va-t-en guerre et les rédacteurs de tracts. Aussi, a-t-il souhaité qu’il lui faudra créer un noyau dur chargé de le conseiller sur les dossiers politiques et les questions sensibles de la Nation. Dans la même logique, l’honorable Dassoundo n’a pas manqué de demander au premier magistrat de notre pays d’initier une grande rencontre avec la majorité présidentielle pour des débats féconds. Pour finir, il a lâché qu’on ne ment pas à un chef de parti émotif et réactif.


Léandre ADOMOU, 21 novembre 2008

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Surenchère et chantage au sein de la Fcbe : l’opposition était dans le fruit

La situation délétère qui caractérise la vie politique nationale n’est que la résultante des comportements de certains politiciens qui ont de tout temps fait semblant de soutenir le Chef de l’Etat dans sa vision.

Lentement mais sûrement, l’histoire dévoile la position de chacun et laisse comprendre que les vrais opposants étaient déjà sur la ligne de départ avec le Président Boni Yayi.
Il est aujourd’hui clair que tous ceux qui clament fort leur soutien au Président Boni Yayi ne sont pas tous convaincus de la vision de l’homme. Au regard de ce qui constitue la quintessence même des difficultés actuelles du Chef l’Etat, on est en mesure de dire que les vrais acteurs qui couvent la crise se trouvent dans le rang de la Fcbe. Sinon, comment comprendre que pour des questions de problèmes matériels et personnels, on classe de côté la conviction qu’on a tant prôné et au nom de laquelle on a soutenu de bout en bout le Chef de l’Etat.

Tout porte à croire qu’au départ, les cœurs n’étaient pas convaincus et certains étaient encore sceptiques en ce qui concerne la position à adopter vis-à-vis du Président Boni Yayi. Mais les questions d’intérêts et de positionnement sur le plan politique ont dû amener certains à apporter leur soutien au Chef de l’Etat. Voulant profitant tous de la victoire, des querelles de clochers et des guerres de leadership n’ont pas tardé à s’éclater autour du Chef de l’Etat.

Peu à peu, le schéma politique s’éclaircit et la position des uns et des autres s’affiche sur la carte politique, dévoilant ainsi le vrai visage de ceux de tout temps affirmé avec force et véhémence leur soutien à l’homme de Tchaourou. C’est dire donc que le ver de l’opposition était dans le fruit et donc au sein de la horde de politiciens qui prétendaient soutenir le Président Boni Yayi.

Dans ces conditions, il revient au premier magistrat du pays, seul comptable du bilan à la fin de son mandat de savoir reconnaître les vrais compagnons politiques avec qui il peut composer. Il est vrai que les actions du Chef de l’Etat ont besoin d’être soutenues par des hommes politiques, mais ce soutien a besoin aujourd’hui d’être fait dans la franchise totale afin de l’aider à réussir sa mission.

Autrement, ils apparaitront comme des gens de peu de foi sur le plan politique et certainement des pièges à éviter. Et cela, le Chef de l’Etat doit être le seul à savoir jouer le jeu. Il devra comprendre que c’est aussi cela le vrai visage de la politique béninoise et des politiciens qui lui ont apporté « leur soutien » aux premières heures de sa victoire mais qui semblent lâcher du lest.

Cécil Ahouélété ADJEVI

 

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La crise frappe les belles de nuit à Cotonou

De plus en plus nombreuses, face à un marché qui lui, se resserre de jour en jour, les prostituées à Cotonou - pour surmonter les effets du coût de la vie et de la crise financière mondiale- sont contraintes de pratiquer « la politique du prix écrasé ». Même ce réajustement ne suffit plus à améliorer leur existence. Il faut davantage soigner la « marchandise », la rendre plus attrayante par mille et un artifice de beauté. C’est cher de se rendre belle, mais les clients deviennent plus exigeants. Enquête sur une activité illégale en pleine expansion à Cotonou malgré la crise. Mais à quel prix !
Cheveux colorés, maquillée, un piercing au nez et au nombril. En mini jupe à la mode occidentale, Sarah attend impatiemment son « amant occasionnel » depuis deux heures d’horloge. Il est bientôt 23 heures sur le tronçon : Bourse du travail – Collège Notre Dame de Cotonou. Dans l’obscurité qui règne souvent sur ce tronçon, un véhicule s’immobilise. A bord, deux jeunes hommes qui se chuchotent quelque chose à l’oreille. Sarah, Liz, Akouélé et quatre autres travailleuses du sexe se ruent vers le véhicule. La sélection s’opère très rapidement pour laisser place à la négociation du prix. Liz est choisie et se fait embarquer. C’est la rencontre de ses premiers amants de la soirée. Juste à quelques mètres de là, un conducteur de taxi moto fait son apparition. D’un geste de main, il fait appel à Sarah. ‘’Ochi non. Toédohoun lè ba ndéa’’ (Malheureux. Je ne suis pas là pour les gens de ta catégorie), lance-t-elle au zém d’un ton dédaigneux et hargneux. Pour Sarah, ce n’est pas la catégorie sociale du « client » qui compte. Mais surtout son « design ». « J’aime pas les mecs sales. Quel que soit le prix qu’ils me proposent, je refuse… », crie-t-elle dans un français limpide. A peine, deux minutes d’échanges que le téléphone mobile de Sarah sonne déjà. La conversation ne dure point. Trois mots ont suffi pour la faire santa de joie : ‘’ Oui. Sun Beach Hôtel. Ok.’’ Au fait, elle venait de décrocher un contrat de passe avec un « boss », un homme politique influent de la place dont elle préfère taire le nom. Ce genre de contrat rapporte au minimum 50.000 F pour elle. De quoi assurer ses « frais de déplacements et de travaux dirigés » le mois durant. Etes-vous étudiante ? Non ! Elève? Non ! Pourtant vous assurez vos frais de « Travaux Dirigés ? ». Ces questions apparaissent trop embarrassantes pour Sarah qui abandonne la discussion. « Je suis désolée. Je dois partir ». « J’ai aussi envie d’avoir une vie normale » Il se fait tard, mais le marché des femmes fourmille toujours de monde. De jeunes gens défilent, à motos ou à pieds, pour chercher la perle de leur désir. Seulement le plus vieux métier du monde ne profite plus à toutes celles qui s’y adonnent. « Je passe parfois tout un week-end ici sans rien gagner», avoue Akouélé qui pense déjà à une autre solution de rechange. «Je le fais par contrainte. Si je trouve un job d’au moins 50.000 F le mois, je vais abandonner… ». Es-tu sûre de pouvoir réellement abandonner ? (Pique de colère) « C’est un travail ça ? », réplique-t-elle. « J’ai aussi envie d’avoir une vie normale : un foyer, une famille et un bon travail comme les autres… », s’empresse-t- elle d’ajouter. La prostitution, informe- t-elle, n’est plus pour autant rentable. Notamment avec le contexte actuel de la crise financière mondiale généralisée. « Maintenant, l’argent ne circule plus. Et on est de plus en plus nombreuses », indique-t-elle d’un air désespéré. Pour faire face à cette nouvelle donne du marché, les travailleuses de sexe sont contraintes non seulement de revoir le prix de la passe à la baisse, mais également d’investir dans le maquillage et le « relooking », afin d'attirer des clients. « Parfois, j’accepte 1.000 F, même 500 F. Ça dépend du marché, alors que le prix des produits cosmétiques ne cesse de monter». Deux contraintes en apparence contradictoires auxquelles les prostituées font face pour pouvoir rentabiliser leur activité. Les expatriés, clients privilégiés Issifou conduit depuis environ deux ans un expatrié, les clients privilégiés des travailleuses de sexe de Cotonou. Il vient fréquemment sur le site chercher de la « marchandise » pour son patron. Les filles le connaissent presque toutes. «C’est notre boyfriend » (Intermédiaire et garde), clame l’une d’entre elles. Se prévalant de cette notoriété, il nous présente le site comme étant l’actuelle plate-forme de la prostitution à Cotonou. « Jonquet, c’est dépassé. C’est pour les vieilles dames. Ici, les ‘’go sont clean’’, très propres. Et il y en a de toutes sortes. Etudiantes, élèves, apprenties… » Constituées en majorité de Béninoises, les travailleuses de sexe qui fréquentent le tronçon Bourse du travail – Collège Notre Dame de Cotonou sont très jeunes (15 à 28 ans environ) et manipulent couramment bien souvent en dehors du français, une langue nationale notamment le Fongbé. « Même s’il est moche, très moche, j’accepte quand même, dit Linda, une fille de 23 ans. Quand ils sont avec nous, c’est eux qui agissent comme des chefs, ils payent pour ça, pour se sentir bien » et pour satisfaire leur libido. Si nombre de Béninoises font aujourd’hui commerce de leur corps, ce n’est plus comme auparavant pour ne pas mourir de faim. Elles cherchent bien souvent à acquérir des objets de luxe : vêtements à l’occidentale, bijoux et téléphones portables d’ab