Législatives dans une Guinée-Bissau en quête de stabilité
De l'avis des responsables électoraux et des observateurs étrangers, les opérations de vote se déroulaient globalement dans le calme dans la capitale Bissau et à travers le pays, qui compte 1,6 million d'habitants et près de 580.000 électeurs.
"La participation est assez élevée", a déclaré à la presse Johan Van Hecke, chef de la mission d'observateurs de l'Union européenne.
Les Bissau-Guinéens élisent 100 députés à l'Assemblée nationale, parmi les candidats de plus de 20 partis et coalitions. Il s'agit des quatrièmes élections pluralistes depuis la fin du système de parti unique en 1991.
Quatre dominent la vie politique, à commencer par le Parti républicain pour l'indépendance et le développement (PRID), formation se réclamant du président Joao Bernardo "Nino" Vieira.
Fondé à l'occasion de ce scrutin, le PRID, emmené par l'ancien Premier ministre Aristides Gomes, se mesure notamment au Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et des îles du Cap-Vert (PAIGC), l'ex-mouvement de libération du leader nationaliste assassiné Amilcar Cabral, qui domine historiquement la scène politique.
LONGUE LISTE DE COUPS D'ÉTAT
Mais deux autres formations peuvent prétendre à une 'part du gâteau', le Parti du renouveau social (PRS), qui recrute parmi l'ethnie Balante et bénéficie du soutien des chefs de l'armée, et le Parti pour le développement, la démocratie et la citoyenneté (PADEC) de l'ancien Premier ministre Francisco Fadul.
Antépénultième sur l'échelle de développement humain du Programme des Nations unies pour le développement, le petit Etat africain, dont les principales exportations sont le poisson et la noix de cajou, a connu une longue liste de coups d'Etat, mutineries et soulèvements depuis son indépendance, en 1964.
Ces dernières années, la Guinée-Bissau, ses îles, ses côtes et son arrière-pays sont devenus l'une des étapes privilégiées des barons colombiens de la drogue pour faire parvenir leur production de cocaïne jusqu'au marché européen, via les vastes étendues sahariennes.
Les organismes internationaux de lutte contre la drogue ont tiré la sonnette d'alarme, craignant que le pays ne se transforme rapidement en "narco-Etat", une mise en garde qui a poussé l'Occident à multiplier ses promesses d'aide au développement et à la sécurité de la Guinée-Bissau.
Mais les pays donateurs veulent la garantie que leur aide future ne sera pas dilapidée et attendent du scrutin de dimanche qu'il débouche sur un gouvernement, ou une coalition politique, stable, susceptible de mettre un terme à des décennies de gabegie, de violences et d'instabilité.
Avec Pascal Fletcher à Dakar, version française Marc Delteil et Eric Faye