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Retour au Zimbabwe de M. Tsvangirai après plus de deux mois d'absence

HARARE (AFP) - samedi 17 janvier 2009 - 13h55 - Le chef de l'opposition et Premier ministre désigné du Zimbabwe, Morgan Tsvangirai, est rentré samedi au pays après plus de deux mois d'absence, en prévision d'une réunion avec le président Robert Mugabe sur le partage du pouvoir, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Je suis heureux d'être de retour à la maison", a déclaré M. Tsvangirai à des journalistes à Harare.

"J'espère que la réunion apportera une solution à la crise", a ajouté le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), qui est arrivé à Harare en provenance de Johannesburg après plusieurs semaines de déplacements en Europe et en Afrique notamment pour plaider sa cause.

"Le MDC ne sera pas forcé à un accord qui ne correspond pas aux aspirations du peuple du Zimbabwe", a-t-il assuré.

Le 15 septembre, MM. Tsvangirai et Mugabe avaient conclu un accord censé mettre fin à la paralysie née de la victoire historique du MDC aux élections générales fin mars et de la réélection controversée de M. Mugabe fin juin. Le texte prévoyait que ce dernier reste président et que M. Tsvangirai devienne Premier ministre, mais il est resté jusqu'à présent lettre morte.

Le dirigeant du MDC avait quitté le Zimbabwe en novembre pour assister à un sommet à Johannesburg, où des dirigeants régionaux avaient tenté en vain de convaincre les deux rivaux zimbabwéens à parvenir à un compromis sur la formation d'un gouvernement d'unité nationale.

Depuis, M. Tsvangirai a effectué de nombreuses visites en Afrique et en Europe afin d'obtenir un soutien international, tandis que son pays s'enfonçait dans une crise plus profonde avec une épidémie meurtrière de choléra et une économie en déliquescence.

Le président sud-africain Kgalema Motlanthe conduira lundi une délégation de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) au Zimbabwe pour s'entretenir avec des responsables politiques dans ce pays et tenter de relancer le dialogue entre MM.

Selon l'accord du 15 septembre, il est garanti que les partis politiques ne seront victimes d'"aucune forme de harcèlement ou d'intimidation". Le MDC estime cependant que le gouvernement ne respecte pas cette clause, en poursuivant les arrestations des partisans de l'opposition.

L'annonce des résultats électoraux avait provoqué une vague de violences politiques qui avait fait plus de 180 morts, principalement parmi des sympathisants du MDC, selon Amnesty International.

Les Nations unies se sont alarmées vendredi du nombre croissant de victimes du choléra recensées dans des zones rurales du Zimbabwe faute de soins, indiquant que les campagnes de prévention de l'épidémie "ne marchaient pas".

L'épidémie a fait 2.225 morts depuis août, et 42.675 personnes ont été infectées, selon le dernier bilan communiqué vendredi après-midi par le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha).

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