Les pirates somaliens exigent une rançon pour l'otage américain
Les pirates qui retiennent un marin américain en otage à bord d'une embarcation de sauvetage au large de la Somalie réclament deux millions de dollars de rançon pour sa libération, a fait savoir un proche des ravisseurs, pirate lui-même.
D'autres pirates se dirigeaient à bord d'un porte-conteneurs allemand détourné il y a une semaine vers la zone où se trouve l'embarcation de sauvetage, a précisé à Reuters ce pirate qui a toujours été jusqu'à présent une source fiable.
Des bâtiments de la marine américaine surveillent l'embarcation à bord de laquelle Richard Phillips, commandant du Maersk Alabama, est détenu depuis mercredi après l'échec de l'attaque lancée contre son navire, un porte-conteneurs de 17.000 tonnes.
L'embarcation, à court de carburant, est à la dérive et la présence de bâtiments de guerre dans la zone semblait interdire tout ravitaillement du petit groupe par d'autres pirates.
"Sachant que les Américains ne détruiront pas ce bateau allemand et son équipage étranger, ils espèrent pouvoir atteindre leurs amis sur le canot", a expliqué le pirate contacté par Reuters dans le port de Haradheere.
Un peu plus tôt vendredi, les ravisseurs du marin américain avait prévenu qu'ils répliqueraient à tout assaut militaire.
"Nous sommes sains et saufs et les Américains ne nous font pas peur", a dit l'un des quatre pirates joint par téléphone satellite. "Si nous sommes attaqués, nous nous défendrons."
Pour Andrew Mwangura, coordinateur du Programme d'assistance aux marins d'Afrique de l'Est, qui surveille les zones maritimes de la région, si d'autres pirates tentaient d'aider leurs amis, "cela reviendrait pour eux à se condamner à mort".
Mwangura a estimé que les ravisseurs pourraient libérer leur otage "peut-être aujourd'hui (vendredi), peut-être demain mais en échange de quelque chose", comme le versement d'une rançon ou l'assurance de pouvoir rentrer librement chez eux.
Selon la source jointe au port de Haradheere, cela correspond aux demandes des preneurs d'otage.
"Nos amis (sur le canot de sauvetage) demandent deux millions de dollars de rançon et la garantie de leur propre sécurité", a-t-il dit.
Phillips, ancien chauffeur de taxi de Boston, est l'un des quelque 270 otages - mais le seul Américain - actuellement aux mains des pirates somaliens qui opèrent dans les eaux du golfe d'Aden et de l'océan Indien depuis des années.
Dix-huit bateaux sont également sous leur contrôle, dont cinq depuis le week-end dernier.
"La piraterie est peut-être une activité criminelle vieille de plusieurs siècles, mais nous travaillons à y apporter une réponse appropriée, digne du 21e siècle", a déclaré la secrétaire américaine d'Etat Hillary Clinton.